Alors que le mois de mai touche à sa fin, la célèbre maxime boursière « Sell in May and go away » – qui préconise de vendre ses positions en mai pour éviter les mois estivaux traditionnellement peu porteurs – a été sévèrement remise en cause lors de l’émission BFM Bourse diffusée ce lundi 18 mai 2026. Selon BFM Business, Géraldine Métifeux, experte en stratégie d’investissement, a clairement indiqué que cette affirmation ne reflétait pas la réalité des marchés actuels, où d’autres facteurs semblent désormais primer sur les saisons.

Ce qu'il faut retenir

  • Le dicton « Sell in May and go away » est qualifié de faux par Géraldine Métifeux, experte interrogée par BFM Business le 18 mai 2026.
  • Plusieurs experts ont abordé lors de l’émission les seuils techniques à surveiller sur les marchés, notamment pour les valeurs comme Derichebourg.
  • Le portefeuille BFM-Responsable affiche une performance huit fois supérieure à celle de l’Euro Stoxx 50 depuis le 1er janvier 2026.
  • Le G7 Finances s’est réuni pour discuter de la réduction de la dépendance aux terres rares chinoises, dans un contexte de ralentissement industriel en Chine.
  • Les semi-conducteurs européens suscitent un regain d’intérêt, notamment après la performance récente du secteur.
  • Publicis a annoncé l’acquisition de Liveramp pour 2,2 milliards de dollars, illustrant la valorisation de la data dans l’intelligence artificielle.

Côté entreprises, la société Mercialys a été mise en avant pour ses perspectives, tandis que des questions fiscales ont également été abordées dans la chronique Culture Bourse. Enfin, le thème de l’intelligence artificielle et de la data a été au cœur des échanges, avec une intervention d’Amandine Gérard, présidente de La Financière de l’arc.

Des seuils techniques à surveiller pour les traders

Dans le cadre de l’émission BFM Bourse, Romain Daubry, consultant pour Bourse Direct, a détaillé les forces en présence sur les marchés ainsi que les seuils techniques à ne pas négliger pour les semaines à venir. Parmi les valeurs mises en avant, Derichebourg a été analysée pour sa configuration actuelle. Ces éléments s’inscrivent dans une stratégie de trading à court terme, où chaque niveau de résistance ou de support peut faire basculer les positions des investisseurs.

Autant dire que les traders comme les particuliers doivent rester attentifs à ces indicateurs, surtout dans un contexte où les marchés européens montrent des signes de volatilité accrue. Les seuils techniques, bien que souvent considérés comme des outils d’analyse, peuvent parfois servir de déclencheurs pour des mouvements de marché significatifs.

Un portefeuille responsable en forte progression

Un autre point marquant de cette édition a été l’analyse du portefeuille BFM-Responsable, dont la performance depuis le début de l’année dépasse largement celle de l’indice Euro Stoxx 50. Guillaume Chaloin, directeur des gestions actions chez Delubac AM, s’est appuyé sur un rapport de Goldman Sachs pour souligner que cette surperformance s’explique par une sélection rigoureuse de valeurs alignées sur les critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance).

Avec une hausse huit fois supérieure à celle des marchés européens, ce portefeuille illustre l’attractivité croissante des investissements responsables. Cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large, où les investisseurs institutionnels comme les particuliers intègrent de plus en plus ces critères dans leurs choix d’allocation.

Terres rares : le G7 cherche à réduire la dépendance à la Chine

Sylvain Bersinger, économiste chez BSI et Bersingéco, a évoqué lors de l’émission les tensions persistantes autour des terres rares, des minerais stratégiques pour les industries high-tech et énergétiques. La Chine, leader mondial de la production, a vu sa consommation industrielle ralentir, ce qui a des répercussions sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.

C’est dans ce contexte que le G7 Finances s’est réuni pour discuter de solutions visant à réduire la dépendance à Pékin. Parmi les pistes envisagées figurent le développement de mines en Europe, la diversification des sources d’approvisionnement et le recyclage des terres rares. Ces discussions interviennent alors que la transition énergétique et la digitalisation des économies accentuent la demande pour ces ressources.

