Pékin, Chine — Des agents de police chinois se sont rendus sur place pour intimider les employés de l’Institut français de Pékin, selon Le Monde. Leur objectif : obtenir l’annulation de séances de projection de films à caractère LGBTQ+, en violation apparente d’un accord culturel liant la France et la Chine.
Ce qu'il faut retenir
- Un accord culturel réciproque prévoyait une liberté de programmation pour les instituts culturels français et chinois à l’étranger.
- Des agents chinois se sont présentés physiquement dans les locaux pour faire pression sur les responsables.
- Les séances annulées concernaient des projections de films à thème LGBTQ+, jugées sensibles par les autorités locales.
- Cette intervention survient malgré les garanties officielles accordées aux institutions culturelles étrangères.
Les faits remontent à la mi-mai 2026, lorsque des responsables de l’Institut français de Pékin ont reçu la visite d’agents en uniforme. Selon les témoignages recueillis par Le Monde, ces derniers ont exigé l’annulation de plusieurs projections prévues dans le cadre d’un cycle cinématographique dédié aux questions de genre et d’identité. « Les agents ont clairement laissé entendre que la tenue de ces événements pourrait avoir des conséquences sur les relations entre la France et la Chine », a précisé un employé sous couvert d’anonymat.
Cet épisode illustre une fois de plus les tensions croissantes autour des questions LGBTQ+ en Chine, où l’homosexualité, bien que dépénalisée en 1997, reste un sujet sensible. Les autorités chinoises n’ont jamais officiellement interdit les films à thème LGBTQ+, mais les projections publiques sont souvent censurées ou annulées sous pression. L’accord culturel franco-chinois de 2019, qui devait garantir une liberté de programmation aux instituts culturels, semble donc avoir été contourné localement.
Contactée par Le Monde, la direction de l’Institut français de Pékin a refusé de confirmer ou d’infirmer les faits, se contentant d’indiquer que « la programmation culturelle respecte les lois locales et les accords en vigueur ». Du côté du Quai d’Orsay, aucune réaction officielle n’a encore été communiquée, bien que le ministère des Affaires étrangères français ait été saisi de l’affaire.
« Ce type d’intervention directe des autorités chinoises dans le fonctionnement d’une institution culturelle étrangère est inédit depuis plusieurs années. »
— Un diplomate français en poste à Pékin
Cette affaire intervient alors que la France s’apprête à accueillir, en septembre 2026, un sommet international sur les droits humains, où la question de la liberté d’expression et de la censure en Chine devrait figurer parmi les sujets de débat. Une éventuelle escalade des tensions pourrait ainsi avoir des répercussions bien au-delà des murs de l’Institut français de Pékin.
La Chine considère les questions LGBTQ+ comme un sujet sensible sur le plan social et politique. Bien que l’homosexualité ne soit plus un délit depuis 1997, les autorités évitent toute promotion publique de ces thèmes, par crainte de remettre en cause les valeurs traditionnelles ou de favoriser des revendications jugées subversives. Cette approche s’inscrit dans une politique plus large de contrôle strict de l’espace public et des médias.