Le maire de Plouasne, dans les Côtes-d’Armor, Michel Daugan, a été écroué mercredi 15 avril après sa mise en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort » d’une habitante de la commune, âgée de 66 ans. Son conseiller municipal a quant à lui été placé sous contrôle judiciaire. Selon BFM - Faits Divers, les investigations révèlent qu’elle a été maintenue au sol pendant quinze minutes avant son décès, survenu le 7 avril.
Ce qu'il faut retenir
- Michel Daugan, maire de Plouasne depuis 2008, a été mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort » et « arrestation arbitraire suivie de mort ».
- Un conseiller municipal a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de se rendre à Plouasne.
- Quatre personnes, dont le maire et son adjoint, ont maintenu la victime au sol pendant quinze minutes en exerçant une pression physique.
- La sexagénaire avait les jambes ligotées à l’aide d’une sangle et d’une corde apportées par deux des intervenants.
- L’autopsie établit un lien probable entre les faits subis et le décès, selon le procureur de Saint-Malo.
- Aucun arrêté municipal d’hospitalisation sous contrainte ni certificat médical n’avaient été établis avant l’intervention.
Une intervention controversée aux conséquences mortelles
Le drame s’est produit le 7 avril à Plouasne, petite commune des Côtes-d’Armor. Selon le procureur de Saint-Malo, Fabrice Tremel, relayé par BFM - Faits Divers, la victime de 66 ans a été empêchée par Michel Daugan et un conseiller municipal de regagner son domicile. Les images tournées par un témoin montrent que quatre personnes l’ont maintenue fermement au sol pendant quinze minutes, en exerçant une pression physique.
Outre la contention manuelle, la victime avait les jambes attachées à l’aide d’une sangle et d’une corde. L’autopsie, citée par le procureur, retient comme hypothèses principales de décès « l’existence d’un lien » avec ces faits. Aucun certificat médical ni arrêté d’hospitalisation sous contrainte n’avaient été préalablement établis, malgré l’intention des autorités locales de faire hospitaliser la sexagénaire en psychiatrie.
Une hospitalisation sous contrainte jamais formalisée
Le maire et son conseiller municipal justifiaient leur intervention par les « troubles occasionnés au voisinage » par la victime. Pourtant, selon le parquet, aucune procédure légale n’avait été engagée pour ordonner une hospitalisation sous contrainte. Fabrice Tremel souligne dans son communiqué que « le certificat médical exigé pour établir un tel arrêté n’a pas été préalablement délivré ». Cette absence de cadre juridique valable alourdit la responsabilité pénale des deux hommes mis en examen.
Les deux autres personnes ayant apporté la corde et la sangle, initialement placées en garde à vue, ont été relâchées depuis. Leurs rôles précis dans l’intervention restent à éclaircir dans le cadre de l’enquête en cours.
Le contexte local et les réactions des habitants
Michel Daugan, maire depuis 2008 et réélu en mars 2026 avec une égalité parfaite des voix tranchée par la moyenne d’âge la plus élevée, est une figure controversée de la commune. Son élection a été validée par le code électoral, mais son mandat est désormais marqué par ce drame. Certains habitants défendent encore son action, comme Jean-Claude Barbé, deuxième adjoint, qui déclare : « C’est un maire qui a fait de bonnes actions par le passé et dans le présent. Mais il a cédé sous la pression des riverains. »
D’autres, comme un habitant cité par BFM - Faits Divers, estiment que « le maire est intervenu au domicile de la victime dans un bon état d’esprit, pour le bien de sa ville ». Pourtant, des témoignages recueillis par la chaîne révèlent une dégradation de l’état de la victime ces derniers jours. Christophe, gérant d’un bar PMU local, raconte que la sexagénaire venait quotidiennement chercher ses cigarettes ou un café. « On voyait qu’elle était un peu perturbée, plus excitée que d’habitude », confie-t-il. Une autre habitante confirme : « Elle était plus agressive ces derniers jours. »
Les chefs d’accusation et les suites judiciaires
Michel Daugan a été écroué pour « violences volontaires ayant entraîné la mort » et « arrestation arbitraire suivie de mort », tout comme son conseiller municipal, qui a écopé d’un contrôle judiciaire assorti d’une interdiction de se rendre à Plouasne. Ces chefs d’accusation, les plus graves, reflètent la gravité des actes reprochés. L’enquête devra déterminer dans quelle mesure la pression des riverains a influencé la décision des autorités locales.
Le parquet de Saint-Malo a confirmé la mise en examen et l’écrouement du maire, tandis que les deux autres protagonistes, après une garde à vue, ont été relâchés sans poursuites. L’enquête se poursuit pour établir l’ensemble des responsabilités et les éventuelles complicités dans ce drame.
Le décès de cette sexagénaire soulève des questions sur les méthodes d’intervention des autorités locales face à des situations de trouble à l’ordre public, notamment en l’absence de cadre légal strict. Les prochains mois seront décisifs pour déterminer si d’autres responsabilités sont engagées, au-delà de celles du maire et de son conseiller.
Michel Daugan a été mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort » et « arrestation arbitraire suivie de mort » après qu’il a été établi que lui et un conseiller municipal avaient maintenu une sexagénaire au sol pendant quinze minutes avant son décès, en exerçant une pression physique et en l’attachant avec une sangle et une corde. Selon le procureur, l’absence de certificat médical et d’arrêté d’hospitalisation sous contrainte aggrave sa responsabilité.
Le maire et son conseiller souhaitaient faire hospitaliser la victime en psychiatrie en raison des « troubles occasionnés à son voisinage ». Cependant, aucun arrêté municipal d’hospitalisation sous contrainte ni certificat médical n’avait été établi avant leur intervention, ce qui invalide toute base légale à leur action.
