Près de trente ans après l’adoption de la Convention d’Ottawa interdisant les mines antipersonnel, ces armes continuent de semer la mort et la destruction dans **58 États et territoires**, selon le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk. D’après un rapport publié mardi 17 juin 2026 et relayé par Euronews FR, les mines et les restes explosifs de guerre ont fait **au moins 945 morts et 4 325 blessés** en 2024, principalement parmi les civils. Le bilan, établi à partir de données compilées par l’Observatoire des mines et des sous-munitions, révèle une situation particulièrement alarmante dans plusieurs pays en conflit.

Ce qu'il faut retenir

  • **58 États et territoires** sont actuellement contaminés par des mines antipersonnel, selon le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme.
  • En **2024**, **945 morts** et **4 325 blessés** ont été recensés, dont **90 % de civils** parmi les victimes dont le statut était connu.
  • Les pays les plus touchés sont le **Myanmar (2 029 victimes)**, la **Syrie (1 015)** et l’**Afghanistan (624)**, suivis par l’**Ukraine**, le **Nigeria**, le **Mali**, le **Yémen** et le **Burkina Faso**, chacun dépassant les 200 victimes.
  • Les **enfants représentent plus de 40 % des victimes civiles** depuis 1999, et les mines transforment des régions entières en zones interdites, empêchant toute activité agricole ou retour des populations déplacées.
  • La **Convention d’Ottawa**, ratifiée par **162 États**, voit son application fragilisée par le retrait de cinq pays (Estonie, Finlande, Lettonie, Lituanie, Pologne) et la suspension de l’Ukraine.

Une menace persistante malgré les traités internationaux

Dans un communiqué publié ce mardi, Volker Türk a souligné l’urgence d’agir face à la persistance de ces armes explosives, dont les effets se prolongent « souvent des décennies après leur pose ». Selon lui, « il est profondément préoccupant que, près de 30 ans après l’adoption de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, ces armes continuent de tuer et de blesser des personnes ». L’ONU appelle donc à un **renouvellement de l’engagement des États** pour mettre fin à la production, à l’utilisation et au transfert de ces engins, tout en intensifiant les opérations de déminage.

Le rapport de Volker Türk s’appuie sur des données collectées auprès de gouvernements, d’ONG, d’organisations humanitaires et de la société civile. Il met en lumière la **dominance des victimes civiles**, qui représentent **90 % des pertes enregistrées en 2024** parmi les cas dont le statut (militaire ou civil) était connu. Les **armes à sous-munitions**, également visées par le traité, restent une menace majeure : la Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel indique que ces engins ont tué ou blessé **plus de 5 000 personnes en 2025**, en grande majorité des civils.

Des conséquences humanitaires et économiques dévastatrices

Au-delà des pertes humaines, les mines antipersonnel transforment des territoires entiers en zones interdites, **bloquant l’accès aux terres agricoles**, prolongeant les déplacements forcés et entravant la reconstruction des pays touchés. « Ces armes ne font pas que tuer ou mutiler, elles condamnent des générations à vivre dans la peur et la précarité », a rappelé le bureau du Haut-Commissaire. Les enfants, particulièrement vulnérables, paient un lourd tribut : depuis 1999, ils représentent **plus de 40 % des victimes civiles** recensées.

Parmi les régions les plus affectées, le **Myanmar** se distingue avec **2 029 victimes en 2024**, un chiffre qui reflète l’intensité des conflits internes dans ce pays. Suivent la **Syrie (1 015 victimes)**, l’**Afghanistan (624)**, puis l’**Ukraine**, où la guerre contre la Russie a ravivé l’usage de ces armes malgré les engagements internationaux. Le **Nigeria**, le **Mali**, le **Yémen** et le **Burkina Faso** complètent cette liste noire, chacun dépassant les 200 victimes annuelles.

Un traité fragilisé par les retraits et le manque de financements

Si la **Convention d’Ottawa**, signée en 1997, compte **162 États parties**, son efficacité est menacée par plusieurs facteurs. Cinq pays européens — l’**Estonie**, la **Finlande**, la **Lettonie**, la **Lituanie** et la **Pologne** — se sont récemment retirés du traité, tandis que l’**Ukraine** en a suspendu l’application en raison de la guerre. Volker Türk a exhorté ces États à « revenir rapidement » sur leur décision, tout en appelant ceux qui n’ont pas encore ratifié le texte à le faire « sans tarder ». Il a salué l’adhésion récente du **Liban**, malgré le contexte de guerre avec Israël et le Hezbollah.

Un autre signal d’alerte concerne le **financement des opérations de déminage**. Selon le rapport, les contributions au Fonds d’affectation spéciale volontaire des Nations unies pour l’assistance à la lutte antimines ont chuté de manière spectaculaire ces dernières années, passant de **125 millions de dollars en 2018 à seulement 46 millions en 2025** (soit une baisse de près de 70 %). Cette diminution des ressources aggrave les difficultés des programmes de déminage, pourtant cruciaux pour permettre le retour des populations dans des zones sécurisées.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront de la capacité des États à relancer leur engagement en faveur de la Convention d’Ottawa. Une conférence internationale prévue en **septembre 2026** devrait aborder la question du financement et des moyens concrets pour accélérer le déminage. Par ailleurs, la pression sur les pays ayant retiré leur adhésion ou suspendu leur participation pourrait s’intensifier, notamment de la part des organisations humanitaires et de la société civile. Reste à voir si ces appels trouveront un écho suffisant pour inverser la tendance actuelle.

Dans l’immédiat, les populations civiles des zones contaminées continueront de payer le prix de ces armes, souvent héritées de conflits passés. La situation au **Liban**, qui a rejoint la Convention malgré la guerre, pourrait servir d’exemple. Mais pour Volker Türk, « l’inaction n’est plus une option » : « Chaque jour sans déminage, c’est un jour de plus où des vies sont brisées. »

Selon le rapport de l’ONU relayé par Euronews FR, les pays les plus touchés en 2024 sont le Myanmar (2 029 victimes), la Syrie (1 015), l’Afghanistan (624), suivis par l’Ukraine, le Nigeria, le Mali, le Yémen et le Burkina Faso, chacun enregistrant plus de 200 victimes.

La Convention d’Ottawa, bien que ratifiée par 162 États, voit son application fragilisée par le retrait de cinq pays européens (Estonie, Finlande, Lettonie, Lituanie, Pologne) et la suspension de l’Ukraine en raison de la guerre. Par ailleurs, les financements pour les opérations de déminage ont chuté de 70 % en sept ans, passant de 125 millions de dollars en 2018 à 46 millions en 2025.