BMF - International révèle que la ville de Tyr, prisée pour son patrimoine historique et ses plages, est aujourd’hui vidée de ses touristes en raison de l’intensification des combats dans le sud du Liban. Autrefois destination phare pour les Libanais comme pour les étrangers, la cité phénicienne, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, ne compte plus que quelques visiteurs, alors que les infrastructures culturelles et hôtelières subissent de plein fouet les conséquences du conflit.

Ce qu'il faut retenir

  • Tyr, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, enregistre une chute drastique de sa fréquentation touristique depuis le début des hostilités au Liban.
  • Les nouveaux affrontements dans le sud du pays ont fait 19 morts selon les derniers bilans, aggravant l’instabilité régionale.
  • Les autorités locales et les professionnels du tourisme alertent sur l’impact économique dévastateur pour une région déjà fragilisée.

Une ville historique sacrifiée par la guerre

Depuis des décennies, Tyr attire chaque année des milliers de touristes grâce à ses sites archéologiques, dont les célèbres ruines romaines, et ses plages ensoleillées. Pourtant, selon BMF - International, la ville est aujourd’hui « un fantôme de ce qu’elle était », avec des hôtels fermés et des sites touristiques déserts. « Avant la guerre, on comptait jusqu’à 5 000 visiteurs par mois en haute saison », confie un gérant d’hôtel sous couvert d’anonymat. « Aujourd’hui, on en recense à peine une centaine. » Les agences locales, interrogées par BMF - International, confirment cette chute vertigineuse, imputable à la fois à la peur des bombardements et aux restrictions de déplacement imposées par les autorités.

Le sud-Liban sous le feu des combats

Les frappes israéliennes qui se sont intensifiées ces dernières semaines dans le sud du Liban ont encore aggravé la situation. D’après BMF - International, ces raids ont causé la mort de 19 personnes en moins de 48 heures, selon les autorités locales. Les zones frontalières, dont Tyr fait partie, sont particulièrement exposées aux tensions entre le Hezbollah et l’armée israélienne. « La sécurité n’est plus garantie, et les touristes n’osent plus s’aventurer dans la région », explique un responsable de l’office du tourisme de Tyr. Les commerçants, quant à eux, dénoncent une économie locale au bord de l’asphyxie, alors que la saison touristique devait permettre de renflouer les caisses après des années de crise.

Les Libanais eux-mêmes fuient les zones en conflit

Si Tyr était autrefois une escapade prisée des Libanais de Beyrouth ou du Nord, beaucoup d’entre eux ont désormais choisi de se rendre dans des régions jugées plus sûres, comme le Kesrouan ou le Mont-Liban. « Ma famille et moi avons annulé nos vacances à Tyr. On préfère aller à Byblos, où au moins on ne risque pas d’être pris dans un échange de tirs », témoigne un père de famille rencontré à Beyrouth. Les statistiques officielles, citées par BMF - International, montrent une baisse de 70 % des réservations dans les hôtels du sud depuis le début du mois de mai. Les professionnels du secteur s’inquiètent : « Sans touristes, c’est toute une économie qui s’effondre. Et sans revenus, comment reconstruire ce qui a été détruit ? »

Un patrimoine en péril

Les sites archéologiques de Tyr, déjà fragilisés par des années de négligence, subissent de plein fouet l’absence de visiteurs et de fonds de maintenance. Le ministère libanais de la Culture a récemment alerté sur le risque de dégradation accélérée des monuments, faute d’entretien et de surveillance. « Les mosaïques romaines et les vestiges phéniciens sont exposés aux intempéries et aux pillages », précise un archéologue contacté par BMF - International. La situation est d’autant plus préoccupante que Tyr figure parmi les sites les plus menacés au monde, selon l’UNESCO. « Sans tourisme, il n’y a plus de revenus pour protéger ces joyaux », souligne-t-il.

« Tyr était le poumon économique du sud-Liban. Aujourd’hui, c’est une ville fantôme. »
— Un responsable de l’office du tourisme de Tyr

Et maintenant ?

Alors que les combats se poursuivent dans le sud, les autorités libanaises et les acteurs locaux appellent à un cessez-le-feu pour sauver ce qui reste du secteur touristique. Une réunion d’urgence doit se tenir la semaine prochaine à Beyrouth pour évaluer les besoins financiers et sécuritaires. D’ici là, les professionnels du tourisme misent sur une éventuelle trêve pendant la période du Ramadan, prévue fin mai, pour tenter de relancer temporairement l’activité. Reste à voir si cette lueur d’espoir suffira à redonner confiance aux visiteurs.

La situation à Tyr illustre une fois de plus l’impact dévastateur des conflits sur les économies locales, alors que le Liban tente de se relever après des années de crise financière et politique. Sans une résolution rapide des tensions, le risque est grand de voir disparaître durablement l’un des fleurons culturels du pays.