Le dernier éléphant sauvage encore détenu par un cirque au Portugal, une femelle d’une quarantaine d’années répondant au nom de Julie, va être transféré dans un sanctuaire dédié aux pachydermes situé dans le sud du pays. Cette décision a été officialisée jeudi 7 mai 2026 par les deux institutions concernées, le Cirque Victor Hugo Cardinali et le Pangea Trust, à l’origine de la création du plus grand sanctuaire pour éléphants d’Europe.
Selon Le Figaro, cet accord a été conclu « de manière volontaire, dans un esprit d’engagement partagé en faveur du bien-être de Julie ». L’éléphante africaine a rejoint le cirque Cardinalli en 1988, mais n’a plus participé aux spectacles depuis 2024, année où le Portugal a interdit la présence d’animaux sauvages dans les cirques.
Ce qu’il faut retenir
- Julie, une éléphante africaine de 40 ans, est le dernier éléphant de cirque encore détenu au Portugal.
- Elle a été transférée au Cirque Victor Hugo Cardinali en 1988 et n’apparaissait plus sur scène depuis 2024.
- Son transfert vers un sanctuaire de 400 hectares dans l’Alentejo (sud du Portugal) est prévu pour juin 2026.
- Le sanctuaire, géré par la fondation britannique Pangea Trust, pourra accueillir jusqu’à 30 éléphants et vise à offrir un environnement adapté à leurs besoins sociaux et physiologiques.
- Plus de 600 éléphants sont encore détenus en captivité dans des cirques et zoos en Europe.
Un sanctuaire conçu pour répondre aux besoins des éléphants sociaux
Le Pangea Trust, qui vient de finaliser la création du plus grand sanctuaire pour éléphants d’Europe, a précisé que ce site de 400 hectares dans la région de l’Alentejo a été spécialement conçu pour offrir à des animaux comme Julie « l’espace, l’environnement et la compagnie dont ils ont besoin pour satisfaire leurs besoins essentiels ».
Kate Moore, directrice de Pangea Trust, a souligné à l’AFP que ce type d’infrastructure vise à répondre aux besoins spécifiques des éléphants, des animaux « très sociaux » qui souffrent de l’isolement et de l’enfermement dans les cirques ou les zoos. « Nous ne pouvons accueillir qu’un petit nombre de ces 600 éléphants, mais des animaux comme Julie et Kariba sont prioritaires, car ils ont besoin de compagnie », a-t-elle expliqué.
Julie ne sera pas seule : Kariba, une nouvelle recrue attendue en juin
Le sanctuaire devrait accueillir sa première pensionnaire dès le mois de juin, avant l’arrivée de Julie. Kariba, une autre éléphante actuellement détenue dans un parc en Belgique, est en effet prévue pour rejoindre l’Alentejo. Son transfert est également programmé pour juin 2026, selon les informations communiquées par Kate Moore à l’AFP.
Cette arrivée progressive permettra à Julie de ne pas rester isolée dans le sanctuaire. « Ce sont des animaux très sociaux, et il n’est pas bon pour eux d’être seuls. Ils ont besoin de compagnie, et nous voulons les réunir », a insisté la directrice de Pangea Trust.
Un contexte légal et éthique en évolution en Europe
Le cas de Julie s’inscrit dans une tendance plus large en Europe, où les législations évoluent pour limiter la captivité des animaux sauvages dans les cirques. Selon Kate Moore, « de nombreux cirques et certains zoos en Europe arrivent à un point — en raison de l’évolution de la législation, de la perte d’un compagnon, ou simplement d’une décision de tourner la page — où il n’est plus possible ni approprié de garder des éléphants ».
L’Europe compte encore plus de 600 éléphants en captivité, répartis dans des cirques et des zoos. La création de sanctuaires comme celui de l’Alentejo répond à une demande croissante pour des alternatives éthiques à la détention d’animaux sauvages, alors que les interdictions nationales se multiplient.
« Le sanctuaire spécialement conçu par Pangea a pour vocation d’offrir à des éléphants comme Julie l’espace, l’environnement et la compagnie dont ils ont besoin pour satisfaire leurs besoins essentiels. » — Kate Moore, directrice de Pangea Trust
Un modèle pour l’avenir des éléphants captifs ?
Avec une capacité d’accueil de 20 à 30 éléphants, le sanctuaire portugais pourrait devenir un modèle pour la prise en charge des pachydermes en Europe. Les éléphants, reconnus pour leur intelligence et leur besoin de vie en groupe, souffrent particulièrement de la captivité dans des espaces réduits ou dans des structures inadaptées.
La fondation britannique mise sur des partenariats avec des cirques et des zoos européens pour rapatrier des animaux comme Julie ou Kariba, une fois leur détention devenue incompatible avec les nouvelles réglementations. « Nous ne pouvons pas tous les accueillir, mais ceux qui ont besoin de nous, nous les prendrons », a résumé Kate Moore.
Pour l’instant, le sanctuaire de l’Alentejo reste le seul projet de cette envergure en Europe, mais son succès pourrait inciter d’autres fondations ou États à suivre cette voie. Une chose est sûre : avec l’évolution des mentalités et des lois, le modèle de détention des éléphants dans les cirques semble désormais condamné en Europe.
Selon Pangea Trust, plusieurs éléphants détenus dans des cirques ou des zoos européens pourraient être concernés par des transferts vers des sanctuaires. La priorité est donnée aux animaux sociaux et isolés, comme Julie et Kariba, mais aucun nom n’a encore été officiellement annoncé au-delà de ces deux cas. La fondation collabore avec des associations locales pour identifier les animaux les plus vulnérables.