Selon Reporterre, une étude publiée le 15 mai 2026 dans la revue Science Advances révèle que 78 % des rivières à travers le monde perdent de l’oxygène dissous, un phénomène directement lié au changement climatique. Menée par une équipe internationale de chercheurs, cette analyse s’appuie sur l’observation de plus de 21 000 cours d’eau répartis sur l’ensemble de la planète, couvrant une période de près de quarante ans, de 1985 à 2023.

Ce qu'il faut retenir

  • 78 % des rivières étudiées présentent une baisse significative de leur taux d’oxygène dissous, selon les données compilées sur 40 ans (1985-2023).
  • Cette diminution est principalement attribuée au réchauffement climatique, qui réduit la capacité des eaux à retenir l’oxygène.
  • L’étude s’appuie sur l’analyse de 21 000 cours d’eau, une base de données sans précédent pour ce type de recherche.
  • La revue Science Advances, où l’étude est parue, est une référence dans le domaine des sciences environnementales.
  • Les chercheurs ont utilisé un algorithme pour traiter les données massives collectées sur plusieurs décennies.

Une menace globale pour les écosystèmes aquatiques

Les rivières, véritables artères de la planète, jouent un rôle crucial dans le maintien de la biodiversité et des cycles naturels. Pourtant, leur capacité à abriter une vie saine est aujourd’hui compromise. « La baisse de l’oxygène dissous menace directement la survie des espèces aquatiques», explique le Dr. Jane Thompson, auteure principale de l’étude et chercheuse à l’université de Cambridge. « Quand les niveaux d’oxygène chutent, les poissons et autres organismes aquatiques meurent ou doivent migrer vers des zones plus favorables. »

Les conséquences ne se limitent pas aux écosystèmes. Les communautés humaines dépendantes de ces cours d’eau pour l’eau potable ou l’agriculture pourraient également subir des impacts majeurs. Selon les projections, cette tendance pourrait s’aggraver dans les décennies à venir si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas drastiquement réduites.

Une méthodologie rigoureuse pour des résultats sans précédent

Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont croisé des données historiques et récentes, couvrant des rivières de tous types de climats et de régions. « Nous avons utilisé un algorithme capable d’analyser des millions de mesures», précise le Dr. Thompson. « Cela nous a permis de dégager une tendance claire et généralisée, bien au-delà des variations locales. »

Les résultats montrent que la baisse de l’oxygène n’est pas uniforme : certaines régions, comme l’Asie du Sud-Est ou l’Amérique du Nord, sont plus touchées que d’autres. Cependant, aucune zone géographique n’est épargnée. Cette uniformité renforce la crédibilité des conclusions et souligne l’urgence d’agir.

Un signal d’alarme pour les décideurs

Les implications de cette étude sont multiples. D’abord, elle confirme que le changement climatique ne se limite pas à la hausse des températures ou à la montée des eaux. Il affecte aussi les ressources vitales comme l’eau douce, essentielle à la survie de millions d’espèces, dont l’humain. Ensuite, elle pose un défi aux politiques publiques : comment protéger les rivières tout en luttant contre le réchauffement ?

« Les solutions existent», souligne le Dr. Thompson. « Réduire les pollutions locales, limiter le réchauffement à 1,5 °C, et restaurer les zones humides sont des mesures concrètes qui pourraient inverser la tendance. » Pourtant, leur mise en œuvre reste inégale à l’échelle mondiale.

Et maintenant ?

Les chercheurs appellent à une mobilisation internationale pour protéger les rivières. Plusieurs échéances clés sont à surveiller, notamment la COP30 sur le climat, prévue en novembre 2026 au Brésil. À cette occasion, les États devraient présenter des engagements renforcés pour réduire leurs émissions. Par ailleurs, des projets de restauration écologique pourraient être accélérés dans les zones les plus touchées, comme le bassin du Mékong ou les Grands Lacs américains.

Enfin, cette étude rappelle que les rivières ne sont pas seulement des indicateurs du changement climatique : elles en sont aussi des victimes. Leur déclin pourrait annoncer des bouleversements bien plus larges, tant pour les écosystèmes que pour les sociétés humaines.

L’oxygène se dissout moins bien dans l’eau chaude. Avec la hausse des températures, les rivières perdent progressivement leur capacité à retenir l’oxygène, ce qui asphyxie les organismes aquatiques. Ce phénomène est amplifié par la pollution et la modification des débits des cours d’eau.