Le fabricant de chocolat Milka, détenu par le groupe Mondelez, a été condamné par la justice allemande pour avoir modifié la composition de ses tablettes de chocolat au lait sans informer clairement les consommateurs. Selon BFM Business, un tribunal de Brême a estimé que la marque n’avait pas respecté ses obligations en matière de transparence, notamment en réduisant le poids de ses produits tout en augmentant leur prix.

Ce qu'il faut retenir

  • La tablette de chocolat Milka au lait est passée de 100 à 90 grammes, tout en étant plus fine d’un millimètre.
  • Dans le même temps, le prix est passé de 1,49 € à 1,99 €.
  • Le tribunal allemand a condamné Milka à mentionner clairement cette modification sur ses emballages pendant au moins quatre mois.
  • La marque a reçu le titre d’emballage « le plus trompeur de l’année 2025 » selon un sondage réalisé en Allemagne.
  • Mondelez, la maison mère, dispose d’un mois pour faire appel de cette décision.

Une décision de justice après trois semaines de procès

Après trois semaines de procès, la justice allemande a tranché : Milka, propriété du groupe Mondelez, a été reconnue coupable d’avoir trompé les consommateurs. Selon les juges, la marque aurait dû clairement indiquer sur ses emballages la réduction de la quantité de chocolat, passée de 100 à 90 grammes, ainsi que l’augmentation de son prix, de 1,49 € à 1,99 €. BFM Business rappelle que cette décision s’inscrit dans un contexte où les fabricants de produits de grande consommation sont de plus en plus critiqués pour leurs pratiques de « shrinkflation ».

Cette pratique, qui consiste à réduire la quantité d’un produit tout en maintenant ou en augmentant son prix, s’est généralisée ces dernières années, notamment en raison de l’inflation qui a frappé l’économie mondiale, en particulier lors de la crise de 2022. Les consommateurs allemands n’ont pas hésité à le faire savoir : dans un sondage, ils ont attribué à Milka le titre peu enviable d’emballage « le plus trompeur de l’année 2025 ».

Mondelez conteste la décision mais reste sous pression

Face à cette condamnation, Mondelez a affirmé avoir informé les consommateurs via son site web et ses réseaux sociaux. Une communication jugée insuffisante par les magistrats, qui ont rappelé que l’emballage devait porter une mention claire et visible. La maison mère du groupe a indiqué qu’elle disposait d’un mois pour faire appel de la décision, tout en réaffirmant que son « objectif a toujours été, et reste, de communiquer de manière transparente ».

Cette affaire intervient alors que le groupe Mondelez est régulièrement pointé du doigt pour ses pratiques commerciales. Par le passé, la célèbre barre chocolatée Toblerone, également propriété du groupe, a vu son poids réduit, passant de 360 à 340 grammes. Mondelez avait justifié ces modifications par la hausse des coûts des matières premières, notamment en raison des mauvaises récoltes en Afrique de l’Ouest, ainsi que par l’augmentation des prix des produits laitiers, de l’énergie et des coûts de transport.

La « shrinkflation », un phénomène répandu en Europe

Le terme « shrinkflation », contraction des mots anglais « shrink » (réduction) et « inflation », désigne une pratique commerciale consistant à diminuer la quantité d’un produit tout en maintenant son prix, voire en l’augmentant. Ce phénomène s’est particulièrement développé ces dernières années, notamment en raison de l’inflation qui a touché de nombreux secteurs, dont l’alimentation. En 2022, la hausse des prix des produits alimentaires avait été particulièrement marquée, poussant les industriels à adapter leurs stratégies pour préserver leurs marges.

En France, les consommateurs sont désormais mieux protégés contre ces pratiques. Depuis le 1er juillet 2024, les distributeurs ont l’obligation d’avertir leurs clients lorsque des produits voient leur quantité baisser sans que le prix ne diminue. Cette mesure vise à renforcer la transparence et à permettre aux consommateurs de faire des choix éclairés. Une initiative qui pourrait inspirer d’autres pays européens, où la « shrinkflation » reste un sujet de préoccupation.

« La pratique consistant à réduire les quantités de produits vendus en gardant un prix identique, voire en l’augmentant, s’est largement répandue ces dernières années. »

Les consommateurs allemands mécontents et les industriels sous surveillance

La condamnation de Milka en Allemagne reflète la colère des consommateurs face à ces pratiques. Les Allemands, comme d’autres Européens, sont de plus en plus sensibles à la transparence des étiquettes et à l’honnêteté des marques. Dans ce contexte, les industriels doivent redoubler de prudence pour éviter des sanctions judiciaires et préserver leur image. Mondelez, déjà critiqué pour ses réductions de format, se retrouve aujourd’hui sous le feu des projecteurs.

Pour les autres groupes agroalimentaires, cette affaire pourrait servir d’avertissement. Les autorités judiciaires et les associations de consommateurs pourraient être amenées à durcir leur surveillance, notamment en cas de pratiques jugées trompeuses. La transparence devient un enjeu majeur pour les marques, qui doivent désormais justifier chaque modification de leurs produits.

Et maintenant ?

Dans les prochaines semaines, Mondelez devra décider si elle fera appel de la condamnation prononcée par le tribunal de Brême. Si elle choisit de ne pas contester la décision, la marque devra rapidement adapter ses emballages pour se conformer à l’injonction des juges. Cette affaire pourrait également inciter d’autres pays européens à renforcer leur législation sur la « shrinkflation », afin de mieux protéger les consommateurs. Enfin, les associations de défense des droits des consommateurs pourraient multiplier les recours juridiques contre les pratiques jugées abusives, poussant les industriels à revoir leur stratégie commerciale.

Cette condamnation rappelle que la transparence est désormais un impératif pour les marques. Alors que l’inflation reste une préoccupation majeure pour les ménages, les consommateurs sont de plus en plus attentifs aux moindres changements dans les produits qu’ils achètent. Pour les industriels, l’enjeu est clair : innover sans tromper, et justifier chaque ajustement par des arguments crédibles.

La « shrinkflation » est une pratique commerciale qui consiste à réduire la quantité d’un produit tout en maintenant son prix, voire en l’augmentant. Ce phénomène s’est généralisé ces dernières années en raison de l’inflation et de la hausse des coûts de production.

En Allemagne, une entreprise peut être condamnée à afficher clairement les modifications de ses produits sur ses emballages. En France, depuis juillet 2024, les distributeurs doivent informer les consommateurs des réductions de quantité sans baisse de prix.