Alors que la course à l’Élysée s’accélère, les responsables de la droite et du centre s’interrogent sur la stratégie à adopter pour éviter une nouvelle exclusion du second tour. Selon Le Figaro, Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée nationale, a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme en plaidant pour une primaire avant 2027. Dans un entretien publié mercredi sur le site du Point, il a insisté sur la nécessité de dresser un bilan critique du quinquennat Macron comme condition sine qua non à une union des forces conservatrices.

Ce qu'il faut retenir

  • Laurent Wauquiez, leader des députés LR, estime que « le rassemblement ne pourra pas se faire sur du vide » et exige un « devoir d’inventaire du macronisme » avant toute alliance.
  • Il critique les trois principaux candidats de droite ou du centre ayant servi sous Macron — Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau — jugeant leur crédibilité affaiblie par cette proximité.
  • Wauquiez propose un projet « ambitieux et courageux », axé sur la réforme sociale, la maîtrise des dépenses publiques et une refonte des institutions, pour rompre avec une décennie de politique présidentielle.

Une primaire pour éviter l’exclusion du second tour

Pour Laurent Wauquiez, la dispersion des voix à droite a déjà coûté cher en 2017 et 2022. Dans son entretien, il rappelle que « le rassemblement ne pourra pas se faire sur du vide », soulignant le risque de voir la droite et le centre évincés du second tour si les divisions persistent. Selon lui, une primaire permettrait de désigner un candidat unique porteur d’un projet clair, loin des ambiguïtés des dernières années.

L’élu de Haute-Loire a d’ailleurs répété que sans unité, la droite ne pourrait prétendre qu’à un rôle de spectatrice lors du scrutin décisif. « La condition de toute victoire, c’est un projet de redressement très ambitieux et courageux », a-t-il martelé, évoquant des réformes structurelles pour sortir de « l’assistanat » et repenser la dépense publique.

Un bilan contrasté de Macron, entre « réussites » et « échecs »

Si Wauquiez reconnaît certains « succès » attribués à Emmanuel Macron — comme son « courage » face à Donald Trump lors de la crise ukrainienne — il dresse un bilan sévère sur d’autres dossiers. Le député LR pointe notamment les « échecs » sur la sécurité, l’immigration et les finances publiques, qu’il juge insuffisamment maîtrisées.

Cette critique s’adresse aussi aux figures de l’opposition ayant collaboré avec l’exécutif. Wauquiez vise en particulier Édouard Philippe (Horizons), Gabriel Attal (Renaissance) et Bruno Retailleau (LR), tous trois ministres sous Macron. Pour lui, leur participation à ce gouvernement rend leur candidature « peu crédible » auprès des électeurs souhaitant un vrai changement.

« La volonté de changement ne sera pas crédible sans cet inventaire »

Le patron des députés LR insiste sur la nécessité de « réviser notre système social pour sortir de l’assistanat » et de « remettre à plat nos institutions ». Ces propositions s’inscrivent dans une logique de rupture avec la politique menée depuis 2017, perçue comme trop libérale sur certains aspects et trop technocratique sur d’autres.

Dans ses déclarations, Wauquiez va jusqu’à affirmer que « le devoir d’inventaire du macronisme est la condition de toute victoire ». Une formule choc qui vise à rappeler que, selon lui, les Français veulent tourner la page des « dix années qui viennent de s’écouler », marquées par les mandats de François Hollande puis d’Emmanuel Macron.

« Ce devoir d’inventaire est d’autant plus indispensable que les trois principaux candidats ont tous été ses ministres. La volonté de changement ne sera pas crédible sans cet inventaire. »
— Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée nationale

Et maintenant ?

La primaire promise par Wauquiez n’est pas encore officiellement lancée, mais les tensions au sein de la droite et du centre pourraient accélérer les discussions. Bruno Retailleau, autre figure LR, partage d’ailleurs une partie de ces analyses, même s’il mise sur une stratégie différente pour fédérer l’électorat conservateur. La prochaine étape consistera à voir si les candidats déclarés — ou à déclarer — accepteront de s’inscrire dans ce cadre exigeant, ou si les divisions persisteront jusqu’à l’échéance de 2027. Une chose est sûre : pour Wauquiez, le temps presse.

Laurent Wauquiez devrait continuer à porter ce discours lors des prochaines réunions de groupe LR, alors que le parti prépare déjà les échéances électorales intermédiaires. Reste à savoir si ses propositions parviendront à rallier une majorité des parlementaires, ou si elles seront perçues comme trop radicales dans un paysage politique déjà fragmenté.