Le braqueur notoire Rédoine Faïd a déposé un recours en cassation après que la cour d’appel de Caen (Calvados) a annulé son transfert de la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne), comme le rapporte Ouest France. Une décision qui intervient alors que son départ vers l’établissement pénitentiaire de Valence (Drôme) était déjà organisé et prêt à être exécuté.

Ce qu'il faut retenir

  • La cour d’appel de Caen a annulé le transfert de Rédoine Faïd vers la prison de Valence (Drôme).
  • Ce transfert était initialement prévu et préparé par l’administration pénitentiaire.
  • Rédoine Faïd a décidé de se pourvoir en cassation pour contester cette annulation.
  • Le braqueur purge actuellement sa peine à la prison de Condé-sur-Sarthe (Orne).
  • Cette affaire s’inscrit dans une série de tensions entre Faïd et l’administration pénitentiaire.

Un transfert bloqué par la justice

La décision de la cour d’appel de Caen, rendue il y a quelques semaines, a pris de court l’administration pénitentiaire. Selon Ouest France, les magistrats ont estimé que les conditions de ce transfert n’étaient pas conformes aux règles en vigueur, sans pour autant préciser les manquements exacts. Avant cette annulation, le dossier de Faïd était clos côté pénitentiaire : son départ pour Valence était planifié, ses effets personnels regroupés, et les formalités administratives finalisées.

Côté défense, l’avocat de Rédoine Faïd n’a pas encore réagi publiquement à cette décision. Mais le recours en cassation déposé ce mardi marque une nouvelle étape dans ce bras de fer judiciaire. Pour l’administration, cette volte-face juridique complique la gestion des détenus à haut risque, surtout quand les transferts répondent à des impératifs de sécurité ou de rapprochement familial.

Un détenu au parcours judiciaire mouvementé

Rédoine Faïd, 46 ans, purge une peine de 25 ans de réclusion criminelle pour des faits de braquage à main armée commis dans les années 2010. Son nom reste associé à plusieurs évasions spectaculaires, dont celle de 2018 depuis la prison de Réau (Seine-et-Marne), qui avait marqué l’opinion publique. Depuis son arrestation en Belgique en 2023, il est incarcéré dans des établissements à régime très fermé, comme celui de Condé-sur-Sarthe, réputé pour sa discipline stricte.

Ce n’est pas la première fois que Faïd conteste les décisions de l’administration pénitentiaire. En 2024, il avait déjà saisi le tribunal administratif pour contester les restrictions de visites imposées par le directeur de sa prison. Autant dire que son parcours derrière les barreaux est émaillé de recours, parfois couronnés de succès, comme cette fois encore.

Quelles suites pour l’administration pénitentiaire ?

Face à cette annulation, l’administration doit désormais réévaluer sa stratégie. Une source proche du dossier indique que « le ministère de la Justice étudie les voies de recours possibles », sans préciser si un nouveau transfert sera envisagé à court terme. Pour l’instant, Faïd reste donc à Condé-sur-Sarthe, où il bénéficie d’un régime de détention adapté à son profil.

Bref, cette affaire illustre les tensions récurrentes entre les détenus influents et l’administration, surtout quand les décisions judiciaires bousculent les plans de l’État. Reste à savoir si la Cour de cassation donnera raison à Faïd ou confirmera l’annulation prononcée par la cour d’appel de Caen.

Et maintenant ?

La Cour de cassation a désormais trois à six mois pour examiner le recours de Rédoine Faïd. Si elle valide sa demande, l’administration pénitentiaire devra trouver une solution alternative, sous peine de voir se prolonger cette situation de blocage. Dans le cas contraire, l’État pourrait relancer un nouveau transfert, mais cette fois en s’assurant de respecter scrupuleusement les procédures. Une chose est sûre : le nom de Faïd ne sortira pas de sitôt des colonnes judiciaires.

Pour l’instant, aucune réaction officielle n’a été enregistrée côté ministère de la Justice ou du côté de l’établissement de Condé-sur-Sarthe. La prudence reste de mise, tant les enjeux sécuritaires pèsent lourd dans ce dossier.

D’après Ouest France, le transfert de Rédoine Faïd vers la prison de Valence (Drôme) avait été décidé dans le cadre d’une réorganisation des placements des détenus à haut risque, notamment pour des raisons de sécurité et de rapprochement familial. Aucune explication officielle n’a été donnée sur les critères précis ayant motivé ce choix.