Selon RFI, l’étau judiciaire se resserre autour de l’ancien président malgache Andry Rajoelina. Renversé en octobre 2025, il vit actuellement en exil à Dubaï. Les nouvelles autorités de Madagascar affichent une volonté claire de le traduire en justice. Mardi 5 mai, à l’issue de l’ouverture de la session parlementaire ordinaire, la ministre de la Justice a marqué une position ferme sur le sujet.

Ce qu'il faut retenir

  • Andry Rajoelina, renversé en octobre 2025, est actuellement en exil à Dubaï.
  • Les nouvelles autorités malgaches affichent une volonté de le juger pour des faits présumés.
  • La ministre de la Justice a réaffirmé cette position mardi 5 mai, lors de l’ouverture de la session parlementaire.
  • La session parlementaire s’est tenue à Madagascar, dans un contexte politique marqué par le changement de pouvoir.

Un tournant judiciaire sous les nouvelles autorités

La déclaration de la ministre de la Justice, prononcée mardi 5 mai, intervient alors que Madagascar traverse une période de transition politique. Depuis son renversement en octobre 2025, Andry Rajoelina a quitté le pays pour s’installer à Dubaï. Les autorités actuelles, issues d’un changement de régime, semblent déterminées à engager des poursuites judiciaires à son encontre. Cette volonté s’est concrétisée lors de l’ouverture de la session parlementaire, où la ministre a rappelé l’importance de la justice pour la stabilité du pays.

Selon les informations rapportées par RFI, cette démarche s’inscrit dans une logique de transparence et de lutte contre l’impunité. Les nouveaux dirigeants malgaches ont multiplié les déclarations en faveur d’une justice indépendante, tout en évoquant des enquêtes en cours concernant l’ancien président. La situation reste cependant complexe, car Andry Rajoelina conserve des soutiens et une influence politique sur l’île.

Un exil à Dubaï, mais une procédure qui se poursuit

Andry Rajoelina, qui a dirigé Madagascar de 2019 à 2025, vit depuis des mois à Dubaï, où il s’est installé après sa chute. Malgré son éloignement géographique, les autorités malgaches maintiennent une pression judiciaire sur son cas. La ministre de la Justice a indiqué que des démarches légales étaient en cours pour organiser son éventuel retour et son procès. Aucune date n’a encore été fixée, mais l’exécutif actuel semble décidé à avancer sur ce dossier.

Côté malgache, cette volonté de justice s’inscrit dans un contexte plus large de reconstruction institutionnelle. Depuis octobre 2025, le pays tente de stabiliser ses institutions après une période de troubles politiques. Les autorités actuelles misent sur des réformes judiciaires pour renforcer la crédibilité de l’État. Cependant, la question de l’extradition de Rajoelina depuis Dubaï reste un obstacle juridique et diplomatique.

Et maintenant ?

Plusieurs scénarios restent possibles dans les prochains mois. Les autorités malgaches pourraient tenter de négocier avec les autorités émiraties pour faciliter un éventuel retour de Rajoelina. Une autre option serait de lancer des procédures judiciaires par contumace, permettant un procès en l’absence de l’accusé. Dans tous les cas, cette affaire devrait alimenter le débat politique à Madagascar, alors que le pays cherche à tourner la page d’une décennie marquée par des tensions institutionnelles.

Un dossier qui dépasse le cadre malgache

Cette affaire dépasse les frontières de Madagascar. Dubaï, où réside Rajoelina, est une destination prisée des personnalités politiques en exil, souvent en raison de ses lois strictes sur la confidentialité financière. La question de l’extradition pourrait donc devenir un sujet de négociation diplomatique. Par ailleurs, cette situation rappelle celle d’autres dirigeants africains en exil, dont les dossiers judiciaires sont suivis de près par la communauté internationale.

Pour l’heure, les Malgaches attendent de voir comment évoluera cette procédure. Si les autorités maintiennent leur pression, le dossier pourrait prendre une dimension symbolique, renforçant l’image d’un État déterminé à rompre avec les pratiques du passé. En revanche, des obstacles juridiques ou politiques pourraient ralentir le processus, laissant planer une incertitude sur l’issue de cette affaire.

Andry Rajoelina a quitté Madagascar après son renversement en octobre 2025. Il s’est installé à Dubaï, une destination connue pour accueillir des personnalités politiques en exil, notamment en raison de sa législation sur la confidentialité financière et l’asile.

Selon RFI, les autorités malgaches n’ont pas encore détaillé publiquement les chefs d’accusation précis. Cependant, la volonté de le traduire en justice s’inscrit dans une logique de lutte contre l’impunité et de réforme des institutions, après une décennie marquée par des tensions politiques.