Marseille, ce lundi 18 mai 2026 — Un procès sous haute sécurité s’ouvre aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Marseille. Félix Bingui, alias « Le Chat », chef présumé du clan Yoda, est jugé pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment. Selon BFM - Faits Divers, cette affaire, considérée comme sensible par l’administration pénitentiaire, rassemble 20 prévenus, dont deux sous mandat d’arrêt, jusqu’au 5 juin prochain.

Ce qu'il faut retenir

  • Félix Bingui, alias « Le Chat », est jugé à partir de ce lundi 18 mai 2026 devant le tribunal correctionnel de Marseille pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment.
  • Il est considéré comme le chef présumé du clan Yoda, un réseau marseillais impliqué dans la gestion du point de deal « La Fontaine », actif de 2021 à 2023.
  • Son procès se déroule sous haute sécurité, avec un dispositif policier renforcé à l’intérieur et à l’extérieur du tribunal.
  • Vingt prévenus sont jugés jusqu’au 5 juin 2026, avec des peines encourues pouvant atteindre 10 ans d’emprisonnement, voire 20 ans en cas de récidive.
  • Me Philippe Ohayon, son avocat, conteste la thèse du ministère public, affirmant qu’« il n’y a pas d’éléments démontrant » que Bingui soit le chef du réseau.

Un procès sous haute surveillance à Marseille

Ce procès, qualifié de « sensible » par les autorités judiciaires, se tient dans la plus grande salle du tribunal correctionnel de Marseille. Plusieurs dizaines de policiers sont déployés en renfort, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du bâtiment, afin d’assurer la sécurité des débats. « Il y aura un dispositif de sécurité conséquent et adapté à la sensibilité du procès », a indiqué une source policière à BFM - Faits Divers.

Bien qu’aucune menace spécifique n’ait été signalée, les autorités n’excluent pas le risque d’une éventuelle vendetta envers Félix Bingui. « On ne peut pas écarter le risque d’une réaction violente à son encontre », a précisé une source policière haut placée, soulignant que toutes les précautions seront prises pour garantir le bon déroulement des audiences.

Les charges retenues contre Félix Bingui

Félix Bingui, interpellé au Maroc le 8 mars 2024, a été extradé vers la France en janvier 2025. Il est accusé d’avoir dirigé, de 2021 à 2023, le réseau de stupéfiants « La Fontaine », situé dans la cité de La Paternelle à Marseille. Selon l’accusation, il serait le « chef incontestable » du clan Yoda, dont les affrontements avec la DZ Mafia ont causé la mort de 49 personnes en 2023 dans la ville.

Les faits reprochés incluent également le blanchiment de capitaux et l’association de malfaiteurs. Les peines maximales encourues par les prévenus s’élèvent à 10 ans de prison, voire 20 ans en cas de récidive. Tous restent présumés innocents jusqu’à la fin du procès.

La défense conteste la qualification de « chef du clan Yoda »

Interrogé avant l’ouverture du procès, Me Philippe Ohayon, avocat de Félix Bingui, a fermement rejeté la thèse selon laquelle son client serait le chef du réseau Yoda. « Il n’y a pas d’éléments permettant de démontrer qu’il serait une tête de réseau » a-t-il déclaré à BFM - Faits Divers. Il a ajouté : « J’ai écouté toutes ces sonorisations et objectivement, il n’est pas possible d’en tirer la conclusion qu’il serait une tête de réseau. Le contraste est d’ailleurs saisissant entre cette thèse et la réalité du dossier. »

L’avocat a également réagi au dispositif de sécurité mis en place, estimant que « une fois que l’audience aura démarré, toute cette pression sera oubliée pour ne s’attacher qu’aux preuves et indices ». « Le reste est anecdotique tant que la défense n’est pas entravée », a-t-il conclu.

Un procès attendu pour la lutte contre le narcotrafic à Marseille

Ce procès intervient dans un contexte où Marseille reste un terrain d’affrontements violents entre réseaux criminels. Les autorités estiment que l’affaire Bingui pourrait permettre de démanteler une partie du clan Yoda, considéré comme l’un des plus influents de la ville. Selon BFM - Faits Divers, la justice devra trancher sur son rôle présumé dans l’organisation du trafic de stupéfiants à travers le point de deal « La Fontaine ».

Les débats s’annoncent donc tendus, d’autant que les écoutes téléphoniques et autres éléments à charge jouent un rôle central dans l’accusation. Les avocats de la défense, eux, appellent à une analyse rigoureuse des preuves, excluant toute condamnation basée sur des « slogans » ou des suspicions non étayées.

Et maintenant ?

Les audiences doivent se poursuivre jusqu’au 5 juin 2026. Si Félix Bingui venait à être reconnu coupable, les peines pourraient être lourdes, mais une éventuelle condamnation dépendra de la solidité des preuves présentées par l’accusation. Bref, ce procès pourrait marquer un tournant dans la lutte contre le narcotrafic à Marseille, mais son issue reste incertaine. Une décision devrait être rendue dans les semaines suivant la fin des débats.

En attendant, les autorités maintiennent une vigilance accrue autour du tribunal de Marseille, tandis que les observateurs judiciaires suivent avec attention l’évolution de ce dossier emblématique du crime organisé dans le sud de la France.

Félix Bingui, surnommé « Le Chat », est un homme d’affaires présumé, considéré comme le chef du clan Yoda, un réseau marseillais impliqué dans le trafic de stupéfiants. Il a été interpellé au Maroc en mars 2024, puis extradé vers la France en janvier 2025. Il est jugé à partir du 18 mai 2026 devant le tribunal correctionnel de Marseille pour trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment.

Les peines maximales encourues par les 20 prévenus, dont deux sous mandat d’arrêt, s’élèvent à 10 ans de prison pour les chefs d’accusation principaux. En cas de récidive, les peines peuvent atteindre 20 ans d’emprisonnement. Tous restent présumés innocents jusqu’à la fin du procès.