OpenAI, la société à l’origine de ChatGPT, devrait déposer d’ici la fin de la semaine ou dans les prochaines semaines son dossier préalable à une introduction en Bourse auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur américain des marchés. Cette annonce, rapportée ce 20 mai 2026 par plusieurs médias anglo-saxons dont CNBC, le New York Times et Bloomberg, marque une accélération significative du calendrier initialement envisagé par l’entreprise spécialisée dans l’intelligence artificielle.
Selon le Financial Times, OpenAI viserait une cotation dès septembre 2026, soit plusieurs mois avant les prévisions initiales qui tablaient plutôt sur un premier pas en fin d’année, voire en 2027. Sollicitée par l’AFP, la direction du groupe n’a pas réagi dans l’immédiat. Le dépôt de ce dossier, s’il intervient, se ferait de manière confidentielle, ce qui signifie que le grand public n’y aurait pas accès avant validation par la SEC.
Ce qu’il faut retenir
- OpenAI devrait déposer son dossier d’introduction en Bourse « d’ici vendredi » selon CNBC, ou « dans les prochaines semaines » selon le New York Times et Bloomberg.
- Le groupe vise une cotation dès septembre 2026, d’après le Financial Times.
- La valorisation d’OpenAI atteint 852 milliards de dollars après sa dernière levée de fonds de 122 milliards en mars 2026.
- L’entreprise, encore non rentable, a besoin de capitaux pour financer son développement accéléré dans l’IA.
- Cette annonce intervient après une décision judiciaire favorable rendue lundi 19 mai, exonérant OpenAI des accusations portées par Elon Musk.
- Le dépôt du dossier pourrait s’accompagner d’une levée de fonds d’environ 60 milliards de dollars.
Un calendrier bousculé par des levées de fonds record
L’accélération du processus d’introduction en Bourse s’explique en partie par la dernière levée de fonds colossale d’OpenAI. En mars 2026, la société a levé 122 milliards de dollars, portant sa valorisation à 852 milliards. À titre de comparaison, cette somme dépasse largement le PIB de nombreux pays européens. Pourtant, malgré ces chiffres impressionnants, OpenAI reste déficitaire. Son modèle économique repose sur des investissements massifs dans les centres de données et les infrastructures nécessaires au développement des modèles d’IA, explique plusieurs analystes interrogés par Bloomberg.
Le dépôt du dossier auprès de la SEC, bien que confidentiel, envoie un signal fort aux marchés. Il indique une volonté de cotation dans un délai rapproché. Historiquement, certaines entreprises renoncent après cette étape, mais elle constitue généralement un prérequis avant toute introduction en Bourse. Pour OpenAI, cette démarche intervient à un moment où le secteur de l’IA traverse une phase de consolidation et de recherche de financements stables.
Un contexte judiciaire favorable avant l’IPO
L’annonce survient à peine 24 heures après une décision judiciaire majeure rendue en Californie. Un jury a estimé que les accusations portées par Elon Musk contre les dirigeants d’OpenAI, Sam Altman et Greg Brockman, étaient prescrites. Ces accusations portaient sur la supposée dérive commerciale de l’entreprise, initialement fondée comme une organisation à but non lucratif. Une issue défavorable aurait pu compromettre l’avenir d’OpenAI en la contraignant à revenir à son statut initial, ce qui aurait pu dissuader les investisseurs et retarder toute introduction en Bourse.
Cette décision judiciaire a donc éliminé un risque majeur pour l’entreprise. « Cela lève une incertitude juridique qui pesait sur le modèle économique d’OpenAI », analyse un expert du secteur cité par le Financial Times. Sans cette pression juridique, le groupe peut désormais se concentrer sur sa stratégie de levée de fonds et son développement technologique.
Des besoins financiers colossaux pour une rentabilité encore lointaine
Malgré une valorisation record, OpenAI n’est pas encore rentable. Son modèle repose sur des dépenses massives en infrastructure, notamment en puissance de calcul. Les centres de données, les serveurs et les puces nécessaires au fonctionnement des modèles d’IA représentent des coûts fixes et récurrents élevés. « On parle de plusieurs milliards de dollars par an en dépenses d’infrastructure », précise un analyste des Échos.
Selon plusieurs médias, OpenAI ambitionnerait de lever environ 60 milliards de dollars grâce à son introduction en Bourse. Cette somme servirait à la fois à financer son expansion et à couvrir ses pertes opérationnelles. Le montant serait l’un des plus élevés jamais enregistrés pour une introduction en Bourse, dépassant largement les levées de fonds récentes des géants technologiques. À titre d’exemple, la valorisation d’OpenAI en mars 2026 équivaut à près de trois fois celle d’Apple au plus fort de sa capitalisation.
Un timing stratégique à quelques semaines d’autres introductions majeures
Le dépôt du dossier d’OpenAI s’inscrit dans un calendrier boursier particulièrement chargé. SpaceX, la société spatiale d’Elon Musk, devrait faire son entrée au Nasdaq, la Bourse électronique de New York, mi-juin 2026. Cette double introduction en Bourse, si elle se concrétise, illustrerait une tendance forte du secteur technologique : la recherche de capitaux pour financer des projets à très long terme, parfois non rentables à court terme.
Pour les investisseurs, l’enjeu est double : d’une part, parier sur la croissance exponentielle de l’IA, et d’autre part, évaluer la capacité d’OpenAI à transformer sa domination technologique en rentabilité. « Le marché va devoir arbitrer entre l’enthousiasme pour l’IA et la réalité des coûts », souligne un gestionnaire de fonds interrogé par BFM Business.
Plusieurs questions restent en suspens. La première concerne la taille exacte de l’introduction en Bourse : OpenAI a-t-elle l’intention de vendre des actions existantes ou d’émettre de nouvelles actions ? Ensuite, le marché sera attentif à la répartition sectorielle des investisseurs, entre fonds traditionnels et acteurs spécialisés dans la tech. Enfin, l’impact de cette introduction sur la concurrence dans le secteur de l’IA, déjà très concurrentiel, sera à surveiller.
OpenAI reste déficitaire malgré une valorisation record. Les 60 milliards de dollars levés serviraient principalement à financer son développement technologique, notamment ses infrastructures de calcul, et à couvrir ses pertes opérationnelles. Une partie pourrait aussi être utilisée pour des acquisitions ou des investissements dans de nouveaux projets.
Lorsqu’une entreprise dépose un dossier confidentiel auprès de la SEC, celui-ci n’est pas rendu public immédiatement. Cela lui permet de préparer son introduction en Bourse sans divulguer d’informations sensibles avant que le processus ne soit suffisamment avancé. Une fois la confidentialité levée, le dossier devient public et la société peut entamer sa campagne de roadshow.