La militante prodémocratie Chow Hang-tung, figure centrale des veillées commémoratives de la répression du 4 juin 1989 à Pékin, a assumé devant la justice hongkongaise les charges retenues contre elle. Lors de sa plaidoirie finale prononcée mardi 19 mai 2026 au tribunal de Hong Kong, elle a réitéré qu’elle « revendiquait pleinement » les actes pour lesquels elle est jugée. RFI rapporte que cette militante, connue pour son engagement en faveur de la démocratie, risque jusqu’à dix ans de prison.
Ce qu'il faut retenir
- Chow Hang-tung, organisatrice des veillées commémoratives du 4 juin 1989, a été jugée le 19 mai 2026 à Hong Kong pour ses activités militantes.
- Elle assume pleinement les actes qui lui sont reprochés et risque dix ans de prison.
- Ses déclarations interviennent dans un contexte de durcissement de la répression contre les opposants politiques à Hong Kong et en Chine continentale.
Une plaidoirie sans concession face à la justice hongkongaise
Devant le tribunal de Hong Kong, Chow Hang-tung a adopté une posture de fermeté en assumant sans réserve les faits qui lui sont imputés. RFI souligne qu’elle a profité de sa dernière intervention pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « pouvoir sans limite » exercé par les autorités chinoises. Cette déclaration s’inscrit dans une logique de résistance face à un système judiciaire perçu comme instrumentalisé pour museler les voix dissidentes. Le procès, qui s’est tenu sur plusieurs jours, a mis en lumière les tensions persistantes entre le gouvernement central de Pékin et les militants pro-démocratie de l’ex-colonie britannique.
Les charges retenues contre Chow Hang-tung concernent principalement son rôle dans l’organisation d’événements commémoratifs du massacre de Tiananmen, interdit depuis plusieurs années par les autorités locales. Ces veillées, autrefois tolérées, sont désormais systématiquement réprimées sous prétexte de « sécurité nationale » ou de « respect de l’ordre public ». La militante, qui avait déjà purgé une peine de prison en 2021 pour des faits similaires, a toujours défendu le caractère pacifique de ses actions.
Hong Kong, un territoire sous haute tension politique
Le cas de Chow Hang-tung illustre la radicalisation des mesures répressives à Hong Kong depuis l’adoption, en 2020, de la loi sur la sécurité nationale. Ce texte, imposé par Pékin, a profondément transformé le paysage politique local en criminalisant toute forme de contestation. RFI rappelle que des dizaines de militants, d’avocats et de journalistes ont été arrêtés ou contraints à l’exil dans le cadre de cette loi. Les veillées du 4 juin étaient jusqu’alors l’un des derniers symboles de résistance collective dans la région, malgré les interdictions répétées.
Les observateurs soulignent que ce procès intervient à un moment où les autorités hongkongaises multiplient les arrestations préventives avant le 1er juillet, date anniversaire du retour de Hong Kong sous souveraineté chinoise en 1997. Cette période est traditionnellement marquée par des mobilisations pro-démocratie, même si celles-ci sont désormais interdites ou sévèrement encadrées.
« Je revendique pleinement les actes pour lesquels je suis jugée, car ils s’inscrivent dans une lutte pour la justice et la démocratie. Ce pouvoir, sans limite ni contrôle, doit être contesté », a déclaré Chow Hang-tung devant le tribunal.
Ce procès s’inscrit dans une dynamique plus large de restriction des libertés à Hong Kong, où l’espace pour la dissidence se réduit comme peau de chagrin. Les prochaines commémorations du 4 juin, si elles devaient avoir lieu, risquent d’être encore plus surveillées, voire interdites. Pour les militants restants, la question n’est plus seulement celle de la survie de leurs activités, mais bien celle de leur capacité à résister dans un environnement judiciaire et politique de plus en plus hostile.