Plus de 35 personnes ont été tuées mercredi 6 mai dans deux attaques quasi simultanées contre les localités de Korikori et Gomossogou, situées dans le centre du Mali, selon Le Figaro. Ces assauts ont été revendiqués par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), qui affirme avoir visé des miliciens progouvernementaux.
Ce qu'il faut retenir
- 35 morts confirmés dans des attaques survenues à Korikori et Gomossogou, selon un responsable local.
- Les assauts ont été revendiqués par le JNIM, branche sahélienne d’Al-Qaïda, qui cible des milices alliées au gouvernement malien.
- Deux sources sécuritaire et administrative ont chacune confirmé un bilan supérieur à 30 morts, sans précision sur d’éventuelles disparitions.
- Les attaques se sont déroulées mercredi 6 mai, dans une région du centre du Mali déjà fortement affectée par l’insécurité.
- Le JNIM justifie ces violences par la présence de miliciens progouvernementaux dans les zones ciblées.
Un bilan qui s’alourdit au fil des heures
D’après les informations recueillies par Le Figaro auprès de l’AFP, le bilan des attaques de Korikori et Gomossogou continue de s’alourdir. Un responsable local de la jeunesse, cité par l’AFP, a précisé que « au moins 35 personnes ont été tuées » dans ces assauts quasi simultanés. Deux sources distinctes, l’une sécuritaire et l’autre administrative, ont chacune confirmé à l’AFP un bilan dépassant la trentaine de morts, sans pour autant pouvoir fournir un chiffre exact définitif.
Ces attaques surviennent dans une région du centre du Mali déjà en proie à une insécurité chronique, où les groupes armés jihadistes multiplient les exactions contre les populations civiles et les forces locales. Le JNIM, principale organisation terroriste active au Sahel, a revendiqué ces violences en affirmant avoir ciblé des miliciens progouvernementaux, souvent désignés sous le terme de « milices d’autodéfense » ou de groupes armés alliés à Bamako.
Le JNIM intensifie ses actions au cœur du Mali
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, étend depuis plusieurs années son influence dans le centre du Mali, une zone stratégique reliant le nord et le sud du pays. Ces attaques s’inscrivent dans une stratégie plus large de déstabilisation, visant à affaiblir les autorités maliennes et à imposer une lecture rigoriste de l’islam. Le JNIM multiplie les opérations contre les forces de sécurité, les milices locales et les civils perçus comme collaborateurs du gouvernement.
Les localités de Korikori et Gomossogou, cibles de ces attaques, sont situées dans une région où la présence de l’État reste fragile. Les milices progouvernementales, souvent composées de chasseurs traditionnels ou de volontaires armés, jouent un rôle clé dans la lutte contre les groupes jihadistes. Leur implication dans le conflit en fait une cible privilégiée pour le JNIM, qui cherche à éliminer toute forme d’autorité rivale.
Un contexte sécuritaire toujours plus dégradé
Le Mali traverse une crise sécuritaire majeure depuis 2012, marquée par l’émergence de groupes armés jihadistes et une succession de coups d’État militaires. La junte au pouvoir, dirigée par le colonel Assimi Goïta, tente de rétablir l’autorité de l’État, mais la situation reste extrêmement volatile. Les attaques du JNIM s’ajoutent à celles d’autres groupes, comme l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), qui agissent souvent en concurrence pour le contrôle des ressources et des populations.
Les violences récurrentes ont déjà fait des milliers de morts et déplacé des centaines de milliers de personnes. Selon les dernières estimations de l’ONU, plus de 10 000 civils ont été tués depuis 2016 dans les violences liées au terrorisme au Mali, au Burkina Faso et au Niger. La région du centre malien, où se sont produites les attaques de mercredi, est particulièrement touchée par les exactions des groupes armés et les représailles entre communautés.
Pour l’heure, les populations locales doivent faire face à une insécurité croissante, tandis que les enquêtes sur les attaques de Korikori et Gomossogou pourraient révéler de nouveaux éléments dans les prochaines heures. Les autorités sont appelées à renforcer les mesures de protection des civils et à condamner sans ambiguïté ces violences, dont le bilan pourrait encore s’alourdir.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) est une coalition de groupes jihadistes active au Sahel, affiliée à Al-Qaïda. Elle est née en 2017 de la fusion de plusieurs mouvements armés, dont Ansar Dine et la branche saharienne d’Al-Mourabitoune. Le JNIM mène des attaques contre les forces maliennes, les milices progouvernementales et les civils perçus comme collaborateurs, tout en cherchant à imposer une application rigoriste de la charia dans les zones sous son contrôle.
Le centre du Mali, notamment les régions de Mopti et Ségou, est l’une des zones les plus instables du pays. Les groupes jihadistes, dont le JNIM et l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), y multiplient les attaques contre les forces de sécurité, les milices locales et les civils. Les violences intercommunautaires, souvent liées à des conflits fonciers ou à des luttes pour le contrôle des ressources, aggravent encore la situation. Les autorités maliennes peinent à rétablir l’autorité de l’État dans cette région, où la présence de l’armée et des forces internationales reste limitée.