Le maire socialiste de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), Karim Bouamrane, a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, marquant ainsi une nouvelle tentative pour fédérer la gauche non mélenchoniste autour d’un « idéal républicain ». Selon Le Figaro, cette déclaration intervient alors que la gauche peine à trouver une union solide face à l’émiettement des candidatures. À 53 ans, ce fils de maçon marocain a choisi l’antenne de France Inter pour officialiser sa démarche. « Moi, Karim Bouamrane, je suis candidat pour les prochaines élections présidentielles », a-t-il lancé dès les premières minutes de l’entretien diffusé mardi. Une annonce qui s’inscrit dans un contexte politique marqué par la fragmentation des forces de gauche, deux ans après l’engouement médiatique suscité par son profil atypique.
Ce qu'il faut retenir
- Karim Bouamrane, maire socialiste de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle de 2027 mardi 10 juin 2026 sur France Inter.
- Âgé de 53 ans, il est le fils d’un maçon marocain et se présente comme un candidat fédérateur pour la gauche non mélenchoniste.
- Son profil avait été mis en avant lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, où Saint-Ouen avait accueilli des milliers d’athlètes, lui valant une couverture médiatique internationale.
- La gauche reste divisée, avec plusieurs candidatures solitaires, dont celle de Benjamin Lucas (Génération.s) déjà annoncée.
- Karim Bouamrane propose un retour à l’idéal républicain comme ligne directrice pour sa campagne.
Un parcours médiatique marqué par les Jeux de Paris 2024
La notoriété de Karim Bouamrane a connu une accélération brutale lors de l’été 2024, à l’occasion des Jeux Olympiques de Paris. Sa ville, Saint-Ouen, avait servi de lieu d’hébergement pour des milliers d’athlètes, ce qui a soudainement braqué les projecteurs sur lui. Son image, celle d’un élu atypique et charismatique, a alors été comparée à celle d’Obama par la presse allemande. Le New York Times lui a également consacré une une, où il s’était prêté au jeu d’un portrait intimiste en chantant A Question of Time, du groupe Depeche Mode, devant la journaliste américaine venue l’interviewer. Deux ans plus tard, ce marathonien confirmé, souvent présenté comme un outsider politique, estime que son heure est enfin venue. Pourtant, son parcours reste celui d’un élu local de longue date, ayant gravi les échelons au sein du Parti socialiste avant de devenir maire de Saint-Ouen en 2014.
Une candidature en solitaire dans un paysage politique fragmenté
Karim Bouamrane incarne une tentative de rassemblement pour une gauche non mélenchoniste, alors que le Parti socialiste peine à retrouver une cohérence après des années de divisions internes. Selon Le Figaro, sa candidature s’ajoute à celle d’autres figures comme le député Benjamin Lucas, membre du mouvement Génération.s, qui a également officialisé sa participation à la primaire de la gauche. Bref, autant dire que la course à l’investiture s’annonce déjà comme un parcours semé d’embûches pour les socialistes. Lors de son meeting dimanche 8 juin 2024, Jean-Luc Mélenchon a réitéré son engagement en faveur de la baisse de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans, une mesure également défendue par le maire de Saint-Denis. Pourtant, cette proposition s’inscrit dans un contexte de dégradation des finances publiques, ce qui interroge sur sa faisabilité. Karim Bouamrane, lui, mise sur un discours axé sur la défense des territoires insulaires et ultramarins, soulignant l’urgence de clarifier les propositions des candidats sur ces enjeux. « Aujourd’hui, l’avenir des territoires insulaires ou très éloignés de l’Hexagone comme la Guyane est en discussion. Les populations concernées exigent la clarté de ceux qui se proposent pour présider la patrie commune », a-t-il rappelé.
« Moi, Karim Bouamrane, je suis candidat pour les prochaines élections présidentielles. »
Karim Bouamrane, maire de Saint-Ouen, lors de son annonce sur France Inter, mardi 10 juin 2026
Un profil atypique face à l’union impossible de la gauche
Karim Bouamrane se distingue par son parcours et son style, loin des clivages traditionnels de la gauche. Fils de maçon marocain, il a su capitaliser sur son image de self-made-man pour se forger une réputation de pragmatisme et de proximité avec les classes populaires. Pourtant, son ancrage au Parti socialiste, un parti en perte de vitesse, pourrait constituer un frein à sa stratégie de rassemblement. La gauche, traditionnellement divisée entre socialistes, écologistes et insoumis, peine à trouver un terrain d’entente. Les tensions entre Mélenchon et les autres formations, comme Europe Écologie Les Verts ou le PS, rendent toute alliance improbable à court terme. Karim Bouamrane mise donc sur une campagne axée sur l’idéal républicain, une notion qu’il présente comme un ciment pour dépasser les clivages idéologiques. Reste à savoir si ce discours suffira à séduire un électorat en quête de renouvellement.
Pour l’heure, les réactions au sein de la gauche restent mesurées. Certains observateurs estiment que sa candidature pourrait diviser davantage un camp déjà fragilisé, tandis que d’autres y voient une opportunité de dynamiser une campagne présidentielle encore largement dominée par les figures traditionnelles. Quoi qu’il en soit, Karim Bouamrane s’inscrit dans la lignée de ces outsiders politiques qui, à l’image d’Emmanuel Macron en 2017, misent sur un discours de renouvellement pour bousculer l’ordre établi.
Karim Bouamrane devra affronter plusieurs candidats au sein de la gauche, notamment Jean-Luc Mélenchon, porte-parole de La France Insoumise, et Benjamin Lucas, député de Génération.s, tous deux déjà déclarés ou en passe de l’être pour la primaire de la gauche.
Les divergences idéologiques entre socialistes, écologistes et insoumis, couplées à des rivalités personnelles, rendent toute alliance difficile. Les questions économiques, comme la réforme des retraites, et les clivages sur l’Europe ou la fiscalité, exacerbent ces tensions.