Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a été entendu ce mercredi 17 juin 2026 à l'Assemblée nationale sur deux sujets majeurs : la fiscalité des multinationales et l'évolution des prix des carburants. Selon Capital, il a défendu avec fermeté la politique de plafonnement des prix à la pompe mise en place par son groupe depuis le début du conflit au Moyen-Orient, tout en reconnaissant les critiques internes et externes suscitées par cette mesure.

Ce qu'il faut retenir

  • TotalEnergies est la seule compagnie pétrolière à avoir instauré un plafonnement des prix des carburants depuis le début de la guerre en Iran.
  • Le groupe a subi une perte de 200 millions d’euros depuis le début du conflit en raison de cette politique, le prix de vente étant inférieur au coût de revient.
  • Le PDG a indiqué que les prix à la pompe sont « en train de rappliquer jour après jour » sur le diesel, passant de 2,09 € à 1,94 € le litre.
  • Patrick Pouyanné a réaffirmé son « attachement » à la France, justifiant cette mesure par la volonté de « protéger les Français ».
  • Il a averti que si une taxation supplémentaire était envisagée par le Parlement, TotalEnergies « en tirerait les leçons ».

Un plafonnement unique au monde, mais contesté

Patrick Pouyanné a rappelé devant les députés que TotalEnergies était « la seule compagnie pétrolière au monde » à avoir instauré un plafonnement des prix à la pompe depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Selon ses propos rapportés par Capital, cette initiative visait à « protéger les Français » et s’expliquait par « un certain attachement » du groupe à la France, où se trouve son siège social. Pourtant, cette mesure a suscité des critiques, y compris parmi ses « pairs pétroliers », qui ont reproché à TotalEnergies de vendre du carburant à perte.

Le PDG a défendu son choix en soulignant que le coût d’approvisionnement actuel se situait autour de 1,85 € le litre, contre 1,65 € avant la crise. « On ne peut pas dire qu’on va être à 1,70 tout de suite », a-t-il précisé, ajoutant que la baisse dépendrait de l’évolution de la crise géopolitique. Il a également rappelé que le gouvernement disposait d’outils pour « suivre cette évolution précisément ».

Des pertes estimées à 200 millions d’euros

Face aux interrogations des députés sur la viabilité économique de cette politique, Patrick Pouyanné a reconnu que le plafonnement avait coûté 200 millions d’euros au groupe depuis le début du conflit. « Le plafond est inférieur au prix de revient », a-t-il concédé, tout en insistant sur le fait que TotalEnergies avait enregistré une hausse de 15 % des volumes vendus depuis l’instauration de cette mesure.

Le PDG a également averti que si le Parlement devait adopter une taxation supplémentaire sur les carburants, son groupe « en tirerait les leçons ». Une déclaration qui laisse planer le doute sur d’éventuelles répercussions commerciales ou tarifaires en cas de nouvelles contraintes fiscales.

Une baisse progressive des prix à la pompe, mais pas immédiate

Interrogé sur l’évolution des prix du diesel, Patrick Pouyanné a présenté des chiffres précis : le litre est passé de 2,09 € à 1,94 € en quelques semaines. Il a assuré que TotalEnergies « rapplique jour après jour » les baisses du marché, tout en rappelant que la mécanique de plafonnement continuait de s’appliquer jusqu’à la fin du mois de juin, comme annoncé précédemment.

Pour autant, le PDG a tempéré les attentes en rappelant que le retour aux prix d’avant-guerre n’était « pas tout de suite » envisageable. « Aujourd’hui, le coût d’approvisionnement est à 1,85 € le litre. Il y a 20 centimes d’écart. On ne peut pas dire qu’on va être à 1,70 tout de suite », a-t-il expliqué, évoquant une normalisation progressive des prix « au fur et à mesure que la crise va se résorber ».

Un bras de fer avec les autres acteurs du secteur

Le plafonnement des prix par TotalEnergies n’a pas manqué de provoquer des tensions avec les autres distributeurs. Michel-Édouard Leclerc, président du groupement E.Leclerc, avait déjà critiqué en avril les pratiques du géant pétrolier, l’accusant de « faire du fric » tout en maintenant des prix élevés à la pompe. Une polémique qui illustre les divergences de stratégie entre les acteurs du secteur face à la crise énergétique.

Par ailleurs, les stations indépendantes ont attaqué TotalEnergies pour « concurrence déloyale », estimant que le plafonnement faussait le jeu du marché. Une plainte qui pourrait, à terme, peser sur la stratégie commerciale du groupe, déjà fragilisée par ses pertes estimées.

Et maintenant ?

TotalEnergies a confirmé que le plafonnement des prix serait maintenu jusqu’à la fin du mois de juin. Pour autant, les prochaines semaines seront déterminantes : l’évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient, ainsi que les décisions du Parlement sur une éventuelle taxation supplémentaire des carburants, pourraient contraindre le groupe à revoir sa stratégie. Une chose est sûre : la pression reste forte, tant sur les prix que sur les marges des distributeurs.

Cette audition de Patrick Pouyanné à l’Assemblée nationale survient dans un contexte où les prix des carburants restent un sujet de tension sociale. Alors que le gouvernement a menacé de plafonner à son tour les prix si les stations ne baissaient pas « aussi vite qu’ils ont monté », TotalEnergies pourrait bien se retrouver au cœur des débats sur l’encadrement des tarifs à la pompe dans les semaines à venir.

Selon Patrick Pouyanné, cette mesure vise à « protéger les Français » en limitant la hausse des prix à la pompe, alors que le coût d’approvisionnement reste élevé (1,85 € le litre contre 1,65 € avant la crise). Le PDG a également évoqué un « attachement » du groupe à la France, où se trouve son siège social.