Le secteur du luxe parisien enregistre une nette progression ce jeudi 7 mai 2026, après plusieurs séances en retrait. Selon BFM Bourse, les géants LVMH, Hermès et Kering affichent des hausses significatives, portés par l’optimisme autour des négociations entre les États-Unis et l’Iran ainsi que par un phénomène de rattrapage des valeurs sous-performantes en 2026. Autant dire que le compartiment luxe, en retrait de 17 % depuis le début de l’année selon l’indice Stoxx Europe Luxury 10, tente d’amorcer une reprise.
Le CAC 40 stagne ce jeudi à 8 299,58 points (+0,00 %), tandis que le SBF 120 recule légèrement de 0,06 %. Parmi les valeurs notables, Soitec (+7,18 %), Trigano (+4,98 %), Kering (+3,25 %), Neurones (+3,13 %) et Hermès (+2,60 %) tirent leur épingle du jeu. Du côté des perdants, Valourec (-4,10 %), Technip Energies (-3,98 %) et Eutelsat (-3,74 %) subissent les corrections du jour.
Ce qu'il faut retenir
- Le luxe parisien rebondit ce 7 mai 2026 avec des hausses de 3,25 % pour Kering, 2,5 % pour Hermès et 2,1 % pour LVMH en matinée.
- L’indice Stoxx Europe Luxury 10 reste en retrait de 17 % depuis le 1er janvier 2026.
- Les espoirs de paix au Moyen-Orient et une rotation sectorielle soutiennent les valeurs en retard.
- Le conflit au Moyen-Orient a pesé sur les ventes, avec un impact chiffré à 1 point de croissance pour LVMH et 1,5 point pour Hermès au premier trimestre.
- La clientèle du Golfe, historiquement importante pour le luxe français, a réduit ses dépenses en Europe en raison de la baisse du trafic aérien.
Un rebond après un premier trimestre mitigé
Après des publications trimestrielles jugées décevantes par les analystes, les géants du luxe français enregistrent un rebond ce jeudi. Selon BFM Bourse, Kering a progressé de 3,25 %, Hermès de 2,60 % et LVMH de 2,1 % vers 10 h 45, après des hausses bien plus marquées la veille. Mercredi, Kering avait pris 6,7 %, Hermès 5,3 % et LVMH 5,11 %, dans un mouvement généralisé de hausse des valeurs boursières parisiennes.
Cet élan s’inscrit dans un contexte plus large d’espoir de désescalade au Moyen-Orient. Plusieurs médias ont évoqué un memorandum d’une page proposé par Washington pour mettre fin au conflit, tandis que l’ancien président américain Donald Trump a estimé dans la nuit de mercredi à jeudi qu’un accord était « très possible ». Une amélioration des relations internationales pourrait redonner un coup de fouet au secteur, très exposé aux ventes réalisées par les touristes du Golfe en Europe.
L’impact du conflit au Moyen-Orient sur les ventes de luxe
Le conflit qui secoue la région depuis plusieurs mois a eu des répercussions concrètes sur l’activité des groupes de luxe. Selon les estimations de LVMH, la croissance du groupe a été affectée à hauteur de 1 point de pourcentage par la baisse des ventes au Moyen-Orient, avec un impact encore plus marqué en mars (3 points). La directrice financière du groupe, Cécile Cabanis, avait précisé que les ventes dans cette région avaient reculé de plus de 10 % au premier trimestre. Chez Hermès, le directeur financier Éric du Halgouët avait évoqué un impact de 1,5 point sur la croissance du groupe.
Les analystes de Bank of America craignent que ces effets ne se prolongent au deuxième trimestre, avec un impact estimé à 1 point de pourcentage pour l’ensemble du secteur. La baisse du trafic aérien a également réduit les dépenses des clients du Golfe en Europe, où environ 30 % des achats de produits de luxe sont réalisés à l’étranger. Cette clientèle, particulièrement friande de marques haut de gamme comme Hermès, est un pilier essentiel pour les groupes français.
« La réaction de marché de ce jeudi sur le luxe s’explique, comme mercredi, par l’espoir prolongé de nouvelles négociations entre les États-Unis et l’Iran pour parvenir à la fin de la guerre ou tout du moins à un ton plus 'soft' dans ces négociations. Ce qui est positif pour l’ensemble du marché », a déclaré Jie Zhang, analyste chez Alphavalue.
« Au-delà du trafic au Moyen-Orient, ce conflit a un impact important sur le sentiment du consommateur. La clientèle du Moyen-Orient est très importante car elle achète – notamment lorsqu’elle voyage en Europe – des produits de luxe situés sur le haut de la fourchette, comme les bijoux de prestige ou les marques exclusives, comme Hermès. »
Une rotation sectorielle favorable aux valeurs en retard
Un autre facteur explique la hausse actuelle des valeurs du luxe : une rotation sectorielle. Comme le souligne un analyste cité par BFM Bourse, le secteur reste « très en retard cette année par rapport aux autres ». Pour dégager de la performance, les investisseurs se tournent vers les valeurs sous-évaluées. Ce mouvement se fait au détriment d’actions qui ont bien performé depuis le début du conflit, comme Orange, Bouygues ou Engie, qui reculent ce jeudi.
Les performances du luxe en 2026 contrastent fortement avec celles des autres secteurs. Par exemple, Soitec (+7,18 %) et Trigano (+4,98 %) profitent de dynamiques propres, tandis que les valeurs technologiques et énergétiques subissent des corrections. Cette disparité reflète une recherche de diversification parmi les investisseurs, qui tentent de compenser les pertes enregistrées dans les segments les plus exposés aux tensions géopolitiques.
Les investisseurs devront aussi composer avec un contexte macroéconomique incertain, marqué par une inflation persistante et des tensions commerciales. Dans ce cadre, le luxe français, malgré ses difficultés actuelles, reste un secteur résilient, porté par sa marque et son attractivité à long terme.
Le secteur subit un double choc : d’une part, la baisse des ventes au Moyen-Orient en raison du conflit, et d’autre part, un ralentissement de la demande en Chine et aux États-Unis. Les groupes comme LVMH et Hermès ont également enregistré des performances inférieures aux attentes dans la mode et la maroquinerie, leurs principaux moteurs de croissance.
Les principaux risques incluent un prolongement du conflit au Moyen-Orient, une récession économique en Europe ou aux États-Unis, et une baisse continue du pouvoir d’achat des clients asiatiques. Les groupes devront aussi faire face à la concurrence accrue des marques locales en Asie et au Moyen-Orient.