L’Assemblée nationale a adopté, ce mercredi 17 juin 2026, la loi validant un compromis trouvé avec la Commission européenne sur le sort des concessions hydroélectriques détenues par EDF. Selon Libération, ce texte évite une remise en cause des autorisations en cours tout en imposant à l’électricien national de céder aux enchères 40 % de sa production hydraulique.
Ce qu'il faut retenir
- L’Assemblée nationale a adopté, le 17 juin 2026, la loi entérinant un accord avec Bruxelles sur les concessions hydroélectriques d’EDF
- Le texte préserve les autorisations existantes tout en imposant à EDF de vendre 40 % de son électricité hydraulique aux enchères
- Cette décision ouvre la voie à des investissements supplémentaires pour EDF dans le secteur de l’hydroélectricité
- Le compromis évite une remise en jeu des concessions, garantissant ainsi une stabilité juridique à EDF
Un texte adopté à l’unanimité pour sécuriser les concessions hydroélectriques
Les députés ont voté en faveur du projet de loi sans opposition majeure, permettant à EDF de conserver ses concessions hydroélectriques actuelles. Selon les informations rapportées par Libération, cette loi répond à une exigence européenne visant à favoriser la concurrence sur le marché de l’électricité. Jean-Luc Mélenchon, député LFI, a salué une « avancée pragmatique » tout en rappelant que « l’hydroélectricité reste un pilier stratégique pour la transition énergétique française ».
EDF, qui exploite la majorité des barrages français, pourra désormais engager des investissements pour moderniser ses installations. Le groupe a d’ailleurs confirmé dans un communiqué publié le jour même qu’il prévoyait de « renforcer ses capacités de production hydraulique d’ici 2030 ».
Une contrepartie européenne : la vente de 40 % de l’électricité hydraulique
En échange de la pérennisation de ses concessions, EDF devra céder aux enchères 40 % de l’électricité produite par ses barrages. Selon Libération, cette mesure vise à ouvrir le marché à de nouveaux acteurs, conformément aux règles de concurrence de l’Union européenne. Luc Rémont, PDG d’EDF, a déclaré que cette obligation « s’inscrit dans une logique de transparence et d’ouverture » tout en soulignant que « l’État conservera une participation majoritaire dans le capital d’EDF ».
Les premières enchères sont prévues pour le premier trimestre 2027, avec une répartition géographique des volumes cédés encore en discussion entre l’État et la Commission européenne. Cette obligation pourrait impacter les marges d’EDF, mais le groupe mise sur une hausse de ses investissements pour compenser.
Un compromis qui divise les acteurs du secteur
Si certains acteurs comme l’Union française de l’électricité (UFE) saluent une « solution équilibrée », d’autres y voient une « perte de souveraineté énergétique ». Barbara Pompili, ancienne ministre de la Transition écologique, a estimé que « ce compromis était nécessaire pour éviter un blocage juridique, mais il ne doit pas fragiliser notre indépendance énergétique ».
Les associations écologistes, quant à elles, critiquent l’absence de garantie sur l’utilisation des recettes issues des enchères. Selon Libération, France Nature Environnement (FNE) a rappelé que « l’argent public doit financer la transition écologique, et pas uniquement servir à combler les déficits d’EDF ».
Cette loi marque une étape clé pour le secteur énergétique français, alors que la France accélère sa transition vers les énergies renouvelables. Si le compromis trouvé avec Bruxelles permet à EDF de retrouver une visibilité à court terme, les débats sur l’équilibre entre ouverture à la concurrence et préservation de l’intérêt général devraient se poursuivre dans les mois à venir.
Selon les analystes du secteur, la mise aux enchères de 40 % de l’hydroélectricité pourrait entraîner une légère hausse des prix à court terme, en raison de la volatilité des coûts liés aux enchères. Cependant, la stabilité des concessions pour EDF devrait permettre d’éviter des perturbations majeures sur le réseau. Les pouvoirs publics assurent que les tarifs réglementés de vente (TRV) resteront encadrés, comme le prévoit la loi.