OpenAI, l’entreprise à l’origine de ChatGPT, s’apprête à lancer un smartphone haut de gamme entièrement repensé autour de l’intelligence artificielle, en collaboration avec l’ancien designer d’Apple, Jony Ive. Selon Numerama, la production en masse de cet appareil, baptisé « AI agent phone », est désormais prévue pour le premier semestre 2027, avec une accélération du projet confirmée par l’analyste Ming-Chi Kuo sur X le 5 mai 2026. L’objectif affiché ? Réinventer l’expérience utilisateur en plaçant l’IA générative au cœur du fonctionnement de l’appareil, au détriment des approches traditionnelles.

Ce qu'il faut retenir

  • OpenAI et Jony Ive développent un smartphone haut de gamme piloté par l’IA, avec une production prévue dès le premier semestre 2027, selon Ming-Chi Kuo.
  • Le projet mise sur une puce MediaTek Dimensity 9600 personnalisée, optimisée pour les tâches d’IA locale avec une double architecture NPU.
  • L’appareil pourrait intégrer des fonctionnalités avancées comme la compréhension de l’environnement via les caméras ou une assistance proactive, mais se heurte au duopole Apple/Google.
  • OpenAI doit choisir entre un système centré sur ChatGPT, risquant l’isolement des utilisateurs, ou s’appuyer sur Android, renforçant l’écosystème de Google.
  • Le marché du smartphone reste dominé par iOS et Android, rendant toute innovation difficile sans leur soutien.

Un projet ambitieux, mais confronté à des défis majeurs

OpenAI ambitionne de concurrencer les géants du secteur en proposant un appareil où l’IA générative serait omniprésente. Selon les informations rapportées par Numerama, l’entreprise mise sur une puce MediaTek Dimensity 9600 modifiée, spécialement conçue pour exécuter des tâches d’intelligence artificielle en local grâce à une double architecture NPU. L’idée ? Créer un téléphone capable de comprendre son environnement via ses caméras, d’agir à la place de l’utilisateur, voire de fonctionner comme une enceinte connectée toujours active. Autant dire que l’ambition est de transformer radicalement l’usage du smartphone.

Pourtant, ce projet se heurte à une réalité implacable : le duopole Apple/Google domine le marché depuis des années. Depuis 2017, Apple intègre déjà un Neural Engine dans ses iPhone, tandis que Google et Samsung misent sur des puces dédiées à l’IA locale. Sam Altman, PDG d’OpenAI, a critiqué l’approche d’Apple, estimant que l’iPhone était conçu pour un « monde d’avant », sans réelle conscience de son environnement. Une analyse que certains experts jugent discutable, d’autant qu’Apple prépare iOS 27, prévu pour septembre 2026, qui intégrera des outils pour exécuter des IA de différents fournisseurs.

Un marché saturé et des choix stratégiques complexes

L’entrée d’OpenAI dans le secteur du smartphone n’est pas une première. Comme le rappelle Numerama, des entreprises comme Facebook, Amazon ou Huawei ont tenté de percer ce marché sans succès. En 2024, des startups comme Rabbit ou Humane ont lancé des « gadgets IA » basés sur ChatGPT, mais ces initiatives ont échoué à s’imposer. La complexité du marché réside dans la chaîne de production saturée : les meilleurs composants sont réservés à quelques acteurs établis, et un nouveau venu peine généralement à proposer un appareil compétitif dès sa première génération.

OpenAI se trouve donc face à un dilemme cornélien. Pour réussir, l’entreprise doit soit centrer son appareil sur ChatGPT et ses applications maison, au risque de limiter son attractivité, soit adopter Android et renforcer l’écosystème de Google. Or, sans accès au Google Play Store et aux services de Google, comme Gemini, l’appareil risquerait de manquer cruellement d’applications. Un choix qui reviendrait à renforcer un concurrent direct. « Il est difficile d’imaginer qu’une solution soit meilleure que l’autre », souligne Numerama, d’autant que Google et Apple accélèrent leurs propres développements en IA locale.

Un pari risqué pour une entreprise en quête de crédibilité financière

Le calendrier d’OpenAI ajoute une pression supplémentaire. L’entreprise, qui prépare une introduction en Bourse, mise sur un lancement rapide pour justifier sa valorisation. Pourtant, comme le rappelle l’analyste Ming-Chi Kuo, la rapidité pourrait se retourner contre elle. Les précédents historiques montrent qu’il faut généralement plusieurs générations de produits avant qu’un nouveau constructeur ne parvienne à rivaliser avec les leaders du marché. Les exemples du Facebook Phone, de l’Amazon Fire Phone ou de l’Essential Phone sont là pour le rappeler : réinventer le smartphone est un exercice périlleux.

En parallèle, OpenAI pourrait perdre un temps précieux à développer un hardware coûteux, alors qu’elle pourrait se concentrer sur l’intégration de ChatGPT dans les milliards de smartphones déjà en circulation. Une alternative serait de concevoir un accessoire compatible avec n’importe quel téléphone, une stratégie moins risquée mais aussi moins médiatique. Le risque ? Que le projet du « ChatGPT Phone » devienne un gouffre financier sans réel impact sur le marché.

Et maintenant ?

D’ici le premier semestre 2027, OpenAI devra trancher entre deux stratégies : soit un appareil centré sur ChatGPT, soit un smartphone sous Android avec une surcouche dédiée. Dans les deux cas, la bataille sera rude face à des géants comme Apple et Google, qui renforcent leurs propres outils d’IA locale. Reste à voir si OpenAI parviendra à convaincre les développeurs et les utilisateurs de adopter son approche, ou si ce projet restera un exercice technologique sans lendemain.

Quoi qu’il en soit, ce lancement potentiel marque une nouvelle étape dans la guerre de l’IA, où les frontières entre hardware et software s’estompent. Pour les consommateurs, cela pourrait signifier une diversification des offres, mais aussi une complexité accrue dans le choix d’un appareil. Quant aux investisseurs, ils surveilleront de près la capacité d’OpenAI à transformer cette ambition en succès commercial.

Selon Numerama, OpenAI considère que le smartphone reste indispensable pour contrôler pleinement l’expérience utilisateur avec une IA. Un simple accessoire ou une application ne permettrait pas de réinventer l’usage de l’IA de manière aussi intégrée. La société mise sur un appareil où l’IA serait omniprésente, depuis la compréhension de l’environnement jusqu’à l’assistance proactive, ce qui nécessiterait un hardware dédié.

Cette puce, modifiée par OpenAI et MediaTek, intègre une double architecture NPU (Neural Processing Unit) optimisée pour les tâches d’IA locale. Elle permet au smartphone de traiter des commandes et d’analyser des données en temps réel sans dépendre d’un cloud, ce qui améliore la réactivité et la confidentialité des données utilisateur.