La biopharma Medincell, spécialisée dans les médicaments injectables, a publié des résultats annuels pour l’exercice 2025-2026 bien en deçà des prévisions des analystes, selon BFM Bourse. Son action a ainsi chuté de plus de 15 % mercredi 17 juin à la Bourse de Paris, devenant la moins performante du SBF 120, indice dont elle fait partie depuis décembre 2024.
Ce qu'il faut retenir
- Chiffre d’affaires en baisse de 12 % à 24,27 millions d’euros, contre une prévision moyenne des analystes établie à 31,6 millions d’euros.
- Perte opérationnelle aggravée à -20,7 millions d’euros, contre -10,8 millions d’euros l’année précédente, et perte nette creusée à -31,3 millions d’euros.
- Royalties en forte hausse sur Uzedy : 9,3 millions d’euros en 2025-2026, représentant désormais près de 50 % du chiffre d’affaires annuel du groupe.
- Trésorerie confortable de 84,8 millions d’euros, après une levée de fonds de 48,2 millions d’euros en mars 2026.
- Prochains jalons majeurs : lancement commercial de l’Olanzapine LAI prévu au quatrième trimestre 2026 aux États-Unis et examen réglementaire en cours en Europe.
L’absence de paiements d’étape liés à la finalisation de l’étude de phase III de l’Olanzapine LAI a pesé sur les résultats. En 2024-2025, ces paiements s’élevaient à 4,8 millions d’euros, créant un effet de comparaison défavorable pour l’exercice clos fin mars 2026, indique TP ICAP Midcap. « L’absence de ces revenus non récurrents explique en grande partie la baisse du revenu total par rapport à l’année précédente », reconnaît Medincell dans un communiqué.
Ces résultats décevants ont entraîné une dégradation des indicateurs financiers. La perte opérationnelle a doublé, passant de -10,8 millions d’euros en 2024-2025 à -20,7 millions d’euros, tandis que les dépenses opérationnelles ont atteint 45 millions d’euros, en hausse sur un an. Cette progression s’explique par l’accélération des investissements en recherche et développement, la montée en puissance des fonctions commerciales et le développement de la plateforme industrielle, précise le groupe.
« Dans l’attente de la montée en puissance de l’Olanzapine LAI, Medincell a fait des investissements qui ont eu pour effet de creuser la perte cette année. Ce qui explique aussi la réaction du titre ce matin. »
— Alain Du Brusle, directeur général délégué de Claresco Finance
Les analystes de Jefferies estiment que ces charges opérationnelles plus élevées repoussent l’horizon de la rentabilité opérationnelle à 2027-2028, contre une prévision initiale de 2026-2027. La perte nette s’est également creusée, à -31,3 millions d’euros, contre -18,4 millions d’euros l’année précédente. Cette dégradation intègre un résultat financier négatif de -10,6 millions d’euros, dont -5,4 millions liés à la revalorisation de la juste valeur des bons de souscription d’actions (BSA) accordés à la Banque européenne d’investissement (BEI). Ce mécanisme devrait disparaître après l’assemblée générale de septembre 2026, précise TP ICAP Midcap.
Uzedy, un succès commercial qui limite l’ampleur de la baisse des revenus
Malgré ces contre-performances globales, Medincell peut compter sur une progression significative des redevances liées à la commercialisation d’Uzedy, un antipsychotique injectable développé avec Teva Pharmaceuticals. Approuvé aux États-Unis depuis mai 2023 pour la schizophrénie et depuis octobre 2025 pour les troubles bipolaires de type I, Uzedy génère désormais 9,3 millions d’euros de royalties, contre 6,5 millions d’euros en 2024-2025 et 1,7 million d’euros en 2023-2024. Ces revenus représentent désormais près de 50 % du chiffre d’affaires annuel du groupe, contre 26 % et 19 % lors des deux exercices précédents. « Cette trajectoire conforte la stratégie de Medincell de construire un modèle économique fondé sur des flux diversifiés de revenus récurrents de royalties », souligne TP ICAP Midcap.
Par ailleurs, la trésorerie du groupe s’élève à 84,8 millions d’euros, après une levée de fonds de 48,2 millions d’euros réalisée en mars 2026. « Une solide situation de trésorerie, à hauteur de 84,8 millions d’euros, soutient le financement jusqu’à l’atteinte de la rentabilité », indique Stifel. Une bouffée d’oxygène pour le groupe, qui mise sur une croissance future tirée par plusieurs programmes en développement.
Un portefeuille de projets ambitieux, mais des retards à gérer
Medincell a profité de la publication de ses résultats pour faire un point détaillé sur ses programmes cliniques. Le prochain événement majeur reste l’autorisation et le lancement commercial de l’Olanzapine LAI aux États-Unis, prévu au quatrième trimestre 2026. Parallèlement, le dossier européen pour ce traitement de la schizophrénie est en cours d’examen par l’Agence européenne du médicament depuis mai 2026. Stifel rappelle que ce produit est attendu comme un catalyseur clé pour la rentabilité future du groupe.
En partenariat avec Abbvie, Medincell finalise actuellement les activités CMC (Chemistry, Manufacturing, and Controls) de son premier programme, avec une entrée en développement clinique prévue en 2027. Un calendrier légèrement retardé par rapport aux attentes initiales, note Stifel. Par ailleurs, Arthritis Innovation Corporation (AIC), partenaire du groupe, finalise la préparation du deuxième essai de phase III pour mdc-CWM, un traitement contre la douleur postopératoire, avec un démarrage prévu en 2026. En revanche, le lancement de l’essai clinique de mdc-WWM, un contraceptif à action prolongée, a été retardé en raison de modifications réglementaires.
Enfin, Medincell indique développer 15 programmes actifs, dont huit sont financés par des partenaires et pourraient donner lieu à des accords de licence. « Les fondamentaux restent en ligne, il faut appréhender cette société à l’horizon 2030. À cette échéance, les analystes estiment que la société pourrait générer 300 millions d’euros de chiffre d’affaires et 200 millions de résultat brut d’exploitation, rien qu’avec Uzedy et Olanzapine LAI », a déclaré Alain Du Brusle.
Pour les investisseurs, la volatilité du titre devrait persister tant que les indicateurs financiers ne montreront pas de signes tangibles de redressement. La performance boursière récente reflète cette incertitude, mais le pipeline de Medincell reste porteur de promesses à moyen terme. À suivre de près, notamment lors de l’assemblée générale de septembre 2026, qui pourrait apporter des clarifications sur la stratégie financière et contractuelle du groupe.
La principale raison est l’absence de paiements d’étape liés à la finalisation de l’étude de phase III de l’Olanzapine LAI, qui s’élevaient à 4,8 millions d’euros en 2024-2025. Ces revenus non récurrents ont créé un effet de comparaison défavorable pour l’exercice 2025-2026, selon Medincell.
Le lancement commercial de l’Olanzapine LAI aux États-Unis est prévu pour le quatrième trimestre 2026. En Europe, l’examen réglementaire de ce traitement est en cours, avec une décision attendue dans les prochains mois. Par ailleurs, l’essai clinique de phase III pour mdc-CWM, développé avec AIC, devrait démarrer en 2026.