Avec plus de 130 morts enregistrés depuis le début de l'épidémie en République démocratique du Congo (RDC), la ville de Goma, dans l'est du pays, est désormais coupée du monde. Le premier cas déclaré dans cette agglomération de près de deux millions d'habitants — annoncé dimanche 17 mai 2026 — a déclenché une alerte internationale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon Franceinfo - Santé, la situation sanitaire y est d'autant plus préoccupante que Goma est contrôlée par la rébellion du M23, en conflit ouvert avec le gouvernement de Kinshasa.

Ce qu'il faut retenir

  • L'épidémie d'Ebola a causé plus de 130 morts en RDC depuis son apparition.
  • Goma, ville de près de deux millions d'habitants, enregistre son premier cas d'Ebola le 17 mai 2026.
  • La ville est enclavée en raison de la fermeture de son aéroport et de la frontière avec le Rwanda.
  • L'OMS a déclaré une alerte internationale en raison de la vitesse de propagation du virus.
  • Un variant hautement mortel circule dans la région, aggravant les craintes.

Une ville sous contrôle et un accès humanitaire menacé

Goma, principal carrefour commercial de l'est de la RDC, est désormais inaccessible. Son aéroport international est fermé, tout comme la frontière avec le Rwanda. Cette situation isole la population et complique l'acheminement de l'aide médicale et humanitaire. « Il y a ce sentiment, chez la population, d'être coupée du monde », explique Fidèle Kitsa, journaliste indépendant basé à Goma. « Ils se demandent comment la riposte sanitaire va pouvoir se mettre en place dans ces conditions. »

Pour Lucie, une travailleuse sociale interrogée par Franceinfo - Santé, l'enjeu est de taille : « S'il n'y a pas d'accès pour l'aide humanitaire, et que la maladie se propage à une telle ampleur, qu'est-ce qui peut arriver ? C'est la catastrophe. » Les habitants, déjà en proie à l'inquiétude, évitent désormais les rassemblements et ont adopté le lavage des mains comme réflexe quotidien. Certains préfèrent rester confinés chez eux plutôt que de se déplacer.

Un contexte sanitaire et sécuritaire explosif

L'épidémie d'Ebola frappe une région déjà fragilisée par les mouvements de population liés aux conflits armés et à l'instabilité chronique. Le virus, responsable d'une fièvre hémorragique extrêmement meurtrière, se propage rapidement dans un environnement où les déplacements sont fréquents. Les autorités sanitaires locales redoutent une flambée des contaminations à Goma, où la rébellion du M23 impose un contrôle strict des accès. « La guerre et les mouvements de population favorisent la propagation du virus », souligne un épidémiologiste cité par Franceinfo - Santé.

Le variant en circulation dans l'est de la RDC est considéré comme particulièrement dangereux. Bien que les experts estiment qu'une pandémie généralisée reste peu probable — Ebola étant moins contagieux que le Covid-19 ou la rougeole —, la situation nécessite une réponse urgente. Depuis cinquante ans, le virus a déjà causé la mort de plus de 15 000 personnes en Afrique, rappellent les spécialistes.

L'OMS en alerte maximale

L'annonce de l'alerte internationale par l'OMS, le 17 mai 2026, reflète l'urgence de la situation. L'organisation craint que la propagation du virus à Goma, ville densément peuplée et stratégique, ne déclenche une crise sanitaire de grande ampleur. « La vitesse de propagation et l'ampleur de l'épidémie justifient cette alerte », a déclaré un porte-parole de l'OMS à Franceinfo - Santé. Pour l'instant, les experts excluent le scénario d'une pandémie mondiale, mais la prudence s'impose.

Par ailleurs, la fermeture des frontières et la fermeture de l'aéroport compliquent la coordination des équipes médicales. Les ONG présentes sur place appellent à une levée des restrictions pour permettre l'arrivée rapide de matériel et de personnel soignant. « Sans accès, la lutte contre Ebola devient impossible », avertit un responsable d'une organisation humanitaire.

« Le risque de diffusion du virus Ebola à Mayotte est très faible. »
Éric d'Ortenzio, épidémiologiste, cité par Franceinfo - Santé

Et maintenant ?

Les prochaines 72 heures seront déterminantes pour évaluer l'évolution de la situation à Goma. Les autorités congolaises, en collaboration avec l'OMS, doivent trouver une solution pour rétablir un corridor humanitaire sans compromettre la sécurité des équipes médicales. Une réunion d'urgence est prévue le 22 mai 2026 à Kinshasa pour discuter des modalités d'intervention. Dans l'immédiat, la priorité reste la localisation des cas contacts et la distribution massive de kits de protection.

La communauté internationale observe la situation avec attention. Si le virus devait s'échapper de Goma, les conséquences pourraient dépasser les frontières de la RDC. Pour l'heure, les habitants de la ville, pris en étau entre la maladie et l'isolement, attendent des réponses concrètes. La question n'est plus de savoir si une catastrophe sanitaire va frapper Goma, mais quand — et dans quelle mesure — la riposte internationale pourra éviter le pire.