Le maire d’Agde, Aurélien Lopez-Liguori (Rassemblement national), s’est retrouvé au cœur d’une polémique après le lancement, fin juillet 2026, d’une campagne de communication contre les incivilités en bord de plage. Selon Franceinfo – Politique, l’une des affiches, générée par intelligence artificielle, a été jugée raciste par plusieurs opposants en raison de son message et de son illustration.
Ce qu'il faut retenir
- Une affiche anti-chicha à la plage, affichant le slogan « Ta chicha et ta musique, on n’en veut pas », a suscité une vive controverse.
- Le visuel, généré par IA, représente trois jeunes hommes au teint mat entourés de déchets et d’une enceinte Bluetooth, avec une amende pouvant aller jusqu’à 150 euros.
- La mairie d’Agde avait déjà instauré un arrêté anti-chicha en 2014, mais les affiches ont été retirées face au scandale.
- Les opposants, dont le député LFI Raphaël Arnault, qualifient cette campagne de « liberticide et raciste ».
- Le RN, qui mise sur une gestion apaisée des villes conquises, voit cette polémique s’ajouter à d’autres pour un maire élu au printemps 2026.
Une campagne générée par IA et rapidement contestée
La mairie d’Agde, dirigée par Aurélien Lopez-Liguori depuis juin 2026, a lancé fin juillet une série d’affiches destinées à lutter contre les incivilités sur les plages. Parmi elles, un visuel en particulier a déclenché une vague de critiques. L’affiche montre trois jeunes hommes, au teint mat, assis sur le sable avec un narguilé produisant une fumée épaisse. À leurs côtés, une enceinte Bluetooth et des bouteilles en plastique jonchent le sol. Le slogan, écrit en gros caractères, proclame : « Ta chicha et ta musique, on n’en veut pas ». La campagne, réalisée avec l’aide de l’intelligence artificielle, annonce également une amende pouvant atteindre 150 euros pour les contrevenants.
Dès sa diffusion, l’affiche a été massivement relayée sur les réseaux sociaux, où elle a été qualifiée de discriminatoire. Selon Franceinfo – Politique, plusieurs élus et associations ont pointé du doigt le caractère raciste du message et de la représentation visuelle. Les critiques ont souligné que la description des personnages, bien que générée par IA, renvoyait à des stéréotypes ethniques, renforçant l’idée d’une stigmatisation ciblée.
Des réactions politiques immédiates et un contexte tendu
La polémique a rapidement enflammé le débat politique. Le député insoumis Raphaël Arnault a dénoncé sur X (ex-Twitter) des « politiques liberticides et racistes », estimant que cette campagne ne faisait qu’aggraver les tensions sociales. « Peut-être que les politiques liberticides et racistes n’aident pas beaucoup, je dis bien peut-être », a-t-il écrit le 6 août 2026, en référence à un article évoquant la baisse de fréquentation des commerces à Agde.
Face à ces accusations, le député RN Jean-Philippe Tanguy a répondu avec ironie, remerciant « la gauche pour la pub ». La mairie d’Agde, de son côté, a tenté de justifier sa démarche en rappelant qu’un arrêté anti-chicha existait déjà depuis 2014. Cependant, devant l’ampleur du scandale, les affiches ont été retirées. Cette polémique s’inscrit dans un contexte plus large, où le Rassemblement national, après avoir conquis plusieurs villes au printemps 2026, mise sur une gestion « sans accrocs » pour renforcer son influence en vue de la présidentielle.
Un arrêté de 2014 qui resurgit dans le débat
L’arrêté municipal anti-chicha à la plage d’Agde, pris en 2014 sous la mandature précédente, avait déjà suscité des tensions. Ce texte interdisait l’usage de la chicha sur les espaces publics balnéaires, sous peine d’amende. Pourtant, malgré son existence, les commerçants locaux dénoncent depuis des années une baisse de fréquentation, qu’ils attribuent en partie à ce type de mesures perçues comme restrictives. Selon Franceinfo – Politique, certains commerçants estiment que ces politiques pourraient nuire à l’attractivité de la station balnéaire, déjà touchée par une fréquentation en baisse cette année.
La mairie RN, bien que défendant l’utilité de la campagne, se retrouve donc prise entre deux feux : d’un côté, la nécessité de lutter contre les incivilités, de l’autre, le risque de stigmatiser une partie de la population. Le maire Aurélien Lopez-Liguori n’a pas encore réagi publiquement à la polémique, mais la décision de retirer les affiches semble indiquer une volonté de désamorcer la crise.
Un débat qui dépasse le cadre local
Cette affaire intervient à un moment où la question de l’immigration et des incivilités est au cœur des débats politiques en France. Le Rassemblement national, qui mise sur une image de fermeté, se retrouve une nouvelle fois sous le feu des critiques sur sa gestion des villes. À Agde, la polémique rappelle que les symboles comptent autant que les actes : une campagne perçue comme discriminatoire peut rapidement éclipser les efforts réels de la collectivité.
Alors que les municipales de 2026 ont vu le RN remporter plusieurs villes, dont Agde, cette affaire interroge sur la stratégie du parti. Faut-il privilégier une communication musclée, quitte à froisser une partie de l’électorat, ou opter pour une approche plus consensuelle pour ancrer durablement son pouvoir ? Pour l’instant, la réponse semble encore en suspens, mais la polémique d’Agde aura au moins servi à rappeler que, en politique, les détails comptent.
L’affiche a été critiquée pour son message, « Ta chicha et ta musique, on n’en veut pas », ainsi que pour la représentation de trois jeunes hommes au teint mat, générée par IA. Les opposants y ont vu une stigmatisation ethnique, renforçant l’idée d’une politique ciblant une communauté spécifique. La mairie d’Agde a finalement retiré les affiches face à la polémique.