Quatorze ans après le massacre de Zogota, dans le sud-est de la Guinée, les victimes et leurs familles attendent toujours justice. Selon Libération, le gouvernement guinéen, condamné en 2020 par la Cour de justice de la Cédéao pour son rôle dans ce drame, n’a toujours pas versé les réparations financières prévues. Des organisations non gouvernementales (ONG) se sont présentées lundi devant le tribunal de Paris pour demander l’exécution de ce jugement. La décision de justice est attendue pour le 8 juillet.

Ce qu'il faut retenir

  • Le gouvernement guinéen a été condamné en 2020 par la Cour de justice de la Cédéao pour sa responsabilité dans le massacre de Zogota.
  • Les réparations financières n’ont toujours pas été versées aux familles des victimes, malgré cette condamnation.
  • Des ONG ont saisi le tribunal de Paris pour faire exécuter le jugement rendu par la Cédéao.
  • La décision du tribunal français est attendue pour le 8 juillet 2026.
  • Le massacre de Zogota, survenu en 2012, avait causé la mort de plusieurs habitants de la région.

Un massacre oublié, une condamnation toujours en suspens

Le drame de Zogota, survenu en 2012 dans le sud-est de la Guinée, reste un épisode douloureux de l’histoire récente du pays. Selon les rapports, les forces de sécurité guinéennes avaient alors ouvert le feu sur des habitants, faisant plusieurs morts. Ce massacre avait suscité une vive émotion internationale, poussant la Cédéao à se saisir de l’affaire.

En 2020, la Cour de justice de la Cédéao avait finalement reconnu la responsabilité de l’État guinéen dans ce drame. Elle avait ordonné le versement de réparations aux familles des victimes, ainsi qu’à la communauté locale. Pourtant, plus de six ans après cette condamnation, rien n’a été fait. Les ONG, déterminées à obtenir gain de cause, ont donc saisi la justice française pour forcer l’exécution de cette décision.

La justice française appelée à trancher

C’est devant le tribunal de Paris que les représentants des victimes et les ONG ont plaidé leur cause lundi dernier. Leur objectif : obtenir que la condamnation de l’État guinéen soit appliquée, malgré son inaction. Selon les avocats des plaignants, la France, en tant que puissance ayant un lien historique avec la Guinée, pourrait jouer un rôle clé dans l’exécution de cette décision.

« Nous demandons au tribunal de reconnaître que la Guinée n’a pas respecté ses obligations internationales », a déclaré l’un des avocats, cité par Libération. « Ces réparations sont vitales pour les familles, qui n’ont toujours pas obtenu justice. » La décision du tribunal est attendue pour le 8 juillet, une date qui pourrait marquer un tournant dans cette affaire.

Un enjeu de justice et de mémoire

Le cas de Zogota illustre les difficultés rencontrées par les victimes de violences étatiques en Afrique de l’Ouest pour obtenir réparation. Malgré les condamnations internationales, l’impunité persiste souvent, faute de volonté politique ou de moyens pour faire appliquer les décisions. Pour les familles des victimes, cette attente est devenue une véritable épreuve.

« Depuis quatorze ans, nous attendons une réponse », a témoigné un représentant des victimes. « Chaque jour sans justice est une souffrance supplémentaire. » La pression sur les autorités guinéennes et sur la justice française s’intensifie, d’autant que l’affaire pourrait avoir des répercussions bien au-delà des frontières guinéennes.

Et maintenant ?

La décision du tribunal de Paris, attendue pour le 8 juillet, pourrait ouvrir la voie à une exécution forcée de la condamnation de la Cédéao. Si les juges français donnent raison aux ONG, cela pourrait contraindre la Guinée à verser les réparations. Une victoire symbolique, mais aussi un signal fort contre l’impunité des États. Reste à savoir si cette pression judiciaire suffira à briser le silence des autorités guinéennes.

Pour les familles, cette issue reste incertaine. « Nous espérons que la justice prévaudra, mais nous savons que le chemin sera long », confie une victime. Une chose est sûre : l’affaire de Zogota ne sera pas oubliée de sitôt.

La Guinée ayant été condamnée par la Cour de justice de la Cédéao, les ONG estiment que la France, en raison de ses liens historiques avec le pays, peut jouer un rôle dans l’exécution de cette décision. Elles ont donc saisi le tribunal de Paris pour faire appliquer le jugement.