Près de 96 % des sites de baignade européens respectent les normes minimales de qualité de l’eau, selon le dernier rapport 2025 sur les eaux de baignade publié par Euronews FR. Un bilan globalement positif, marqué par une légère dégradation des eaux intérieures par rapport aux zones côtières.

Ce qu'il faut retenir

  • En 2025, 96 % des sites européens contrôlés respectent les normes de qualité de l’UE en matière d’eaux de baignade.
  • Seuls 1,5 % des sites sont classés « médiocres », contre 96 % jugés « excellents » ou « bons ».
  • Les eaux côtières affichent une meilleure qualité que les eaux intérieures : 88 % sont classées « excellentes » contre 78 % pour les lacs et rivières.
  • Chypre arrive en tête avec 100 % de ses sites classés « excellents », suivi de la Grèce (97,1 %) et de la Bulgarie (96,9 %).
  • En revanche, 11 % des eaux intérieures espagnoles sont classées de mauvaise qualité, le pire score d’Europe.
  • Les rivières restent les plus problématiques, avec seulement 47 % de sites classés « excellents » en 2025.

Les eaux européennes se distinguent par une qualité globalement satisfaisante, mais des disparités persistent entre les pays et entre les types de masses d’eau. Euronews FR révèle que 96 % des sites analysés dans l’Union européenne respectent les seuils fixés par la réglementation européenne, un chiffre stable depuis plusieurs années. Seuls 1,5 % des sites ont été jugés « médiocres », tandis que 96 % sont classés « excellents » ou « bons ».

Cette bonne santé globale s’explique en partie par les efforts menés ces dernières décennies en matière de traitement des eaux usées et de réduction des pollutions industrielles. Pourtant, des différences majeures subsistent entre les zones côtières, les lacs et les rivières, comme le souligne le rapport de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), cité par Euronews FR.

Des eaux côtières globalement meilleures que les eaux intérieures

Les eaux de baignade côtières affichent une qualité supérieure à celle des eaux intérieures. Selon le rapport, 88 % des sites côtiers de l’UE sont classés « excellents », contre 78 % pour les lacs et rivières. Cette disparité s’explique notamment par la sensibilité accrue des eaux intérieures, souvent de petite taille et à faible débit, aux épisodes de pollution ponctuelle. « Les épisodes de fortes pluies ou de sécheresse, fréquents en été, peuvent entraîner une dégradation rapide de la qualité de l’eau dans ces milieux », explique un porte-parole de l’AEE dans les colonnes d’Euronews FR.

La qualité des eaux est évaluée à partir de deux indicateurs clés : les concentrations en E. coli et en entérocoques intestinaux, des bactéries dont la présence signale une contamination fécale. Une exposition prolongée à une eau polluée peut provoquer des troubles gastro-intestinaux, des infections ORL ou cutanées, rappelle l’AEE. Ces risques sanitaires, bien que rares, justifient une surveillance régulière des sites de baignade.

Chypre, la Grèce et la Bulgarie en tête du classement

Parmi les 30 pays européens étudiés, Chypre se distingue avec un score parfait : 100 % de ses sites de baignade sont classés « excellents ». La Grèce (97,1 %) et la Bulgarie (96,9 %) complètent le podium. L’Autriche, avec 96,5 % de sites classés « excellents », se hisse à la quatrième place, devant la Lituanie et la Slovénie, dont les eaux côtières sont d’excellente qualité malgré des lacs et rivières moins bien notés.

Côté eaux intérieures, l’Autriche et la Finlande dominent le classement, avec respectivement 95 % et 94,3 % de sites jugés « excellents ». Le Danemark (94,3 %), le Luxembourg (94,1 %) et l’Allemagne (91,5 %) complètent le top 5. « Ces résultats reflètent les efforts constants menés par ces pays pour préserver la qualité de leurs masses d’eau, notamment grâce à des politiques de protection des bassins versants et à un traitement rigoureux des eaux usées », analyse un expert en hydrologie cité par Euronews FR.

L’Espagne et l’Albanie en queue de classement

En bas de tableau, l’Albanie affiche le pire score d’Europe, avec seulement 16,8 % de ses sites classés « excellents ». Parmi les pays de l’UE, l’Estonie (56,9 %), la Pologne (58,7 %), la Hongrie (64 %) et la Belgique (67,9 %) présentent également des taux d’excellence inférieurs à 70 %. « Ces écarts s’expliquent souvent par des infrastructures insuffisantes en matière d’assainissement ou par une urbanisation mal maîtrisée », commente un représentant de la Commission européenne.

Si l’on se concentre uniquement sur les eaux intérieures, l’Espagne affiche le bilan le plus inquiétant : 11 % de ses rivières et lacs sont classés de mauvaise qualité, et seulement 53,1 % sont jugés « excellents ». La Slovénie, le Portugal et la Croatie figurent également parmi les pays les moins bien notés pour leurs eaux de baignade en rivière. « Les cours d’eau espagnols, souvent sujets à des étiages sévères et à une forte pression agricole, subissent des pollutions récurrentes par les nitrates et les pesticides », détaille un rapport de l’AEE relayé par Euronews FR.

Les rivières, un défi persistant pour l’Europe

Les rivières restent le parent pauvre des eaux de baignade européennes. En 2025, seulement 47 % des quelque 1 200 sites désignés en Europe ont atteint une qualité « excellente ». Les causes de cette dégradation sont multiples : urbanisation rapide, rejets d’eaux usées non traitées, ruissellement agricole et apports fécaux liés à la faune ou au bétail en accès libre aux berges. « Les épisodes de pollution après de fortes pluies sont particulièrement préoccupants, car ils entraînent des déversements d’eaux usées mixtes dans les cours d’eau », souligne un hydrologue interrogé par Euronews FR.

Malgré ces défis, des progrès notables sont enregistrés. Grâce aux directives européennes sur l’eau, comme la directive-cadre sur l’eau, adoptée en 2000, de nombreux fleuves européens voient leur qualité s’améliorer lentement. « Dans plusieurs villes, la baignade en rivière est désormais possible, là où elle était interdite il y a quelques décennies », rappelle l’AEE. En France, par exemple, des sites comme la Seine à Paris ou la Loire à Orléans ont bénéficié d’investissements massifs pour réduire les rejets polluants.

Et maintenant ?

Le rapport 2025 marque une étape supplémentaire dans l’amélioration de la qualité des eaux de baignade en Europe, mais des défis majeurs subsistent, notamment pour les rivières. La Commission européenne devrait publier d’ici fin 2026 une évaluation intermédiaire de la mise en œuvre de la directive-cadre sur l’eau, qui pourrait conduire à un renforcement des normes pour certains polluants. Par ailleurs, plusieurs pays, dont l’Espagne et la France, ont annoncé des plans d’investissement pour moderniser leurs infrastructures d’assainissement d’ici 2030. Reste à voir si ces mesures suffiront à combler les écarts persistants entre les pays.

La question de la pollution agricole, notamment par les nitrates, devrait également rester au cœur des débats. La Commission européenne pourrait proposer d’ici 2027 de nouvelles restrictions sur l’usage des engrais dans les zones les plus vulnérables, une mesure qui fait déjà débat parmi les États membres.

La qualité des eaux de baignade en Europe est évaluée selon deux indicateurs principaux : les concentrations en E. coli et en entérocoques intestinaux. Ces bactéries, dont la présence signale une contamination fécale, sont mesurées lors de prélèvements réguliers. Quatre niveaux de qualité sont définis : « excellente », « bonne », « suffisante » ou « médiocre ». Seuls les sites classés « excellents » ou « bons » respectent pleinement les normes de l’UE.