Les semi-conducteurs européens gagnent en attractivité

Bertrand Lamielle, directeur général de Portzamparc Gestion, a analysé le potentiel de hausse de l’action Publicis tout en se penchant sur les opportunités offertes par les semi-conducteurs européens. Après une performance notable, ce secteur suscite un regain d’intérêt, notamment pour ses perspectives de croissance à moyen terme.

L’expert a souligné que les investisseurs pourraient désormais privilégier les acteurs locaux plutôt que les géants américains, en raison des tensions géopolitiques et des politiques de relocalisation industrielle en cours. Cette orientation pourrait, à terme, renforcer la résilience des chaînes de valeur européennes dans un domaine aussi stratégique que les technologies.

Publicis mise sur la data dans l’intelligence artificielle

Amandine Gérard, présidente de La Financière de l’arc, a mis en lumière l’acquisition récente de Liveramp par Publicis pour un montant de 2,2 milliards de dollars. Cette opération illustre selon elle la valeur centrale de la data dans le développement de l’intelligence artificielle, bien au-delà des algorithmes ou des modèles eux-mêmes.

Bref, dans un marché où l’IA et le big data deviennent des leviers concurrentiels majeurs, cette acquisition positionne Publicis comme un acteur clé. L’experte a également souligné les tensions actuelles sur les taux obligataires, qui pourraient influencer les stratégies d’investissement dans les mois à venir.

Mercialys et Carrefour sous les projecteurs

Anthony Vandenbilcke, analyste financier chez Gestion 21, a présenté Mercialys comme une valeur à suivre, notamment pour son positionnement dans l’immobilier commercial. La société, spécialisée dans les centres commerciaux, bénéficie d’un contexte où le retail physique tente de se réinventer face à la montée du e-commerce.

Dans un autre registre, la chronique Culture Bourse a répondu à une question d’un employé de Carrefour sur la pertinence de continuer à investir dans l’action de son entreprise. Bertrand Lamielle a apporté des éléments d’analyse pour aider à évaluer les risques et opportunités liés à ce type d’investissement, notamment dans un secteur marqué par des transformations profondes.

Fiscalité et investissement : les cases à ne pas oublier

Enfin, Guillaume Simonin, fondateur de Wizify, a rappelé dans la chronique Culture Bourse l’importance de vérifier deux cases spécifiques lors de la déclaration des revenus. Ces oublis fréquents peuvent coûter cher aux investisseurs, notamment en termes d’optimisation fiscale. Les deux cases en question concernent des dispositifs souvent méconnus, comme les réductions d’impôt pour investissement dans les PME ou les dispositifs de défiscalisation immobilière.

Ces rappels soulignent l’importance d’une gestion rigoureuse des déclarations fiscales, surtout pour les portefeuilles composés d’actifs variés, où les erreurs peuvent être nombreuses.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une consolidation des tendances observées en mai, avec une attention particulière portée sur les décisions du G7 concernant les terres rares. Par ailleurs, les investisseurs devraient suivre de près les publications des entreprises du secteur des semi-conducteurs, dont les résultats pourraient confirmer ou infirmer l’attractivité actuelle. Enfin, la publication des prochains indicateurs économiques chinois, prévue pour début juin, pourrait donner des indications sur l’évolution de la consommation industrielle et ses répercussions sur les marchés.

Dans ce contexte, les seuils techniques et les analyses sectorielles resteront des outils essentiels pour les traders et les investisseurs. Quant aux portefeuilles responsables, leur performance récente pourrait encourager d’autres gérants à adopter des stratégies similaires, renforçant ainsi la tendance vers une finance plus durable.

Selon Géraldine Métifeux, experte interrogée par BFM Business, ce dicton repose sur une généralisation historique qui ne tient plus compte de la complexité actuelle des marchés. Les stratégies d’investissement modernes, notamment celles intégrant des critères ESG ou axées sur la data, ainsi que les politiques monétaires des banques centrales, ont profondément modifié la saisonnalité des marchés. Autant dire que les corrélations passées ne suffisent plus à expliquer les mouvements actuels.