En République démocratique du Congo, l'opposition politique tente de se structurer face au projet de révision de la Constitution. Selon RFI, le président Félix Tshisekedi a ouvert la voie à un éventuel troisième mandat, évoquant la possibilité d'un référendum constitutionnel lors d'une conférence de presse organisée le 6 mai 2026. Une annonce qui a suscité de vives critiques de la part des partis d'opposition, aussi bien en RDC qu'en exil.
Ce qu'il faut retenir
- Le président Félix Tshisekedi a évoqué, le 6 mai 2026, la possibilité d'un référendum pour modifier la Constitution et permettre un troisième mandat.
- Une coalition baptisée C64 – en référence à l'article 64 de la Constitution sur le droit à la résistance citoyenne – a été officiellement lancée à Kinshasa le 19 mai 2026.
- Cette initiative rassemble des partis d'opposition, locaux et en exil, déterminés à s'opposer au projet présidentiel.
- L'article 64 de la Constitution congolaise encadre le droit à la résistance face à des décisions jugées anticonstitutionnelles.
Un référendum constitutionnel pour un troisième mandat ?
Lors de sa conférence de presse du 6 mai 2026, le chef de l'État congolais, Félix Tshisekedi, a laissé entendre qu'un référendum pourrait être organisé pour modifier la Constitution. L'objectif affiché : permettre à un président en exercice de briguer un nouveau mandat. Cette perspective a immédiatement été perçue comme une volonté de contourner les limites du nombre de mandats présidentiels, actuellement fixées à deux.
Dans son discours, le président Tshisekedi n'a pas explicitement confirmé son intention de se représenter, mais son ouverture à une révision constitutionnelle a suffi à relancer les tensions politiques. En RDC, où la Constitution de 2006 limite strictement le nombre de mandats, toute modification de ce type est immédiatement interprétée comme une manœuvre pour prolonger le pouvoir en place.
La coalition C64, une réponse unifiée de l'opposition
Face à cette annonce, une coalition regroupant plusieurs partis d'opposition a vu le jour. Baptisée C64, en hommage à l'article 64 de la Constitution congolaise qui reconnaît le droit à la résistance citoyenne contre des décisions anticonstitutionnelles, elle a été officiellement lancée le 19 mai 2026 à Kinshasa. Cette plateforme rassemble des formations politiques tant locales qu'en exil, toutes unies par une même opposition à la révision constitutionnelle.
Parmi les figures engagées dans cette coalition figurent des personnalités politiques de premier plan, comme Moïse Katumbi, ancien gouverneur du Katanga et opposant historique à Joseph Kabila, ainsi que des membres de la société civile. Leur objectif : mobiliser la population et les institutions pour empêcher toute modification de la Constitution permettant un troisième mandat.
Une opposition divisée mais déterminée
Bien que l'opposition soit traditionnellement fragmentée, le projet de révision constitutionnelle semble avoir catalysé une dynamique d'union. Plusieurs partis, qui s'opposaient jusqu'alors sur des questions de stratégie ou de leadership, ont accepté de mettre de côté leurs divergences pour former la C64. Cette alliance est perçue comme un signal fort, même si son efficacité reste à prouver.
Dans un communiqué publié à l'issue du lancement de la coalition, ses membres ont rappelé que « toute modification de la Constitution visant à permettre un troisième mandat serait une violation flagrante de l'esprit et de la lettre de notre loi fondamentale ». Ils ont également appelé la communauté internationale à soutenir leur démarche et à condamner toute tentative de révision à des fins politiques.
Reste à savoir si cette coalition parviendra à fédérer au-delà de ses rangs initiaux et à mobiliser suffisamment de soutien pour bloquer le projet. La date du référendum, si celui-ci est organisé, n'a pas encore été fixée, mais les observateurs s'attendent à une escalade des tensions dans les semaines à venir.
L'article 64 de la Constitution de la RDC, adoptée en 2006, reconnaît le droit à la résistance citoyenne face à des décisions anticonstitutionnelles ou à des violations graves des droits fondamentaux. Il permet aux citoyens de s'opposer, par des moyens pacifiques, à des mesures jugées illégitimes par les institutions ou la justice.