Alors que le délai pour finaliser les négociations exclusives autour du rachat de SFR doit théoriquement s’achever le 15 mai, Bouygues Telecom a confirmé hier que les discussions étaient toujours en cours. Selon BFM Business, le groupe dirigé par Stéphane Richard maintient une position ferme sur les garanties à obtenir du vendeur, Altice France.
Stéphane Stoll, directeur général adjoint et directeur financier de Bouygues, a évoqué « une opération complexe, très longue, qui nécessite un niveau de détails important ». Il a précisé, lors de la présentation des résultats trimestriels du groupe, que « les négociations se poursuivent activement ». Cette déclaration intervient au lendemain d’un article du quotidien Les Echos laissant entendre que le délai ne serait pas respecté. « Dans ce type de transaction, le diable est dans les détails. Il faut discuter pied à pied sur un ensemble de sujets, notamment les garanties données par le vendeur », a-t-il souligné.
Ce qu'il faut retenir
- Le délai pour finaliser les négociations exclusives sur le rachat de SFR par Bouygues Telecom, Orange et Iliad expire le 15 mai 2026.
- Un accord préliminaire prévoit un prix d’acquisition de 20,35 milliards d’euros pour SFR, réparti entre les trois opérateurs.
- Les discussions portent notamment sur les garanties à obtenir d’Altice France, maison mère de SFR, selon Stéphane Stoll.
- Les autorités de concurrence française et européenne devront valider l’opération après un accord éventuel.
- Bouygues Telecom a enregistré une perte nette de 13 millions d’euros au premier trimestre, contre 5 millions un an plus tôt.
Un accord préliminaire déjà signé, mais non définitif
Depuis mi-avril, Bouygues Telecom, Orange et Iliad (Free) mènent des négociations exclusives avec Altice France pour le rachat de SFR. Un accord initial a été annoncé le 15 avril, fixant le prix d’acquisition à 20,35 milliards d’euros et détaillant la répartition de la valeur des actifs entre les trois acheteurs. Cependant, cet accord ne constitue pas encore un engagement définitif.
Selon Stéphane Stoll, les trois opérateurs doivent encore s’entendre sur « des sujets sensibles, en particulier les garanties que le vendeur devra fournir ». Ces discussions, décrites comme « très longues et complexes », s’inscrivent dans un processus classique pour ce type de transaction. « Chaque partie fait durement valoir ses droits », a-t-il rappelé.
Les autorités de concurrence devront valider l’opération
Une fois un accord finalisé, l’opération devra être soumise à l’examen des autorités de concurrence, tant en France qu’au niveau européen. « Les autorités françaises et européennes doivent encore décider laquelle instruira le dossier », a indiqué Stéphane Stoll. « Nous espérons obtenir des éclairages prochainement. »
Cette étape sera cruciale, car elle déterminera si l’acquisition de SFR par les trois opérateurs respecte les règles antitrust. En cas de validation, les trois groupes devront alors finaliser les modalités techniques et financières de la transaction.
Bouygues Telecom affiche une perte nette en hausse au premier trimestre
Alors que les négociations battent leur plein, Bouygues Telecom a publié ses résultats financiers pour le premier trimestre 2026. La filiale du groupe Bouygues a enregistré une perte nette de 13 millions d’euros, contre 5 millions d’euros sur la même période en 2025. Malgré cette dégradation, le groupe affiche une progression de ses ventes de 2%, atteignant 2 milliards d’euros.
Côté rentabilité, la contribution de Bouygues Telecom à l’excédent brut d’exploitation après loyer (Ebitdaal) du groupe reste stable, à 415 millions d’euros. Pour l’ensemble de l’année 2026, Bouygues a confirmé ses objectifs, visant un Ebitdaal « proche » de celui de 2025.
Cette opération s’inscrit dans un contexte de consolidation du secteur des télécommunications en France, où les acteurs cherchent à renforcer leur position face à la concurrence internationale. L’issue de ce rachat pourrait ainsi redessiner le paysage des opérateurs mobiles et fixes en France.
Si un accord est finalisé, les trois opérateurs (Bouygues Telecom, Orange et Iliad) devront soumettre l’opération aux autorités de concurrence française et européenne pour validation. Cette étape pourrait prendre plusieurs mois avant une décision finale.
Les garanties demandées par les acheteurs concernent notamment la stabilité des actifs de SFR et les engagements financiers d’Altice France. Ces garanties sont essentielles pour sécuriser l’investissement et éviter des risques juridiques ou financiers après la transaction.