Près d’un jeune Français sur dix déclare avoir déjà consommé du protoxyde d’azote, une substance souvent surnommée « gaz hilarant » en raison de ses effets euphorisants. Ce chiffre, révélé vendredi 19 juin 2026, provient d’un baromètre réalisé par Ipsos à la demande de la Macif et dévoilé par Franceinfo – Santé. L’enquête, menée auprès de 3 500 jeunes âgés de 16 à 30 ans, met en lumière les comportements de consommation de cette substance, ainsi que les risques associés à son usage.
Ce qu'il faut retenir
- 12 % des jeunes de 16 à 30 ans ont déjà consommé du protoxyde d’azote, selon une étude Ipsos pour la Macif publiée le 19 juin 2026.
- Les motivations principales restent récréatives pour 71 % des consommateurs interrogés.
- 43 % des consommateurs réguliers ont déjà conduit après avoir inhalé du protoxyde d’azote, une pratique à haut risque.
- 27 % des consommateurs déclarent avoir eu des pensées suicidaires, et 35 % rapportent des échecs scolaires ou professionnels accrus.
- 85 % des jeunes interrogés se disent favorables à un durcissement de la législation sur le protoxyde d’azote.
- L’alcool reste la substance la plus consommée par les jeunes, mais son usage régulier est en baisse.
Une consommation majoritairement récréative, mais aux conséquences graves
D’après l’étude Ipsos, la consommation de protoxyde d’azote chez les jeunes répond avant tout à des motivations récréatives pour 71 % des personnes interrogées. « Ils prennent du protoxyde d’azote en premier lieu pour s’amuser, pour déstresser ou pour se sentir bien », précise le rapport. Pourtant, les conséquences de cet usage dépassent largement le cadre du divertissement. Plus de la moitié des consommateurs réguliers (51 %) déclarent avoir déjà consommé seul, un comportement particulièrement risqué en termes de santé mentale et physique.
Les chiffres sont encore plus préoccupants en matière de sécurité routière : 43 % des consommateurs réguliers ont déjà pris le volant, pédalé ou conduit une trottinette après avoir inhalé du « gaz hilarant ». Une pratique qui multiplie les risques d’accidents, d’autant que 25 % des consommateurs réguliers admettent avoir déjà eu un accident de la route sous l’emprise de cette substance. « Il y a une véritable perte de contrôle avec ce produit », a souligné Marie-Pierre Janvrin, responsable de la prévention à la Macif, lors de son intervention sur France Inter.
Des effets psychologiques et sociaux dévastateurs
Les conséquences de la consommation de protoxyde d’azote ne se limitent pas aux accidents ou à la sécurité routière. L’étude révèle que 50 % des consommateurs déclarent avoir déjà perdu le contrôle de leurs actes après en avoir inhalé. Pire encore, 33 % rapportent des expériences négatives, allant de malaises physiques à des crises d’angoisse. Les répercussions sur la vie quotidienne sont également significatives : 35 % des consommateurs évoquent des épisodes d’échecs scolaires ou professionnels plus fréquents, tandis que 27 % admettent avoir eu des pensées suicidaires.
« La consommation de protoxyde d’azote ne doit pas être banalisée », rappelle Marie-Pierre Janvrin. Pourtant, malgré ces chiffres alarmants, une partie des jeunes minimise encore les dangers. Ainsi, 32 % des consommateurs estiment qu’une consommation occasionnelle ne présente aucun risque. Un optimisme dangereux, alors que cette substance peut entraîner des pertes de connaissance, des asphyxies ou des lésions cérébrales en cas d’usage répété.
Une méconnaissance des risques malgré une prise de conscience globale
L’étude Ipsos souligne paradoxalement que 80 % des jeunes savent que le protoxyde d’azote peut altérer leur capacité à conduire. Pourtant, cette connaissance ne suffit pas à les dissuader. « Les jeunes sont majoritairement conscients des risques liés à cette substance, mais ils tendent à en minimiser l’ampleur », explique Marie-Pierre Janvrin. Cette méconnaissance partielle s’explique en partie par le manque d’informations accessibles sur les dangers réels du protoxyde d’azote, dont les effets peuvent varier selon la dose et le contexte d’utilisation.
Face à ce constat, une majorité des jeunes interrogés (85 %) se disent favorables à un durcissement de la législation. Cette position rejoint les appels répétés des autorités sanitaires et des associations de prévention, qui réclament depuis plusieurs mois un encadrement plus strict de la vente et de la détention de cette substance. En 2025, plusieurs saisies de bonbonnes de protoxyde d’azote ont mis en lumière les difficultés judiciaires liées à la répression de son usage, avec des coûts de justice estimés à plusieurs millions d’euros.
L’alcool et le tabac restent les substances les plus consommées
Malgré l’attention portée au protoxyde d’azote, l’alcool conserve sa place de substance la plus consommée chez les jeunes. Cependant, l’étude Ipsos révèle une tendance encourageante : le nombre de consommateurs réguliers d’alcool est en baisse. Le tabac arrive en deuxième position, suivi du cannabis, dont la consommation régulière semble stable. « Ces résultats montrent que les politiques de prévention commencent à porter leurs fruits, notamment pour l’alcool », commente un expert interrogé par Franceinfo – Santé.
Le baromètre Ipsos a été réalisé en ligne entre le 23 avril et le 15 mai 2026 auprès de 3 500 jeunes âgés de 16 à 30 ans. L’échantillon, représentatif de la population française de cette tranche d’âge, permet d’évaluer avec précision les tendances de consommation et les perceptions des risques chez les jeunes adultes.
Reste à voir si ces mesures seront suffisantes pour inverser la tendance. En attendant, les jeunes consommateurs semblent pris entre une curiosité récréative et une prise de conscience grandissante des risques encourus. Une équation difficile à résoudre, alors que le protoxyde d’azote continue de circuler librement sur le marché, souvent à des prix accessibles.
Selon l’étude Ipsos pour la Macif, les motivations principales sont récréatives (71 % des cas), liées à la recherche de sensations, de déstressage ou de bien-être. Son accessibilité et son prix abordable en font également une substance attractive pour les jeunes adultes.
Les risques incluent des pertes de connaissance, des asphyxies, des lésions cérébrales, des troubles psychiatriques (anxiété, dépression), et des accidents liés à la perte de contrôle (chutes, accidents de la route). Une consommation régulière peut également entraîner une dépendance psychologique.