Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, s’apprête à promulguer une loi électorale qui pourrait lui ouvrir la voie à un troisième mandat en 2028. Cette initiative, perçue comme une manœuvre pour contourner la limitation des mandats, a déjà suscité une vague de contestation dans la capitale, Kinshasa. Vendredi 12 juin 2026, deux manifestants ont trouvé la mort lors d’un sit-in devant l’Assemblée nationale, selon Le Monde.
Ce qu'il faut retenir
- Félix Tshisekedi s’apprête à promulguer une loi électorale permettant un troisième mandat en 2028.
- Deux manifestants sont morts lors d’un sit-in à Kinshasa le 12 juin 2026.
- La contestation s’organise contre une possible modification de la Constitution.
- La loi doit encore être promulguée, mais son adoption par le Parlement a déjà cristallisé les tensions.
Une réforme électorale controversée
Le projet de loi en question vise à adapter le code électoral congolais, notamment en ce qui concerne les conditions d’éligibilité à la présidence. Selon Le Monde, cette réforme pourrait permettre à Félix Tshisekedi de se représenter en 2028, alors que la Constitution actuelle limite à deux le nombre de mandats présidentiels. L’Assemblée nationale, à majorité présidentielle, a déjà adopté le texte en première lecture, une étape clé avant sa promulgation par le chef de l’État. — Cette initiative intervient dans un contexte politique déjà tendu, où les oppositions dénoncent une dérive autoritaire.
Les autorités justifient cette réforme par la nécessité de moderniser le cadre électoral, mais les critiques y voient une stratégie pour pérenniser le pouvoir. À Kinshasa, la capitale, les tensions montent depuis plusieurs semaines, portées par des organisations de la société civile et des partis politiques d’opposition. — Pour l’instant, le gouvernement n’a pas communiqué officiellement sur le calendrier précis de promulgation de la loi.
Deux morts lors d’un sit-in à Kinshasa
La colère de la rue s’est matérialisée vendredi dernier, lorsque des centaines de manifestants se sont rassemblés devant le siège du Parlement à Kinshasa. Leur objectif : protester contre l’adoption de la loi électorale et exiger le respect de la Constitution. Les forces de l’ordre ont dispersé le rassemblement, provoquant des affrontements violents. Deux personnes ont été tuées, selon des sources locales citées par Le Monde. — Les circonstances exactes des décès restent floues, mais des témoins évoquent des tirs à balles réelles.
Les autorités congolaises n’ont pas encore réagi officiellement à ces événements. Cependant, des organisations de défense des droits de l’homme, comme la Ligue des droits de l’homme (LDH), ont dénoncé un usage excessif de la force par les forces de l’ordre. — Des arrestations ont également été signalées parmi les manifestants, bien que leur nombre n’ait pas été précisé.
Un climat politique sous haute tension
La situation en RDC reste marquée par une polarisation croissante entre le pouvoir et l’opposition. Félix Tshisekedi, en poste depuis 2019, a déjà modifié la Constitution en 2023 pour supprimer la limite des deux mandats consécutifs, une décision qui avait alors provoqué des manifestations et des accusations de coup d’État constitutionnel. — Aujourd’hui, la réforme électorale actuelle ravive les craintes d’une nouvelle instrumentalisation des institutions.
L’opposition, menée par des figures comme Moïse Katumbi ou Martin Fayulu, appelle à la mobilisation populaire pour empêcher la promulgation de la loi. Des appels à la grève générale ont été lancés dans plusieurs villes du pays, tandis que des manifestations sporadiques continuent d’éclater. — La communauté internationale, notamment l’Union africaine et l’ONU, a appelé au dialogue pour éviter une escalade violente.
Cette crise met en lumière les défis démocratiques auxquels fait face la RDC, un pays riche en ressources mais miné par des décennies d’instabilité politique. Alors que Félix Tshisekedi cherche à consolider son pouvoir, la société civile et l’opposition restent déterminées à défendre les principes constitutionnels. — La suite des événements dépendra en grande partie de la capacité des différentes forces politiques à trouver un terrain d’entente, ou au contraire, à s’engager dans une confrontation ouverte.
La loi doit encore être promulguée par le président Félix Tshisekedi. Une fois promulguée, elle entrera en vigueur et s’appliquera lors des élections de 2028. Aucune date précise n’a été communiquée pour la promulgation, mais elle pourrait intervenir sous quelques jours ou semaines, selon les observateurs.
Plusieurs organisations internationales, dont l’Union africaine et l’ONU, ont appelé au dialogue et au respect des règles démocratiques. Certains pays occidentaux, comme les États-Unis et la France, ont déjà exprimé leur inquiétude. Des menaces de sanctions en cas de dérive autoritaire ont été évoquées, mais aucune décision concrète n’a encore été prise.