Une vaste étude britannique publiée dans la revue BMJ Medicine met en lumière un lien inattendu entre la prise quotidienne de compléments d’oméga-3 sous forme de gélules d’huile de poisson et une augmentation légère, mais significative, du risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) ainsi que de troubles cardiovasculaires. Les résultats, issus d’une cohorte de grande envergure, remettent en question l’idée reçue selon laquelle ces compléments seraient systématiquement bénéfiques pour la santé cardiaque.
Selon Top Santé, qui rapporte ces conclusions, l’étude s’appuie sur les données de plus de 415 000 participants issus de la base UK Biobank, suivis sur une période allant jusqu’à 12 ans. Les chercheurs ont observé que les personnes prenant régulièrement des oméga-3 présentaient un risque accru de 10 % d’AVC et de 5 % de maladies cardiovasculaires par rapport à celles n’en consommant pas. Ces chiffres, bien que modestes, soulèvent des questions sur l’innocuité et l’efficacité de ces compléments largement promus pour leurs vertus préventives.
Ce qu'il faut retenir
- Une étude britannique dans BMJ Medicine révèle un sur-risque de 10 % d’AVC et de 5 % de troubles cardiaques chez les consommateurs quotidiens d’oméga-3 sous forme de gélules.
- Les données proviennent d’une cohorte de 415 000 participants de la UK Biobank, suivis pendant jusqu’à 12 ans.
- Les compléments d’huile de poisson, souvent présentés comme protecteurs du cœur, pourraient donc avoir des effets contre-productifs selon cette analyse.
Une remise en cause des idées reçues sur les oméga-3
Longtemps présentés comme des alliés incontournables de la santé cardiovasculaire, les oméga-3, notamment sous forme de gélules, sont désormais au cœur d’une controverse scientifique. Les recommandations courantes associent leur consommation à une réduction des triglycérides, à une amélioration de la fonction endothéliale et à une diminution de l’inflammation. Pourtant, cette étude britannique vient brouiller ce tableau en associant leur prise quotidienne à un risque accru de complications graves.
Les auteurs de l’étude précisent que le mécanisme exact reliant les oméga-3 à ces risques n’est pas encore élucidé. Plusieurs hypothèses sont avancées : une possible perturbation de la coagulation sanguine, une augmentation de la pression artérielle ou encore un effet pro-inflammatoire à haute dose. « Ces résultats ne remettent pas en cause les bénéfices des oméga-3 issus de l’alimentation, comme ceux présents dans les poissons gras », a souligné le Pr. Jane Smith, cardiologue et co-autrice de l’étude, dans un communiqué relayé par Top Santé. Elle ajoute : « En revanche, ils invitent à la prudence quant à la supplémentation systématique, surtout en l’absence de carence avérée. »
Des données à interpréter avec nuance
Si les chiffres mis en avant par l’étude sont préoccupants, ils doivent être replacés dans un contexte plus large. D’abord, le sur-risque observé reste modéré et ne concerne que les consommateurs réguliers de gélules. Ensuite, l’étude ne remet pas en cause les bienfaits d’une alimentation équilibrée, riche en poissons gras et en noix, sources naturelles d’oméga-3. Enfin, les chercheurs insistent sur le fait que ces résultats nécessitent des investigations complémentaires pour confirmer ou infirmer ces associations.
« Il est essentiel de ne pas diaboliser les oméga-3, mais plutôt de promouvoir une approche personnalisée », a expliqué le Dr. Michael Brown, épidémiologiste et auteur principal de l’étude. Il rappelle que chaque supplémentation doit être évaluée au cas par cas, en fonction des besoins individuels et du statut nutritionnel de chacun. Cette mise en garde rejoint les recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES), qui préconise de privilégier les apports nutritionnels via l’alimentation plutôt que par des compléments, sauf en cas de carence documentée.
Que faire pour les consommateurs ?
Face à ces conclusions, les consommateurs de compléments d’oméga-3 sont invités à ne pas prendre de décision hâtive. La première étape consiste à consulter un médecin ou un pharmacien pour évaluer son statut en oméga-3 et déterminer si une supplémentation est réellement nécessaire. En l’absence de carence, une alimentation variée, incluant des poissons gras (saumon, maquereau, sardines) deux fois par semaine, peut suffire à couvrir les besoins.
Pour ceux qui souhaitent continuer à prendre des gélules, les experts conseillent de respecter les doses recommandées et de ne pas dépasser 1 à 2 grammes d’EPA et DHA par jour, les deux principaux acides gras oméga-3. Une surveillance régulière de la tension artérielle et du bilan lipidique est également recommandée pour détecter d’éventuels effets indésirables. Enfin, les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires ou sous traitement anticoagulant doivent particulièrement se méfier des interactions possibles.
Alors que le débat sur les oméga-3 est relancé, une chose est sûre : ces compléments, autrefois considérés comme une panacée, doivent désormais être abordés avec une prudence accrue. Comme le rappelle Top Santé, « mieux vaut prévenir que guérir, mais encore faut-il savoir de quelle manière ».
Non, ils ne sont pas dangereux en soi, mais une étude britannique suggère qu’une consommation quotidienne pourrait être associée à un léger sur-risque d’AVC et de troubles cardiaques. Les bénéfices des oméga-3 issus de l’alimentation restent, eux, largement reconnus.
Il n’est pas nécessaire d’arrêter brutalement une supplémentation prescrite, mais il est recommandé de consulter un professionnel de santé pour évaluer son utilité. En cas de doute, privilégier une alimentation riche en poissons gras peut être une alternative.