Le militant malien Clément Dembélé, figure de la société civile et engagé contre la corruption, voit son calvaire judiciaire s’éterniser. Depuis le 15 juin 2026, la Cour suprême du Mali a de nouveau refusé de trancher sur son dossier, prolongeant ainsi une incarcération qui dure depuis près de trois ans. Selon RFI, cette décision maintient en détention un homme pourtant blanchi des accusations qui pèsent contre lui.

Ce qu'il faut retenir

  • Clément Dembélé est incarcéré depuis novembre 2023, soit près de trois ans.
  • Il avait été soupçonné d’avoir menacé de mort le général Assimi Goïta, président de transition malien, dans un enregistrement diffusé sur les réseaux sociaux.
  • La justice malienne l’a blanchi de ces accusations et avait ordonné sa libération.
  • Pourtant, la Cour suprême a de nouveau refusé de statuer sur son dossier le 15 juin 2026.
  • Le militant, connu pour son engagement anticorruption, reste donc en prison.

Un militant blanchi mais toujours détenu

Clément Dembélé, militant reconnu pour son combat contre la corruption au Mali, a été arrêté en novembre 2023. Les autorités l’accusaient alors d’avoir menacé de mort le général Assimi Goïta dans un enregistrement audio circulant sur les réseaux sociaux. Cette accusation avait rapidement été abandonnée : la justice malienne avait non seulement blanchi le militant, mais avait également ordonné sa libération.

Pourtant, malgré cette décision judiciaire, Clément Dembélé n’a jamais retrouvé la liberté. Depuis près de trois ans, il croupit en prison, son dossier restant en suspens. Le 15 juin 2026, la Cour suprême a de nouveau refusé de statuer, prolongeant ainsi une situation aussi absurde qu’injuste. Pour ses proches et ses soutiens, cette décision est incompréhensible.

Un parcours judiciaire semé d’embûches

L’affaire Clément Dembélé illustre les dysfonctionnements persistants du système judiciaire malien. Après avoir été blanchi et libéré sur décision de justice, le militant s’est retrouvé à nouveau derrière les barreaux. Son cas n’est pas isolé : plusieurs observateurs dénoncent des pratiques judiciaires où les décisions ne sont pas appliquées, ou où les dossiers s’enlisent sans explication.

« C’est une situation kafkaïenne, a réagi un avocat proche du dossier. Clément Dembélé a été innocenté, et pourtant il reste en prison. Comment justifier une telle décision ? » Pour ses soutiens, cette affaire dépasse le cadre judiciaire : elle symbolise la difficulté à faire respecter l’État de droit au Mali.

Un engagement qui dérange

Clément Dembélé n’est pas un militant comme les autres. Son combat contre la corruption, affiché publiquement, a fait de lui une figure incontournable de la société civile malienne. Ses prises de position lui ont valu des inimitiés au sein des cercles du pouvoir, mais aussi des soutiens parmi les citoyens las de la gabegie.

« Il dérange parce qu’il parle vrai, a expliqué un membre d’une organisation de défense des droits humains. Au Mali, où la corruption gangrène l’administration, ceux qui la dénoncent sont souvent des cibles. » Son incarcération prolongée, malgré son acquittement, alimente les soupçons d’une instrumentalisation politique de la justice.

Et maintenant ?

La prochaine audience devant la Cour suprême n’est pas encore programmée. Pour ses avocats, une issue favorable dépendra de la pression nationale et internationale. « Nous allons demander une nouvelle fois la libération immédiate de notre client, a déclaré l’un d’eux. Son incarcération n’a plus aucune justification légale. »

Côté autorités judiciaires maliennes, aucune réaction officielle n’a été communiquée. Pour l’heure, Clément Dembélé reste derrière les barreaux, son sort entre les mains d’une justice qui, jusqu’ici, n’a pas su trancher.

Il avait été accusé d’avoir menacé de mort le général Assimi Goïta dans un enregistrement diffusé sur les réseaux sociaux. Ces accusations ont finalement été abandonnées, et la justice a ordonné sa libération.