Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a acté, le 30 avril 2026, un décret encadrant l’exercice du « petit commerce » ainsi que du commerce de détail. L’objectif affiché : protéger les opérateurs économiques locaux en réservant ces activités aux seuls nationaux. Selon un communiqué du ministère de l’Économie nationale rendu public le même jour, les acteurs concernés disposent d’un délai de six mois pour se conformer aux nouvelles règles.

Ce qu'il faut retenir

  • Un décret congolais, publié le 30 avril 2026, réserve l’accès aux « petits commerces » et au commerce de détail aux seuls opérateurs économiques congolais
  • Les acteurs concernés doivent se mettre en conformité dans un délai de six mois à compter de la publication
  • Cette mesure s’inscrit dans une volonté de protection des acteurs locaux, selon le ministère de l’Économie nationale
  • Le texte concerne à la fois le commerce de détail et les activités commerciales de petite envergure

Un décret pour protéger les commerçants locaux

Le ministère congolais de l’Économie nationale a justifié cette décision par la nécessité de soutenir les opérateurs économiques nationaux face à la concurrence étrangère. « Ce décret vise à encadrer l’exercice du petit commerce et du commerce de détail afin de garantir une protection accrue aux acteurs locaux », a précisé un responsable du ministère, cité par RFI. La mesure s’ajoute à d’autres initiatives visant à renforcer l’autonomie économique du pays, dans un contexte où les importations de produits finis menacent les emplois locaux.

Le texte, publié le 30 avril 2026, prévoit que les commerçants étrangers ne pourront plus exercer ces activités sans autorisation spéciale, sous peine de sanctions administratives ou pénales. Les autorités n’ont pas encore détaillé les modalités exactes de contrôle, mais ont indiqué que des inspections régulières seraient menées dans les six prochains mois.

Un délai de six mois pour se conformer

Les opérateurs économiques congolais et étrangers déjà en activité disposent d’un délai de 180 jours à partir de la publication du décret pour régulariser leur situation. « Les commerçants concernés sont invités à se rapprocher des services compétents pour effectuer les démarches nécessaires », a indiqué le ministère dans son communiqué. Les sanctions en cas de non-respect n’ont pas encore été précisées, mais pourraient aller de l’amende à la fermeture administrative du commerce.

Cette période transitoire doit permettre aux autorités de sensibiliser les acteurs économiques et d’organiser les contrôles. D’après des sources proches du dossier, des réunions d’information seront organisées dans les principales villes du pays, notamment à Kinshasa, Lubumbashi et Goma, où l’activité commerciale est particulièrement dense.

Un contexte économique sous tension

Cette réforme s’inscrit dans un contexte où les autorités congolaises multiplient les mesures pour soutenir l’économie locale. En 2025, le gouvernement avait déjà instauré des restrictions sur l’importation de certains produits manufacturés, une décision controversée qui avait suscité des tensions avec des partenaires commerciaux internationaux. « L’objectif est de réduire la dépendance aux importations et de favoriser la production nationale », a rappelé un économiste congolais contacté par RFI.

Cependant, certains observateurs s’interrogent sur les effets concrets de cette mesure. « Réserver les petits commerces aux Congolais pourrait limiter l’offre de produits et faire augmenter les prix pour les consommateurs », a souligné un analyste basé à Kinshasa. Le gouvernement a assuré que des exceptions seraient possibles pour certains secteurs stratégiques, sans préciser lesquels.

Et maintenant ?

Les six prochains mois seront déterminants pour évaluer l’application de ce décret. Les autorités devraient publier d’ici la fin du mois de mai 2026 des circulaires précisant les modalités pratiques de mise en œuvre. Les commerçants concernés sont invités à se rapprocher des services du ministère de l’Économie ou des gouverneurs de province pour obtenir les informations nécessaires. Une évaluation de l’impact de cette mesure est prévue d’ici la fin de l’année 2026, afin d’ajuster si nécessaire les dispositions du texte.

Cette réforme s’ajoute à une série de mesures protectionnistes adoptées ces dernières années par les autorités congolaises, reflétant une volonté croissante de renforcer la souveraineté économique du pays.

Le décret vise spécifiquement les « petits commerces » ainsi que le commerce de détail, sans préciser de secteur d’activité particulier. Les autorités ont indiqué que les modalités exactes seraient précisées dans les semaines à venir.

Le texte ne détaille pas les sanctions, mais selon des sources proches du dossier, elles pourraient aller de l’amende administrative à la fermeture du commerce. Les autorités n’ont pas encore communiqué sur ce point.