Au Mali, l’artiste peintre Leila Walet Mohamed présente actuellement une série de toiles à l’Institut français de Bamako. Selon RFI, l’exposition intitulée Héritage en silence met en lumière des œuvres abstraites aux couleurs vives, porteuses de messages forts en faveur de la scolarisation des filles et de la promotion de la culture touarègue.

Ce qu’il faut retenir

  • L’exposition Héritage en silence est visible à l’Institut français de Bamako en juin 2026.
  • Leila Walet Mohamed y présente des toiles abstraites aux couleurs intenses, mêlant art et engagement.
  • L’artiste milite pour la scolarisation des filles et la préservation de la culture touarègue.
  • L’exposition s’inscrit dans une démarche de sensibilisation à des enjeux sociaux et culturels majeurs au Mali.

L’artiste malienne, dont le travail est salué pour son audace et son engagement, s’est imposée comme une figure de la scène culturelle africaine. Côté Bamako, l’exposition organisée à l’Institut français s’étend sur plusieurs semaines, offrant aux visiteurs l’occasion de découvrir une œuvre à la fois esthétique et militante. Les toiles exposées, aux teintes vibrantes et aux compositions dynamiques, ne se contentent pas de séduire par leur beauté formelle. Elles servent aussi de support à un discours engagé, comme en témoignent les messages portés par certaines œuvres.

Pour Leila Walet Mohamed, l’art est un outil de transmission et de changement social. « Chaque toile raconte une partie de notre histoire, mais aussi nos combats quotidiens », a-t-elle expliqué lors de l’inauguration. L’artiste insiste particulièrement sur la question de l’éducation des filles, un sujet qui lui tient à cœur. Dans un pays où l’accès à l’école reste inégal selon les régions et les genres, son travail s’inscrit en première ligne d’une bataille pour l’égalité. « La scolarisation des filles, c’est l’avenir de notre société », a-t-elle ajouté, soulignant l’urgence d’agir à travers des actions concrètes et accessibles à tous.

Autant dire que la culture touarègue occupe une place centrale dans cette exposition. L’artiste, issue de cette communauté, y intègre des symboles et des références qui résonnent avec force pour les spectateurs. Les motifs géométriques, les couleurs terreuses et les formes épurées rappellent les paysages du Sahara et les traditions des nomades du Sahel. Pour Leila Walet Mohamed, cette exposition est aussi une manière de rappeler la richesse de ce patrimoine, souvent méconnu ou menacé par les mutations contemporaines.

« Mon art n’est pas qu’une question de beauté, c’est une arme pour faire entendre nos voix et nos histoires. »
— Leila Walet Mohamed, lors de l’inauguration de l’exposition.

L’événement s’inscrit dans un contexte où la culture et l’éducation restent des leviers essentiels pour le développement du Mali. Selon les dernières données disponibles, le taux de scolarisation des filles dans certaines régions rurales reste inférieur à 30 %, un chiffre qui illustre les défis persistants. En parallèle, la préservation des cultures locales, notamment celle des Touaregs, est souvent confrontée à des pressions économiques et sociales. Dans ce paysage, des initiatives comme celle de Leila Walet Mohamed prennent une résonance particulière.

Et maintenant ?

L’exposition Héritage en silence devrait se poursuivre jusqu’à la fin du mois de juin 2026, avec des ateliers et des rencontres organisés autour des œuvres. Selon l’Institut français de Bamako, d’autres événements culturels pourraient être annoncés pour prolonger cette réflexion sur l’art et l’engagement. Pour l’artiste, cette exposition n’est qu’une étape : elle a d’ores et déjà évoqué l’idée de projets similaires dans d’autres villes du Sahel, afin d’élargir la portée de son message.

Reste à voir si cette initiative inspirera d’autres artistes ou institutions à s’emparer de ces enjeux. Une chose est sûre : à Bamako, comme ailleurs au Mali, l’art continue de jouer un rôle clé dans les débats sur l’avenir du pays.