Selon BFM Business, le fondateur de PriceMinister, Pierre Kosciusko-Morizet, se positionne comme candidat au rachat de la filiale française du site, aujourd’hui en grande difficulté. Ce projet intervient alors que Rakuten France a récemment présenté aux salariés un plan de cession ou, à défaut, de fermeture d’ici la fin de l’année.
Ce qu'il faut retenir
- Pierre Kosciusko-Morizet, fondateur de PriceMinister revendu à Rakuten en 2010, envisage de racheter la filiale française en perte de vitesse.
- La plateforme a perdu 33 % de ses clients et vu sa fréquentation chuter de 42 % en dix ans face à la concurrence étrangère.
- Rakuten France cherche à céder ou fermer PriceMinister d’ici fin 2026, mais privilégie une cession pour préserver les 180 emplois en France.
- Le trio candidat — Kosciusko-Morizet, le fonds Verdoso et Fabien Versavau, ex-PDG de Rakuten France — souhaite rétablir la marque PriceMinister et sauver les emplois.
- À fin 2025, PriceMinister attirait encore 9,5 millions de visiteurs uniques par mois selon la Fevad.
Un projet de rachat porté par l’ancien fondateur et des partenaires
Comme le rapporte BFM Business, Pierre Kosciusko-Morizet, qui avait cédé PriceMinister au groupe japonais Rakuten en 2010, se mobilise désormais pour reprendre la filiale française. Son projet s’articule autour de trois acteurs : lui-même en tant qu’investisseur, le fonds Verdoso spécialisé dans les reprises d’entreprises, et Fabien Versavau, ancien PDG de Rakuten France. Leur ambition ? Redonner un second souffle à la marque PriceMinister et éviter une fermeture qui entraînerait la perte de 180 emplois.
Côté Rakuten, la direction a présenté aux salariés un projet de cession ou de fermeture d’ici la fin de l’année. Cette décision s’inscrit dans un contexte de déclin marqué pour PriceMinister, dont la fréquentation a chuté de 42 % en dix ans et qui a perdu 33 % de ses clients. Malgré cette baisse, la plateforme conservait à la fin 2025 un trafic mensuel de 9,5 millions de visiteurs uniques, selon les données de la Fevad.
PriceMinister, une plateforme historique de l’e-commerce français
Créé en France, PriceMinister s’est imposé comme l’un des pionniers du e-commerce, proposant une large gamme de produits : électroménager, appareils électroniques, jouets, vêtements ou encore mobilier. Le site a été racheté par Rakuten en 2010, un groupe japonais fondé en 1997, actif dans l’e-commerce mais aussi les télécommunications, la publicité et l’intelligence artificielle. Rakuten emploie plus de 25 000 salariés dans 30 pays et réalise un chiffre d’affaires annuel de plus de 11 milliards d’euros.
Depuis son acquisition, Rakuten a tenté de moderniser la plateforme en investissant pour compenser les pertes, en modernisant l’interface et en développant des solutions avancées, notamment via l’intelligence artificielle. Pourtant, ces efforts n’ont pas suffi à enrayer le déclin face à une concurrence internationale toujours plus agressive.
Un enjeu stratégique pour l’emploi et l’image de la marque
Pour Rakuten France, la cession de PriceMinister représenterait une issue préférable à une fermeture pure et simple. Une source du secteur citée par BFM Business a indiqué que « sur la place de Paris, tout le monde regarde le dossier ». Le groupe japonais pourrait ainsi éviter un licenciement massif de ses 180 salariés français, tout en transférant la marque à un repreneur capable de la relancer.
Le trio mené par Kosciusko-Morizet mise sur la notoriété historique de PriceMinister pour redynamiser l’activité. Leur approche diffère de celle d’autres acteurs potentiels, qui pourraient être davantage intéressés par le portefeuille clients que par la marque elle-même. Pour l’instant, aucune autre candidature officielle n’a été dévoilée, mais l’intérêt du marché pour ce dossier est palpable.
Un contexte concurrentiel toujours plus rude
PriceMinister évolue dans un secteur où la concurrence est féroce. Les géants internationaux du e-commerce, comme Amazon, Cdiscount ou Vinted, ont capté une part croissante du marché français, poussant les acteurs historiques à se repositionner. Malgré ses difficultés, PriceMinister conserve un trafic mensuel de près de 10 millions de visiteurs, un chiffre qui témoigne encore de son ancrage dans le paysage du e-commerce hexagonal.
Pour ses repreneurs potentiels, le défi sera double : moderniser l’offre et l’expérience utilisateur, tout en fidélisant une clientèle qui s’est progressivement tournée vers des plateformes plus agiles. Le plan présenté par Rakuten pour compenser les pertes et moderniser la plateforme a montré ses limites, laissant la porte ouverte à une reprise externe.
Quoi qu’il en soit, l’avenir de PriceMinister s’annonce comme un cas d’école pour le e-commerce français, illustrant les défis auxquels sont confrontés les acteurs historiques face à la concurrence internationale. Reste à savoir si une reprise externe suffira à redonner à la plateforme son lustre d’antan.
Les principaux concurrents de PriceMinister incluent Amazon, Cdiscount, Vinted, Leboncoin et Rakuten Marketplace. Ces plateformes ont capté une part croissante du marché français grâce à des offres plus larges, des prix compétitifs et des services logistiques optimisés.
Rakuten France justifie cette décision par un déclin continu de la fréquentation et de la clientèle de PriceMinister sur les dix dernières années. Malgré des investissements pour moderniser la plateforme, le groupe japonais considère que la fermeture ou la cession est la solution la plus viable économiquement.