Face à la recrudescence des moustiques tigres dans les Bouches-du-Rhône, la ville de Vitrolles lance une campagne de sensibilisation pour éviter une nouvelle épidémie de chikungunya, comme celle qui a touché le quartier de la Ferme de Croze l’été dernier. « On a besoin d’une intervention collective pour juguler la prolifération du moustique tigre », a déclaré Loïc Gachon, maire Divers gauche de Vitrolles, selon Franceinfo - Santé. Avec l’arrivée des beaux jours, les autorités rappellent que 80 % des gîtes larvaires se trouvent dans les jardins privés, et appellent les habitants à adopter des gestes simples pour limiter les risques de transmission de maladies comme le chikungunya ou la dengue.

Ce qu’il faut retenir

  • 47 cas de chikungunya ont été recensés dans le quartier de la Ferme de Croze à Vitrolles pendant l’été 2025, selon les autorités locales.
  • Le moustique tigre, présent dans le sud de la France, est un vecteur reconnu de maladies comme le chikungunya ou la dengue, dont les cas augmentent chaque année en région Paca.
  • 80 % des gîtes larvaires se situent dans les jardins des particuliers, ce qui rend indispensable la participation active des habitants pour limiter la prolifération.
  • Les symptômes du chikungunya incluent une forte fièvre et des douleurs articulaires ; en cas de voyage récent et de suspicion, il est recommandé de consulter rapidement un médecin.
  • La mairie de Vitrolles insiste sur des gestes simples : vider les soucoupes de pots de fleurs, couvrir les poubelles ou éliminer les eaux stagnantes dans les jardins.

Une épidémie de chikungunya en 2025 qui a marqué la région

L’été 2025 restera dans les mémoires des habitants de Vitrolles comme une période marquée par une épidémie de chikungunya. Dans le quartier de la Ferme de Croze, 47 cas ont été confirmés, selon les chiffres communiqués par la mairie. La transmission s’est produite localement après qu’un voyageur, porteur du virus, ait été piqué par un moustique tigre autochtone. « Ce sont des quartiers où la propagation est la plus facile », a expliqué Loïc Gachon, maire de Vitrolles, lors d’un entretien avec Franceinfo - Santé. Il a détaillé les raisons de cette vulnérabilité : « Beaucoup de petits jardins, de petits murs et de haies où le moustique, qui vole peu et craint le vent, peut se cacher et proliférer rapidement. »

Des jardins privés qui deviennent des foyers de prolifération

Alain, un riverain du quartier de la Ferme de Croze, témoigne des difficultés rencontrées au quotidien : « C’est impossible de vivre dehors, impossible de manger dehors, d’inviter quelqu’un. » Son jardin, comme beaucoup d’autres dans la zone, est infesté de moustiques tigres. Grégory L’Ambert, entomologiste médical à l’EID Méditerranée, a illustré ce phénomène lors d’une inspection : « Dans un simple pot de fleurs, on peut trouver jusqu’à une quinzaine de larves. Il suffit de soulever une soucoupe pour voir ces petites larves qui se tortillent comme des têtards. » Pour limiter ce risque, il suffit souvent de vider l’eau stagnante, un geste simple mais essentiel.

Les autorités sanitaires rappellent que le moustique tigre, originaire d’Asie, est désormais bien installé dans le sud de la France. Selon Clémentine Calba, épidémiologiste pour Santé publique France, « chaque année, on enregistre de plus en plus de cas de chikungunya et de dengue au niveau national, avec une augmentation marquée en région Paca ». En 2025, la France a connu un record de cas, incitant les pouvoirs publics à renforcer la vigilance et la prévention.

Une campagne de sensibilisation ciblée sur les gestes individuels

Face à cette situation, la ville de Vitrolles a lancé une campagne de sensibilisation pour encourager les habitants à agir dans leurs propres jardins. « Je ne peux pas aller vider les coupelles des Vitrollais à leur place », a souligné Loïc Gachon. « Il faut que chacun fasse le tour de son jardin, soulève ses pots, vérifie qu’aucun cache-pot n’est rempli d’eau, qu’aucune poubelle n’est sans couvercle et qu’aucun coin ne retient d’eau stagnante. »

Cette mobilisation collective est d’autant plus cruciale que les moustiques tigres se reproduisent rapidement dans les environnements urbains et périurbains. Les petits espaces verts, souvent bien entretenus, offrent des conditions idéales pour leur développement. « Le moustique tigre ne vole pas loin, il reste dans un rayon de 100 à 200 mètres autour de son lieu de ponte », précise Grégory L’Ambert. Ainsi, une action individuelle peut avoir un impact collectif majeur.

Quels sont les symptômes et les réflexes à adopter en cas d’infection ?

Les autorités sanitaires rappellent que le chikungunya se manifeste par une fièvre élevée, des douleurs articulaires intenses et parfois une éruption cutanée. Ces symptômes apparaissent généralement entre quatre et sept jours après la piqûre d’un moustique infecté. « En cas de voyage récent dans une zone à risque et de symptômes évocateurs, il est impératif de consulter un médecin dans les plus brefs délais », insiste Clémentine Calba. Un diagnostic précoce permet de limiter la propagation du virus et de bénéficier d’un traitement adapté.

Par ailleurs, Santé publique France recommande de signaler tout cas suspect aux autorités sanitaires. En 2025, cette surveillance accrue avait permis de détecter rapidement les foyers d’infection et de mettre en place des mesures de lutte antivectorielle ciblées. Cette année, les mêmes dispositifs sont maintenus pour éviter une nouvelle crise sanitaire.

Et maintenant ?

La mairie de Vitrolles prévoit d’intensifier ses actions de sensibilisation au cours des prochaines semaines, notamment via des réunions publiques et la distribution de supports informatifs. Une réunion est déjà prévue le 5 juin 2026 dans le quartier de la Ferme de Croze pour rappeler les gestes de prévention et répondre aux questions des habitants. Par ailleurs, les services de démoustication de l’EID Méditerranée devraient renforcer leurs interventions dans les zones les plus touchées, en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique. Les autorités appellent à la vigilance jusqu’à l’automne, période où les moustiques tigres restent actifs tant que les températures restent douces.

Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte national marqué par une hausse continue des cas de maladies vectorielles. Selon les projections de Santé publique France, la région Paca pourrait connaître une nouvelle augmentation des cas de chikungunya et de dengue en 2026, en l’absence de mesures préventives efficaces. Reste à voir si les habitants de Vitrolles et des Bouches-du-Rhône parviendront à inverser la tendance.

Il est recommandé de vider régulièrement les soucoupes sous les pots de fleurs, de couvrir les poubelles, d’éliminer les eaux stagnantes dans les gouttières, les pneus ou les jouets laissés à l’extérieur, et de vérifier qu’aucun récipient ne retient d’eau après les pluies. Ces gestes simples permettent de réduire jusqu’à 80 % des gîtes larvaires, selon les experts.

En cas de forte fièvre, de douleurs articulaires ou d’éruption cutanée après un voyage dans une zone à risque, il est conseillé de consulter rapidement un médecin. Le professionnel de santé pourra établir un diagnostic et, si nécessaire, prescrire des analyses pour confirmer l’infection. Un signalement aux autorités sanitaires peut également être réalisé pour permettre une prise en charge adaptée.