La députée de L'Après, Clémentine Autain, a appelé ce mardi 5 mai les responsables du Parti socialiste à trancher sans plus tarder sur leur participation à la primaire de la gauche, selon BFM - Politique. Alors que le PS, dirigé par Olivier Faure, affiche un soutien de principe à ce processus, la formation reste divisée en interne, retardant une décision pourtant attendue depuis plusieurs mois.

Ce qu'il faut retenir

  • Clémentine Autain, candidate déclarée à la primaire, a vivement exhorté le Parti socialiste à sortir « de l’immobilisme » lors d’un entretien accordé à Sud Radio ce mardi 5 mai.
  • Olivier Faure, premier secrétaire du PS, est favorable à la primaire, mais ses opposants internes, dont Boris Vallaud, freinent le processus en raison de leur opposition à sa stratégie.
  • Seuls trois candidats ont pour l’instant officialisé leur participation : Clémentine Autain, François Ruffin (LFI) et Marine Tondelier (EELV), tandis que Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann et François Hollande ont choisi une voie alternative.
  • Un meeting des partisans de la primaire est organisé ce mardi 5 mai à Paris, à La Bellevilloise, en présence d’Olivier Faure, Marine Tondelier et François Ruffin.

Une primaire dans l’impasse, faute de consensus au PS

Clémentine Autain a pointé du doigt les tergiversations du Parti socialiste, qualifiant la situation d’« immobilisme » lors de son passage sur Sud Radio ce matin. « On a l’impression d’être empêtrés dans un congrès du PS. Il faut en sortir », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Réveillez-vous ! ». La députée, qui brigue l’investiture de la gauche pour la présidentielle de 2027, a également mis en garde ceux qui seraient tentés de contourner le processus démocratique. « Qu’est-ce que vous croyez ? Que tout seul, vous allez réussir à faire en sorte que nous soyons tous derrière vous sans procédure démocratique ? », a-t-elle lancé, rappelant que cette stratégie ne fonctionnerait pas.

D’après BFM - Politique, Olivier Faure plaide depuis des mois pour l’organisation d’une primaire, mais il se heurte à une opposition interne déterminée. Ses détracteurs, parmi lesquels figure Boris Vallaud – troisième au dernier congrès du PS et figure clé des équilibres internes –, rejettent sa démarche, ce qui paralyse la machine. Sans accord rapide, le calendrier de la primaire, déjà incertain, risque de s’effondrer.

Trois candidats déclarés, mais une gauche fragmentée

À ce jour, seuls trois personnalités ont officiellement annoncé leur candidature à la primaire : Clémentine Autain, François Ruffin et Marine Tondelier. Pourtant, la compétition s’annonce bien plus large. Jean-Luc Mélenchon, qui a fait acte de candidature sans passer par la primaire, reste crédité de plus de 10 % dans plusieurs sondages, selon les dernières estimations disponibles. Raphaël Glucksmann, lui aussi en campagne directe, mise sur son ancrage pro-européen pour séduire un électorat modéré.

Autre figure en embuscade : François Hollande, qui, sans s’engager formellement, a indiqué qu’il « se préparait » pour une éventuelle candidature. Cette multiplication des initiatives en dehors du cadre de la primaire interroge sur la cohésion de la gauche. Clémentine Autain a d’ailleurs balayé l’hypothèse d’une candidature « quoi qu’il arrive », comme le fait François Ruffin. « Je suis candidate pour l’union, pas pour la division », a-t-elle précisé lors de l’interview.

Un meeting parisien pour relancer la dynamique

Pour tenter de relancer le processus, Clémentine Autain participera ce mardi 5 mai à un meeting organisé à La Bellevilloise, à Paris. L’événement réunira plusieurs figures clés de la gauche : Olivier Faure, Marine Tondelier, François Ruffin, ainsi que Lucie Castets, ancienne candidate du Nouveau Front populaire pour Matignon. L’objectif affiché est clair : montrer l’unité derrière le projet de primaire et faire pression sur le PS pour qu’il officialise sa participation.

L’enjeu est de taille. Une primaire réussie permettrait à la gauche de présenter un candidat unique, évitant ainsi une dispersion des voix au premier tour de la présidentielle de 2027. À l’inverse, un échec du processus risquerait d’aggraver les divisions, au profit notamment de Jean-Luc Mélenchon ou d’autres candidats indépendants.

Et maintenant ?

La balle est désormais dans le camp du Parti socialiste. Si aucun compromis n’est trouvé d’ici les prochaines semaines, la primaire pourrait être abandonnée, laissant le champ libre à une multitude de candidatures dispersées. Un scénario qui profiterait probablement au Rassemblement national, toujours en tête des intentions de vote pour 2027 selon les derniers sondages. La réunion de ce soir à Paris pourrait être un tournant, même si les désaccords internes au PS restent profonds.

Dans ce contexte, les prochains jours seront déterminants. Olivier Faure devra soit imposer sa ligne en interne, soit négocier un compromis avec ses opposants. De leur côté, les partisans de la primaire, dont fait partie Clémentine Autain, devront convaincre que leur projet reste viable, malgré les obstacles.

Reste à savoir si la gauche parviendra à surmonter ses divisions avant que le calendrier électoral ne s’emballe. Pour l’heure, l’horloge tourne, et avec elle, les chances d’une candidature unie.

Le PS est divisé entre les partisans d’Olivier Faure, qui défend la primaire, et ses opposants internes, comme Boris Vallaud, qui rejettent cette stratégie. Ces tensions bloquent toute décision rapide, malgré le soutien affiché de Faure au processus.

Sans primaire, la gauche risque de présenter plusieurs candidats au premier tour de la présidentielle, ce qui affaiblirait ses chances de passer au second tour. Cette dispersion pourrait profiter au Rassemblement national, toujours en tête des intentions de vote selon les sondages.