Le Minnesota devient le dernier État américain à autoriser ses banques et coopératives de crédit à proposer des services de garde pour les cryptomonnaies de leurs clients. Une évolution réglementaire majeure, entrée en vigueur le 19 mai 2026, qui intervient alors que le secteur cherche à concilier innovation financière et sécurité juridique. Selon Cryptoast, cette décision s’inscrit dans un contexte où la demande des particuliers pour des solutions de stockage sécurisées et accessibles ne cesse de croître.
Ce qu'il faut retenir
- Le Minnesota autorise désormais les banques à offrir des services de garde de cryptomonnaies à partir du 1er août 2026.
- Cette mesure exclut les activités d’échange, d’investissement ou de prêt en cryptos pour les établissements financiers locaux.
- Une loi complémentaire interdit les distributeurs automatiques de cryptomonnaies dans l’État, effective à la même date.
- Les règles imposent une séparation stricte entre les actifs clients et ceux des institutions, ainsi qu’un audit des risques cybernétiques.
Une avancée réglementaire pour répondre à la demande des clients
Jusqu’à présent, les particuliers souhaitant sécuriser leurs cryptomonnaies devaient se tourner vers des solutions externes, souvent moins accessibles ou plus risquées. Comme le rapporte Cryptoast, le représentant Steve Elkins au Parlement du Minnesota a souligné les risques encourus par les détenteurs de cryptos : « Je connais personnellement des gens qui ont perdu l’accès à leurs portefeuilles parce qu’ils ont égaré leurs identifiants ou leurs mots de passe. Cela n’arriverait pas si leur banque ou coopérative de crédit agissait en tant que dépositaire de leurs informations. » Une déclaration qui résume l’enjeu de cette nouvelle loi, visant à offrir une alternative plus sûre et intégrée au système bancaire traditionnel.
Cette réforme s’ajoute à une tendance nationale : le Minnesota rejoint ainsi le Wyoming, la Virginie et l’État de New York, qui autorisent déjà ces services. Une évolution qui reflète la volonté des autorités de mieux encadrer l’utilisation des actifs numériques, tout en évitant une fuite des capitaux vers des juridictions moins strictes ou des plateformes offshore. Selon la représentante Bernie Perryman, cette mesure devrait permettre aux banques locales de « répondre aux attentes de leurs clients sans les pousser vers des options situées hors de l’État ».
Des garde-fous stricts pour encadrer la garde des cryptos
Si les banques ne pourront pas échanger, investir ou prêter des cryptomonnaies, elles pourront en revanche en assurer la garde. Mais cette activité sera soumise à un cadre réglementaire précis. D’après Cryptoast, la loi impose notamment une séparation claire entre les avoirs des clients et les actifs institutionnels, afin d’éviter tout mélange des fonds. Les établissements devront également présenter un plan de gestion des risques et de cybersécurité avant d’obtenir l’autorisation.
Ces exigences visent à limiter les risques de piratage ou de détournement, des menaces qui pèsent de plus en plus sur les détenteurs de cryptomonnaies. Les agressions ciblant des portefeuilles numériques se multiplient, rappelant l’importance d’une protection renforcée. « La sécurité des données associées aux cryptomonnaies est un enjeu majeur », a rappelé Steve Elkins, soulignant que les banques, déjà régulées pour leurs activités traditionnelles, pourraient offrir un niveau de protection supérieur aux solutions décentralisées.
L’interdiction des distributeurs automatiques de cryptos pour compléter le dispositif
Paradoxalement, le même jour où le gouverneur Tim Walz a signé la loi autorisant la garde de cryptos par les banques, il a également validé un texte interdisant tous les distributeurs et guichets automatiques de cryptomonnaies sur le territoire du Minnesota. Comme l’indique Cryptoast, cette mesure entrera en vigueur le 1er août 2026, en même temps que la première.
Cette décision a déjà eu des conséquences concrètes : le géant américain Bitcoin Depot, spécialisé dans les distributeurs de cryptomonnaies, a récemment annoncé sa mise en faillite, invoquant un « environnement réglementaire défavorable ». Une situation qui illustre les tensions entre innovation financière et régulation, d’autant que ces automates étaient jusqu’ici perçus comme un moyen d’accès simplifié aux cryptos pour le grand public.
La question se pose désormais : cette approche hybride, combinant ouverture et restrictions, parviendra-t-elle à concilier innovation et protection des investisseurs ? L’expérience du Minnesota pourrait apporter des éléments de réponse dans les mois à venir.
La loi ne restreint pas explicitement les cryptomonnaies éligibles, mais les règles de garde imposeront des normes strictes de sécurité et de traçabilité. Les banques pourront donc théoriquement gérer toutes les cryptos cotées sur des plateformes régulées, sous réserve de validation par les autorités locales.
Cette interdiction vise à éviter les risques liés aux automates, souvent ciblés par des piratages ou des fraudes. Les autorités ont préféré privilégier un cadre bancaire régulé, jugé plus sûr. Cette décision reflète une volonté de centraliser la gestion des cryptos sous le contrôle des institutions financières traditionnelles.