Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a défendu mercredi 17 juin 2026 devant la commission des finances de l’Assemblée nationale la position du groupe face aux mesures gouvernementales de plafonnement des prix des carburants, comme le rapporte Le Monde. Selon lui, cette politique a engendré un déficit de 200 millions d’euros pour le groupe pétrolier. Une argumentation qui s’inscrit dans la stratégie de TotalEnergies pour contrer les projets de taxation des « superprofits » dans le secteur de l’énergie.
Ce qu'il faut retenir
- Plafonnement des prix : la mesure a coûté 200 millions d’euros à TotalEnergies, selon son PDG Patrick Pouyanné.
- Réponse aux menaces fiscales : le groupe utilise ce manque à gagner pour justifier son opposition à une éventuelle taxation des superprofits.
- Audition parlementaire : Patrick Pouyanné s’est exprimé devant la commission des finances de l’Assemblée nationale le 17 juin 2026.
- Stratégie défensive : TotalEnergies lie ces deux sujets pour opposer une fin de non-recevoir aux projets gouvernementaux.
Un manque à gagner présenté comme une preuve d’inefficacité économique
Lors de son audition, Patrick Pouyanné n’a pas hésité à qualifier le plafonnement des prix des carburants de « mesure inefficace », selon les termes rapportés par Le Monde. Pour le dirigeant, cette politique publique a non seulement pénalisé les marges du groupe, mais elle a aussi, selon lui, « vidé le marché de ses marges normales ». Un argument qu’il a opposé aux députés, soulignant que cette situation créait une distorsion de concurrence au détriment de TotalEnergies, alors que d’autres acteurs du secteur bénéficieraient de régulations moins contraignantes.
TotalEnergies contre-attaque sur le front fiscal
Le groupe pétrolier ne se contente pas de dénoncer les effets du plafonnement des prix. Il en fait aussi un levier pour contrer les velléités gouvernementales d’instaurer une taxe sur les « superprofits ». Pour Patrick Pouyanné, l’idée même d’une telle taxation serait « absurde » dans un contexte où les marges ont déjà été compressées par les mesures de contrôle des prix. « On ne peut pas vouloir nous prendre deux fois le même argent », a-t-il lancé, selon la retranscription de son intervention.
Cette rhétorique s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre l’État et les grands groupes énergétiques. Depuis plusieurs mois, les discussions autour d’une fiscalité plus contraignante pour les entreprises du secteur, accusées de profiter de la flambée des prix de l’énergie, alimentent les débats parlementaires. TotalEnergies, en mettant en avant son « sacrifice » de 200 millions d’euros, tente de retourner l’argument en sa faveur.
Une stratégie de communication ciblée auprès des députés
L’audition de Patrick Pouyanné devant la commission des finances n’était pas un hasard. Elle intervenait à un moment où les parlementaires examinent plusieurs textes législatifs, dont certains pourraient impacter directement les marges des groupes pétroliers. En brandissant le chiffre de 200 millions d’euros, TotalEnergies cherche à peser sur les discussions en cours, en démontrant que les mesures de régulation ont un coût économique réel et mesurable.
Selon des sources proches du dossier, cette stratégie vise aussi à préparer le terrain pour d’éventuelles négociations avec le gouvernement. Le groupe pourrait, par exemple, proposer des contreparties — comme des investissements dans les énergies renouvelables — en échange d’un assouplissement des contraintes pesant sur ses activités traditionnelles. Une approche déjà observée lors de précédents conflits entre l’État et les majors du secteur.
Pour l’heure, Patrick Pouyanné a laissé entendre que TotalEnergies ne resterait pas passive face à une éventuelle taxation. « Nous avons des moyens de défense », a-t-il simplement indiqué, sans préciser lesquels. Une déclaration qui laisse planer le doute sur d’éventuelles mesures de rétorsion, sans pour autant lever le voile sur leurs contours.
Le groupe estime que cette mesure a réduit ses marges de 200 millions d’euros en 2026, tout en créant une distorsion de concurrence avec d’autres acteurs du secteur moins régulés. Selon Patrick Pouyanné, cette politique est « inefficace » et pénalise injustement TotalEnergies.