Alors que le Parlement européen doit se prononcer ce mercredi 18 juin sur la dérégulation des nouvelles techniques génomiques (NTG), deux figures engagées dans le débat ont tiré la sonnette d’alarme. Camille Étienne, militante écologiste et figure médiatique, et Christophe Clergeau, eurodéputé socialiste, ont échangé avec Libération sur les enjeux agricoles et environnementaux de cette réforme. Une discussion qui survient à quelques heures d’un vote décisif pour l’avenir de l’agriculture européenne.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Parlement européen doit voter ce mercredi 18 juin 2026 sur la dérégulation des nouvelles techniques génomiques (NTG), comme le rapporte Libération.
  • L’activiste Camille Étienne et l’eurodéputé socialiste Christophe Clergeau ont alerté sur les risques de cette réforme pour l’agriculture et l’environnement.
  • Les opposants craignent une libéralisation incontrôlée des OGM sans évaluation suffisante des impacts à long terme.
  • La dérégulation des NTG pourrait entraîner une industrialisation accrue des semences et une dépendance des agriculteurs envers quelques grands groupes agrochimiques.

Un vote clé pour l’agriculture européenne

Le Parlement européen se prononce ce mercredi sur la question des nouvelles techniques génomiques, une avancée technologique qui pourrait révolutionner la sélection des plantes. Mais pour ses détracteurs, comme Camille Étienne, cette dérégulation représente un danger. « S’opposer aux nouveaux OGM, ce n’est pas juste un caprice d’écolo », a-t-elle souligné lors de l’entretien. Selon elle, ces techniques, bien que présentées comme innovantes, soulèvent des questions éthiques et environnementales majeures. Libération souligne que le texte en discussion vise à assouplir les règles encadrant ces biotechnologies, actuellement soumises à un régime strict.

Les craintes d’une dérégulation incontrôlée

Pour Christophe Clergeau, eurodéputé socialiste et membre de la commission agriculture du Parlement européen, la dérégulation des NTG pourrait avoir des conséquences désastreuses. « Nous risquons de voir se développer une agriculture encore plus dépendante des grands groupes semenciers », a-t-il déclaré. Il met en garde contre une logique de profit à court terme qui, selon lui, pourrait saper la souveraineté alimentaire des États membres. Libération rapporte que le texte prévoit notamment d’exempter certains OGM des évaluations sanitaires et environnementales obligatoires, une mesure qui inquiète les défenseurs d’une agriculture durable.

Un débat technique qui dépasse les clivages politiques

Contrairement aux idées reçues, l’opposition aux nouveaux OGM ne se limite pas à une frange militante. Christophe Clergeau et Camille Étienne incarnent une critique plus large, partagée par des agriculteurs, des scientifiques et même certains industriels. Selon Libération, les risques évoqués incluent la contamination des cultures traditionnelles par des variétés génétiquement modifiées, ainsi qu’un appauvrissement de la biodiversité. « On ne peut pas laisser quelques multinationales décider de l’avenir de notre alimentation », a résumé l’eurodéputé.

Les défenseurs de la réforme, eux, mettent en avant les promesses des NTG : des plantes plus résistantes aux maladies, moins gourmandes en eau, ou encore capables de séquestrer davantage de CO₂. Mais pour ses opposants, ces arguments ne justifient pas une dérégulation hâtive. « L’innovation ne doit pas rimer avec précipitation », a insisté Camille Étienne.

Et maintenant ?

Le vote de ce mercredi 18 juin pourrait marquer un tournant dans la régulation des biotechnologies en Europe. Si le texte est adopté, les prochaines étapes incluront la transposition en droit national par les États membres, un processus qui pourrait s’étaler sur plusieurs mois. Libération rappelle que la Commission européenne a déjà indiqué qu’elle pourrait proposer, en cas de rejet, une nouvelle version du texte d’ici la fin de l’année. En attendant, les débats restent vifs, tant à Bruxelles que dans les champs européens.

Au-delà de ce vote, c’est toute la question de l’innovation agricole qui se pose : comment concilier progrès technologique et préservation des équilibres naturels ? Une équation complexe, alors que les défis climatiques et alimentaires n’ont jamais été aussi pressants.

Les NTG regroupent des outils comme le CRISPR-Cas9, qui permettent de modifier précisément le génome d’un organisme. Contrairement aux OGM classiques, ces techniques ne nécessitent pas toujours l’ajout de gènes étrangers, mais elles soulèvent des questions similaires en termes de risques sanitaires et environnementaux.