Chiara Cespi Polisiani, directrice générale et cofondatrice de Papilio.bio, était l’invitée de l’émission Good Morning Business sur BFM Business ce mercredi 17 juin 2026. Elle y a présenté les innovations développées par son entreprise, dédiée à la santé des femmes : un autotest rapide de dépistage du virus du papillome humain (HPV) et une application digitale d’accompagnement, selon BFM Business.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où le dépistage du HPV reste un enjeu majeur de santé publique, notamment pour prévenir les cancers du col de l’utérus. L’autotest, conçu pour être accessible et rapide, pourrait ainsi simplifier l’accès aux diagnostics précoces, un point crucial pour de nombreuses femmes.

Ce qu'il faut retenir

  • Chiara Cespi Polisiani, cofondatrice de Papilio.bio, était l’invitée de l’émission Good Morning Business sur BFM Business ce 17 juin 2026.
  • Papilio.bio propose un autotest rapide pour le dépistage du virus HPV, responsable de cancers du col de l’utérus.
  • L’entreprise a également développé une application digitale d’accompagnement pour les femmes concernées.
  • Ces outils visent à faciliter l’accès au dépistage et à améliorer la prévention des pathologies liées au HPV.
  • L’émission Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin, est diffusée du lundi au vendredi sur BFM Business et disponible en podcast.

Un autotest HPV conçu pour démocratiser le dépistage

L’autotest HPV développé par Papilio.bio se distingue par sa simplicité d’utilisation et son accessibilité. Destiné aux femmes, il permet un dépistage précoce du virus, souvent asymptomatique dans ses phases initiales. Selon les données médicales, environ 80 % des personnes sexuellement actives seront exposées au HPV au cours de leur vie, rappelle l’Institut national du cancer.

L’objectif de cet outil est de réduire les barrières liées aux examens traditionnels, comme le frottis, souvent perçus comme contraignants ou intimidants. « Notre autotest est conçu pour être réalisé à domicile, sans besoin de prise de rendez-vous médical », a expliqué Chiara Cespi Polisiani lors de l’interview. Un gain de temps et de confort qui pourrait inciter davantage de femmes à se faire dépister régulièrement.

Une application pour guider et accompagner les utilisatrices

Parallèlement à l’autotest, Papilio.bio a lancé une application digitale destinée à accompagner les femmes tout au long du processus de dépistage. L’outil propose des informations claires sur le HPV, des conseils pratiques pour réaliser l’autotest correctement, et un suivi personnalisé des résultats. « L’application permet aussi de recevoir des rappels pour les prochains dépistages, essentiels pour une prévention efficace », a précisé la cofondatrice.

Ce dispositif s’adresse particulièrement aux femmes éloignées des systèmes de santé traditionnels, comme celles vivant en zones rurales ou ayant des contraintes professionnelles. L’application intègre également un système de messagerie sécurisée pour échanger avec des professionnels de santé en cas de questions ou de résultats positifs.

Un enjeu de santé publique face à la faible couverture du dépistage en France

En France, le taux de couverture du dépistage du cancer du col de l’utérus reste insuffisant, avec seulement 58 % des femmes concernées ayant réalisé un frottis dans les trois dernières années, selon les chiffres de Santé publique France. Pourtant, le dépistage précoce permet de détecter 90 % des lésions précancéreuses, évitables grâce à un traitement adapté.

Le HPV, transmis par voie sexuelle, est responsable de près de 3 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus chaque année dans l’Hexagone. La vaccination, recommandée pour les jeunes filles et les jeunes garçons, complète ces efforts de prévention. « L’autotest et l’application de Papilio.bio pourraient combler une partie du retard français en matière de dépistage », souligne Chiara Cespi Polisiani.

Et maintenant ?

Pour les mois à venir, Papilio.bio prévoit de finaliser les démarches réglementaires afin de commercialiser son autotest en pharmacie et en ligne d’ici la fin de l’année. L’entreprise envisage également des partenariats avec des mutuelles et des associations de santé pour faciliter l’accès à ces outils. Reste à voir si les pouvoirs publics soutiendront ces initiatives, notamment dans le cadre de la stratégie nationale de santé.

Par ailleurs, la question de la prise en charge financière de ces autotests par l’Assurance maladie pourrait être au cœur des débats. Si ces outils venaient à être intégrés aux programmes de dépistage organisés, leur impact sur la santé publique pourrait être significatif.

Enfin, cette innovation technologique soulève une réflexion plus large sur l’évolution des pratiques médicales en France. Entre automatisation, télémédecine et outils connectés, le système de santé pourrait connaître une transformation majeure dans les années à venir.