Un entrepreneur spécialisé dans les cryptomonnaies a été la cible de menaces graves ces derniers jours, selon Le Figaro. Dans la nuit du 14 au 15 mai 2026, l’homme, basé dans les Hauts-de-Seine, a reçu des messages et appels via l’application Telegram alors qu’il se trouvait en déplacement professionnel en Suisse. Un individu lui a notamment demandé : « Si je kidnappe ton frère, tu paieras combien la rançon ? » Ces propos, rapportés par des sources policières, s’inscrivent dans un contexte marqué par l’essor des « cryptorapts » en France.

Ce qu'il faut retenir

  • Un investisseur en cryptomonnaies a reçu des menaces de cryptorapt via Telegram dans la nuit du 14 au 15 mai 2026, alors qu’il se trouvait en Suisse.
  • L’individu a demandé une rançon en échange de l’enlèvement de son frère, précisant : « Si je kidnappe ton frère, tu paieras combien la rançon ? »
  • L’entrepreneur a reçu des informations et des photos du domicile de ses parents et de son frère, situés dans les Hauts-de-Seine.
  • Le frère, également impliqué dans l’écosystème des cryptomonnaies, a alerté la police jeudi 15 mai à 9 heures.
  • Une enquête a été ouverte par le procureur de la République de Nanterre et confiée aux services de police.

Des menaces précises et documentées

L’investisseur, dont l’identité n’a pas été révélée, a reçu des éléments concrets visant à le terroriser. Selon les informations du Figaro, il a été destinataire de messages accompagnés de « photos et informations » concernant le domicile de ses parents et celui de son frère, tous deux situés dans les Hauts-de-Seine. Ces éléments suggèrent une préparation minutieuse de la part des auteurs des menaces, ce qui a conduit les autorités à prendre la situation très au sérieux.

Dès jeudi matin, alerté par les messages reçus, le frère de la victime a contacté les forces de l’ordre. Des policiers se sont immédiatement rendus sur place, tant au domicile du frère qu’à celui des parents. Les agents ont insisté pour que les deux hommes déposent plainte, une démarche qui a permis l’ouverture d’une enquête judiciaire. Le procureur de la République de Nanterre a été saisi de l’affaire, et l’enquête a été confiée aux services spécialisés.

Un phénomène en hausse : les « cryptorapts »

Ces menaces s’inscrivent dans un contexte plus large d’augmentation des « cryptorapts » en France. Ce terme désigne des enlèvements ou des séquestrations dont les rançons sont exigées en cryptomonnaies, des actifs difficiles à tracer et à récupérer pour les forces de l’ordre. Selon les dernières données disponibles, plusieurs affaires similaires ont été recensées ces derniers mois, impliquant des réseaux criminels parfois connectés à des organisations internationales.

En avril 2026, cinq hommes, dont un membre présumé de la « DZ mafia », avaient été écroués près de Toulouse après la séquestration d’une mère de famille. Dans une autre affaire, un suspect avait été interpellé en Charente-Maritime pour la séquestration d’un couple et le vol de 8 millions d’euros en cryptomonnaies. Ces affaires illustrent la recrudescence de ce type de criminalité, qui cible particulièrement les acteurs du secteur des actifs numériques, souvent perçus comme des cibles faciles en raison de leur visibilité et de leur patrimoine.

Une réponse judiciaire en cours

L’enquête, confiée aux enquêteurs du procureur de Nanterre, devrait s’orienter vers plusieurs pistes. Les forces de l’ordre pourraient notamment examiner les échanges sur Telegram, identifier les adresses IP utilisées, et croiser ces éléments avec d’éventuels liens avec des réseaux criminels connus pour ce type de délits. La collaboration entre les services de police français et les plateformes de messagerie est un enjeu clé pour démanteler ces organisations.

Pour l’heure, les deux hommes visés par les menaces — l’investisseur et son frère — ont été encouragés à renforcer leur sécurité personnelle en attendant les conclusions de l’enquête. Les autorités n’ont pas précisé si d’autres membres de la famille ou proches de la victime avaient également été contactés.

Et maintenant ?

L’enquête devrait s’accélérer dans les prochaines semaines, avec des auditions supplémentaires et des analyses techniques des appareils numériques utilisés par les auteurs des menaces. Les autorités pourraient également solliciter l’aide d’experts en cybersécurité pour retracer les flux de cryptomonnaies, une piste souvent explorée dans ce type d’affaires. Une plainte officielle déposée par la victime permettrait d’officialiser les poursuites et d’élargir les moyens d’investigation.

Ce cas rappelle l’importance de la vigilance pour les acteurs du secteur des cryptomonnaies, de plus en plus exposés à des risques de criminalité organisée. Les plateformes de messagerie comme Telegram, souvent utilisées pour des communications anonymes, restent un défi pour les forces de l’ordre, qui doivent adapter leurs méthodes pour contrer ces nouvelles formes de criminalité.

Reste à voir si cette affaire donnera lieu à des avancées judiciaires rapides, dans un contexte où les « cryptorapts » continuent de progresser en France et en Europe.

Un « cryptorapt » désigne une opération criminelle consistant à enlever une personne pour exiger une rançon payable en cryptomonnaies. Ce mode opératoire est privilégié par certains réseaux criminels en raison de l’anonymat et de la difficulté à tracer ces actifs numériques.

En cas de menace, il est recommandé de ne pas répondre, de conserver tous les éléments de preuve (messages, captures d’écran, enregistrements), et de déposer plainte immédiatement auprès des forces de l’ordre. Les autorités pourront ensuite lancer une enquête et mettre en place des mesures de protection.