La compagnie australienne Qantas a enfin fixé une date pour l’ouverture commerciale de sa liaison Sydney-Londres sans escale, selon Le Figaro. Le premier vol du projet « Project Sunrise » décollera en octobre 2027, marquant une étape majeure dans l’histoire de l’aviation long-courrier. Cette annonce, initialement prévue pour fin 2025, avait été reportée en raison de la pandémie et des perturbations des chaînes d’approvisionnement.

Ce qu'il faut retenir

  • Le vol Sydney-Londres sans escale de Qantas entrera en service en octobre 2027, avec une durée de vol comprise entre 19 et 21 heures.
  • La compagnie utilisera une version modifiée de l’Airbus A350-1000ULR, capable de voler jusqu’à 22 heures.
  • Les billets pour cette liaison seront mis en vente dès février 2026.
  • Le tarif prévu pour un aller-retour en classe économie est estimé entre 3 500 et 4 000 euros, soit 20 % plus cher qu’un vol avec escale.
  • L’appareil, doté d’une capacité de 238 passagers, comportera une zone de bien-être et un éclairage adapté pour limiter les effets du décalage horaire.

Un projet annoncé en 2022, retardé par la crise sanitaire

Dès 2022, Qantas avait annoncé son ambition de relier Sydney à Londres et New York sans escale, un défi technique et logistique de taille. Selon Le Figaro, la mise en service de cette liaison avait été initialement prévue pour la fin 2025. Cependant, la pandémie de Covid-19 et les difficultés d’approvisionnement en matériaux ont contraint la compagnie à repousser ce calendrier. Vanessa Hudson, directrice générale de Qantas, a confirmé cette date lors d’une conférence de presse organisée ce 17 juin 2026 à Toulouse, en présence des équipes d’Airbus.

Pour l’heure, Londres sera la première destination desservie par ce vol record, avant New York. La décision d’inaugurer cette ligne avec la capitale britannique s’explique par une demande plus forte sur cet axe, mais aussi par des considérations logistiques. La compagnie a choisi de miser sur l’attractivité de ce trajet pour séduire une clientèle prête à payer un premium pour gagner du temps.

Un gain de temps significatif, mais au prix d’une expérience exigeante

Avec une durée de vol comprise entre 19 et 21 heures, selon les conditions météorologiques et les trajectoires empruntées, le Sydney-Londres sans escale réduira le temps de trajet de près de quatre heures par rapport aux liaisons actuelles, qui nécessitent une escale à Singapour. Pour y parvenir, Qantas prévoit de suivre des routes polaires pendant l’hiver dans l’hémisphère Nord, une stratégie déjà testée lors de vols d’essai.

Autant dire que le défi ne réside pas uniquement dans la performance de l’appareil. Vingt heures dans un avion, c’est une journée entière, et la compagnie devra convaincre les voyageurs que cette option est préférable à une pause dans un aéroport asiatique. Pour répondre à cette exigence, Qantas a repensé l’aménagement de ses cabines et intégré des innovations pour atténuer les effets d’un vol aussi long sur le corps humain.

Des innovations techniques et humaines pour un vol hors norme

Le nouvel Airbus A350-1000ULR, spécialement modifié pour ce projet, dispose d’un réservoir de carburant supplémentaire lui permettant de voler jusqu’à 22 heures. Douze appareils de ce type ont été commandés par Qantas, dont le premier a déjà entamé ses essais en vol depuis début juin à Toulouse. La livraison du premier exemplaire commercial est prévue pour avril 2027, soit six mois avant le lancement commercial.

Côté configuration, l’avion ne comptera que 238 passagers, une densité très faible pour un appareil de cette taille. La répartition des sièges reflète une priorité donnée aux classes premium : six suites en Première classe, 52 sièges en Affaires, 40 en Premium Economy et 140 en Économique. Plus de 40 % de la capacité sera ainsi réservée aux voyageurs prêts à investir dans un confort accru.

Un vol conçu pour limiter les effets du décalage horaire

Dès 2019, Qantas avait mené des recherches pour étudier l’impact d’un vol aussi long sur l’organisme. Un essai avec 50 passagers en classe affaires avait été organisé sur un trajet Londres-Sydney de 19 heures et 19 minutes. Les scientifiques à bord, dont une chercheuse de l’université de Sydney, avaient mesuré les effets de la déshydratation, de l’immobilité prolongée et du dérèglement de l’horloge biologique.

Pour y remédier, le nouvel A350-1000ULR intégrera une zone de bien-être accessible à tous les passagers, où il sera possible de s’étirer ou de se restaurer. L’éclairage de la cabine sera ajusté selon douze scénarios pour accompagner le rythme circadien, un dispositif conçu pour atténuer les effets du décalage horaire. Un détail qui prend tout son sens lorsque l’on sait qu’un même vol peut inclure deux petits déjeuners servis à quelques heures d’intervalle.

Un modèle économique basé sur le premium

Qantas mise sur un positionnement haut de gamme pour rentabiliser ce projet ambitieux. Les tarifs, encore non officiellement communiqués, devraient être environ 20 % plus élevés que ceux des vols avec escale, soit un aller-retour en classe économie estimé entre 3 500 et 4 000 euros. La compagnie table sur une augmentation de ses résultats annuels de plus de 400 millions de dollars australiens à terme, grâce à cette nouvelle offre.

Cette stratégie n’est pas nouvelle pour Qantas, qui avait déjà testé l’ultra-long-courrier avec l’inauguration du Paris-Perth en juillet 2024. Ce vol, d’une durée de 16 heures et 30 minutes, était alors devenu la plus longue liaison directe au départ de la capitale française. Le Sydney-Londres viendra donc détrôner ce record en ajoutant au moins deux heures et demie de vol.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour Qantas consistent à finaliser la préparation opérationnelle de ce vol historique. Les billets pour la première liaison Sydney-Londres seront mis en vente dès février 2026, ce qui laisse près de deux ans aux voyageurs pour planifier leur voyage. D’ici là, la compagnie devra également finaliser la configuration des cabines et former ses équipes aux spécificités de ce trajet hors norme. Reste à voir si ce pari technique et commercial séduira une clientèle suffisamment nombreuse pour en faire un succès.

Cette avancée s’inscrit dans une tendance de fond du secteur aérien, qui voit les compagnies multiplier les liaisons ultra-long-courriers pour capter une clientèle prête à payer pour le gain de temps. Airbus, partenaire de Qantas sur ce projet, mise sur ce créneau avec des appareils toujours plus performants et adaptés aux besoins des voyageurs d’affaires et des touristes exigeants.

Les principaux défis pour Qantas sont d’ordre technique, logistique et humain. Techniquement, l’avion doit être capable de voler jusqu’à 22 heures sans escale, ce qui nécessite des réservoirs de carburant supplémentaires et une optimisation des trajectoires. Logistiquement, la compagnie doit s’assurer que les aéroports de Sydney et Londres peuvent accueillir ces vols, avec des créneaux adaptés. Enfin, humainement, il faut convaincre les passagers de la pertinence d’un vol aussi long, alors qu’une escale offre une pause naturelle.

Le choix de Londres comme destination inaugurale s’explique par une demande plus forte sur cet axe et des considérations logistiques. La compagnie a estimé que la clientèle était plus nombreuse et prête à payer pour gagner du temps sur cette liaison. New York sera desservie dans un second temps, une fois le modèle rodé sur le trajet Sydney-Londres.