Dans le cadre de l’émission BFM Crypto, le Club, diffusée ce mercredi 20 mai 2026 sur BFM Business, les enjeux autour de la régulation des crypto-actifs ont été au cœur des débats. Parmi les invités figuraient Nathalie Janson, économiste et professeure à la Neoma Business School, Florent Gabriel, fondateur et PDG de Blobb.io, ainsi que Grégory Raymond, cofondateur de The Big Whale. L’émission, animée par Sandra Gandoin, a notamment permis d’aborder les déclarations récentes d’Emmanuel Macron appelant à un renforcement de la réglementation des crypto-actifs, alors que l’échéance du règlement européen MiCA (Markets in Crypto-Assets) se rapproche.
Ce qu'il faut retenir
- Emmanuel Macron a réaffirmé son soutien à une réglementation renforcée des crypto-actifs, selon BFM Business.
- L’échéance du règlement MiCA, prévue pour le 1er juillet 2026, approche et impose aux acteurs du secteur de se conformer à un cadre européen strict.
- Donald Trump a récemment acquis des actions de MARA Holdings, confirmant son intérêt pour l’écosystème crypto.
- Le Clarity Act, adopté par le Sénat américain, introduit de nouvelles règles pour encadrer les stablecoins et les prestataires de services crypto aux États-Unis.
- L’agrément MiCA a déjà été obtenu en France par Coinhouse, marquant une avancée significative pour le pays dans le domaine.
Un appel renouvelé à la régulation par Emmanuel Macron
Alors que le marché des crypto-actifs continue de se structurer, Emmanuel Macron a une nouvelle fois plaidé pour une régulation ambitieuse, comme l’a rapporté BFM Business. Dans un contexte où les risques de fraude, de blanchiment ou de manipulation de marché persistent, le président français mise sur un cadre européen pour sécuriser l’écosystème. Ce positionnement s’inscrit dans la continuité des travaux menés par l’Union européenne autour du règlement MiCA, dont l’entrée en vigueur est prévue pour le 1er juillet 2026. « Autant dire que l’enjeu est de taille pour les acteurs du secteur, qui devront se conformer à des exigences strictes en matière de transparence et de protection des investisseurs », a souligné Nathalie Janson lors du débat.
Pour l’économiste, cette régulation représente une opportunité de professionnaliser le marché. « MiCA va permettre d’éviter les dérives observées ces dernières années, comme les plateformes opaques ou les produits non régulés. C’est une étape nécessaire pour attirer des investisseurs institutionnels », a-t-elle expliqué. Le cadre européen devrait ainsi s’imposer comme une référence mondiale, alors que certains pays, comme les États-Unis, avancent également sur leur propre législation avec le Clarity Act.
MiCA : une échéance cruciale pour les acteurs européens
Le règlement MiCA, adopté en 2023, vise à harmoniser les règles applicables aux crypto-actifs dans l’Union européenne. D’ici le 1er juillet 2026, tous les prestataires de services crypto (plateformes d’échange, portefeuilles numériques, émetteurs de stablecoins, etc.) devront obtenir un agrément pour exercer légalement. En France, Coinhouse est l’un des premiers acteurs à avoir franchi cette étape, marquant un pas important pour le pays dans la course à la régulation. « L’obtention de l’agrément MiCA par Coinhouse est un signal fort pour l’industrie. Cela montre que la France peut être un hub pour les crypto-actifs en Europe », a commenté Hubert de Vauplane, partner chez Morgan Lewis, lors d’une précédente édition de l’émission.
Côté marché, cette régulation pourrait aussi favoriser une plus grande adoption des crypto-actifs par les investisseurs institutionnels, en réduisant les risques perçus. « Les entreprises comme les banques ou les assurances seront plus enclines à intégrer des crypto-actifs dans leurs portefeuilles une fois le cadre clair et sécurisé », a ajouté Florent Gabriel. Reste à voir comment les petits acteurs, souvent moins équipés pour répondre aux exigences de MiCA, s’adapteront à ces nouvelles règles.
Donald Trump et l’entrée des personnalités politiques dans l’écosystème crypto
L’actualité crypto a également été marquée par l’acquisition d’actions de MARA Holdings – une société spécialisée dans le minage de Bitcoin – par l’ancien président américain Donald Trump. Cette annonce, qui intervient dans un contexte de tensions géopolitiques autour des cryptomonnaies, a été largement commentée lors de l’émission. « Trump a toujours été un défenseur des actifs numériques, et son investissement dans MARA Holdings confirme son intérêt pour le secteur », a noté Grégory Raymond.
Cette prise de position n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large où les personnalités politiques, aux États-Unis comme en Europe, commencent à s’intéresser de près aux crypto-actifs. « Leur implication pourrait accélérer l’adoption de régulations claires, ou au contraire, complexifier le paysage si les positions divergent trop », a nuancé Alexandre Stachtchenko, directeur de la stratégie chez Bitstack, lors d’un précédent numéro de l’émission. Pour l’heure, les marchés restent attentifs aux signaux envoyés par les dirigeants, alors que le Clarity Act américain et le MiCA européen dessinent les contours d’un nouveau cadre réglementaire.
Le Clarity Act américain : un tournant pour les stablecoins
Aux États-Unis, le Clarity Act, adopté par le Sénat en mai 2026, introduit des règles strictes pour encadrer les stablecoins, ces cryptomonnaies indexées sur des actifs traditionnels comme le dollar. Ce texte vise notamment à garantir la stabilité des réserves détenues par les émetteurs et à limiter les risques systémiques. « Le Clarity Act est un pas en avant pour légitimer les stablecoins aux yeux des régulateurs et des investisseurs », a indiqué Louis Alexandre de Froissard, gérant chez Montaigne Conseil et Patrimoine.
Le texte prévoit également des compromis avec les banques traditionnelles, qui pourraient être autorisées à émettre leurs propres stablecoins. Une évolution qui pourrait rebattre les cartes dans un secteur où les acteurs crypto et bancaires s’observent depuis des années. « Les banques ne peuvent plus ignorer l’innovation blockchain. Le Clarity Act pourrait bien marquer le début d’une collaboration accrue entre les deux mondes », a ajouté l’expert.
Pour conclure, l’émission BFM Crypto, le Club a une nouvelle fois mis en lumière la rapidité avec laquelle le secteur des crypto-actifs évolue, sous l’impulsion des régulateurs et des acteurs institutionnels. Alors que les cadres légaux se précisent des deux côtés de l’Atlantique, les professionnels du secteur devront s’adapter pour tirer parti de ces nouvelles règles. « Que l’on soit pour ou contre, une chose est sûre : la régulation est devenue une réalité incontournable », a résumé Grégory Raymond.
Le MiCA impose aux plateformes crypto plusieurs obligations clés : obtention d’un agrément européen, transparence sur les frais et les risques, lutte contre le blanchiment d’argent (via des procédures KYC strictes), et protection des fonds des clients. Les émetteurs de stablecoins doivent également garantir la liquidité et la stabilité de leurs réserves, avec des audits réguliers obligatoires. Les acteurs concernés ont jusqu’au 1er juillet 2026 pour se conformer à ces règles.