Le syndicat des pompiers volontaires des Landes a annoncé, ce mercredi 20 mai 2026, porter plainte pour homicide volontaire contre le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) du département, à la suite du décès d’un sapeur-pompier volontaire survenu lors d’un entraînement physique individuel le 10 avril dernier. Cette décision, rapportée par Franceinfo – Faits divers, vise à faire la lumière sur les responsabilités du Sdis dans l’organisation des entraînements et l’encadrement des pompiers volontaires.

L’accident s’est produit à Saint-Sever, dans les Landes, où le pompier volontaire est décédé pendant un exercice physique individuel. Selon le syndicat, ce drame illustre les lacunes du dispositif d’aptitude physique imposé par le Sdis des Landes, qui conditionne le maintien en activité des sapeurs-pompiers volontaires à la réussite de tests physiques. Une note de service, signée en début d’année par le directeur départemental, aurait instauré cette obligation sans prévoir d’encadrement adapté pour les volontaires.

Ce qu'il faut retenir

  • Un pompier volontaire des Landes est décédé le 10 avril 2026 lors d’un entraînement physique individuel à Saint-Sever.
  • Le syndicat des pompiers volontaires a annoncé porter plainte pour homicide volontaire contre le Sdis des Landes.
  • Le dispositif d’aptitude physique imposé par le Sdis conditionne le maintien en activité à la réussite des tests, sans encadrement adapté pour les volontaires.
  • Les pompiers volontaires s’entraînent de manière autonome, contrairement aux professionnels qui bénéficient d’un suivi médical et d’entraînements encadrés.
  • Un autre pompier volontaire a survécu à un accident cardiaque le 3 mai 2026 lors d’une activité physique liée à sa préparation opérationnelle.

Une plainte pour homicide volontaire pour faire la lumière sur les responsabilités

Le syndicat des pompiers volontaires des Landes a pris la décision de déposer plainte pour homicide volontaire contre le Sdis, afin de contraindre une enquête judiciaire sur les circonstances du décès. Le drame s’est produit le 10 avril 2026, lors d’un exercice physique individuel réalisé par le sapeur-pompier volontaire, dont l’identité n’a pas été communiquée. Selon Franceinfo – Faits divers, le syndicat dénonce une organisation des entraînements qui aurait exposé le défunt à des risques physiques importants, en l’absence de tout encadrement structuré.

Bruno Ménard, secrétaire général du syndicat des pompiers volontaires, a précisé à Franceinfo – Faits divers que la note de service instaurant ce dispositif d’aptitude physique avait été prise « en début d’année » par le directeur départemental du Sdis. Contrairement aux pompiers professionnels, qui disposent d’un suivi médical régulier et d’entraînements encadrés pendant leurs heures de garde, les volontaires sont contraints de s’entraîner de manière autonome, par crainte d’être radiés en cas d’échec aux tests. « Ils doivent être opérationnels le jour J, mais on leur dit de se débrouiller seuls », a-t-il dénoncé.

Un dispositif d’aptitude physique jugé dangereux et inéquitable

Le syndicat des pompiers volontaires des Landes reproche au Sdis d’avoir mis en place un système où les tests physiques conditionnent le maintien en activité, sans tenir compte des spécificités des volontaires. Bruno Ménard a souligné que les professionnels, eux, bénéficient d’un encadrement pendant leurs temps de garde : « Ils ont des secouristes autour d’eux et des défibrillateurs à portée de main. Si un problème survient, les secours sont immédiats. Pour les volontaires, c’est différent : on leur dit de s’entraîner chez eux et de ne pas se faire repérer. »

Le secrétaire général du syndicat a également rappelé que le pompier décédé en avril 2026 avait « donné des dizaines d’années de sa vie » aux sapeurs-pompiers. Son décès, survenu lors d’un entraînement non encadré, laisse sa famille sans réponse sur les responsabilités engagées. « On lui a dit qu’il était parti s’entraîner seul, que ce n’était pas de la responsabilité des pompiers, mais il a laissé une femme et deux enfants », a-t-il déploré. Le syndicat dénonce ainsi une mise en danger de la vie d’autrui, résultant d’une organisation défaillante.

Un deuxième accident cardiaque survient un mois plus tard

Quelques semaines après le drame d’avril, un autre pompier volontaire des Landes a été victime d’un arrêt cardiaque lors d’une activité physique liée à sa préparation opérationnelle, le 3 mai 2026. Contrairement au premier cas, celui-ci a survécu. Contacté par Franceinfo – Faits divers, le Sdis des Landes n’a pas répondu aux sollicitations pour expliquer les mesures prises après ces deux incidents.

Ces deux événements interrogent sur la pertinence du dispositif d’aptitude physique imposé par le Sdis des Landes, ainsi que sur les conditions de sécurité encadrant les entraînements des pompiers volontaires. Le syndicat, qui représente une partie importante des effectifs du département, exige désormais une révision des règles pour garantir la sécurité de ses membres.

Et maintenant ?

La plainte déposée par le syndicat des pompiers volontaires des Landes pourrait entraîner l’ouverture d’une enquête judiciaire visant à déterminer d’éventuelles responsabilités pénales. Dans l’attente des conclusions, le Sdis des Landes pourrait être amené à revoir son dispositif d’aptitude physique, notamment pour les volontaires. Une réunion entre les représentants du syndicat et la direction du Sdis est évoquée dans les prochaines semaines, sans que de date précise n’ait été arrêtée pour l’instant.

Pour l’heure, aucune réponse officielle n’a été apportée aux accusations portées par le syndicat, qui reste déterminé à obtenir des réponses pour les familles des victimes et pour l’ensemble des pompiers volontaires du département.

Les pompiers professionnels bénéficient d’un encadrement médical et d’entraînements structurés pendant leurs heures de garde, avec des secouristes et du matériel de secours (comme des défibrillateurs) à leur disposition. Les volontaires, eux, doivent organiser leurs entraînements de manière autonome et en dehors de tout encadrement, sous peine d’être radiés en cas d’échec aux tests d’aptitude physique.