Une opération de sauvetage inédite est en cours ce jeudi 16 avril 2026 dans la baie de Wismar, en mer Baltique, pour tenter de secourir une baleine à bosse échouée depuis près de deux semaines. Selon Euronews FR, cette initiative privée, financée par des entrepreneurs locaux, marque un revirement inattendu après l’abandon initial des autorités régionales.

Ce qu'il faut retenir

  • Une baleine à bosse de 12 mètres est échouée dans la baie de Wismar depuis le 31 mars 2026.
  • Les autorités locales avaient d’abord jugé le sauvetage impossible, mais ont finalement validé le projet présenté par une initiative privée.
  • La méthode envisagée repose sur l’utilisation de coussins d’air et de pontons pour soulever et transporter l’animal vers la mer du Nord ou l’Atlantique.
  • L’état de l’animal, jugé « gravement malade » et « dans un état difficile », reste critique malgré les soins prodigués.
  • Un béluga a également été repéré au Danemark, près du fjord de Flensburg, alimentant les spéculations sur une possible « fièvre des baleines » dans la région.

Un sauvetage initialement jugé impossible, mais finalement autorisé

Depuis son échouage dans la baie de Wismar, devant l’île de Poel, la baleine à bosse affaiblie n’a cessé de mobiliser l’attention des autorités et des habitants. Le ministre de l’Environnement du Mecklembourg-Poméranie occidentale, Till Backhaus (SPD), avait d’abord estimé qu’un sauvetage était « sans aucune chance d’aboutir ». Les mesures officielles avaient donc été suspendues, laissant planer le doute sur l’avenir de l’animal.

Toutefois, une initiative privée, portée notamment par Walter Gunz, fondateur de MediaMarkt, et Karin Walter-Mommert, a présenté un projet alternatif. Après examen par les autorités, les experts vétérinaires et les services de protection animale, le concept a été validé, sous réserve d’adaptations mineures. « Une nouvelle situation s’est présentée », a déclaré Backhaus lors d’une conférence de presse à Schwerin, soulignant que le plan respectait la loi fédérale sur la protection de la nature et offrait « une chance ».

Une méthode risquée pour un animal dans un état critique

La procédure de sauvetage, entamée ce jeudi matin, repose sur une technique peu orthodoxe. Des plongeurs doivent d’abord entrer en contact avec la baleine pour la calmer, tout en évaluant son état et en examinant le sous-sol sous son corps. Des coussins d’air seront ensuite glissés sous l’animal pour le soulever délicatement, après évacuation de la vase accumulée. Une fois en suspension, la baleine sera fixée sur une bâche étendue entre deux pontons, avant d’être transportée vers des eaux plus profondes.

Selon les témoins, l’animal, long de douze mètres, expulse régulièrement de l’air et est maintenu humide en permanence par des jets d’eau. Son état général reste préoccupant, avec quatre échouages consécutifs en quelques semaines dans la mer Baltique, un habitat qui n’est pas le sien. « L’animal est toujours dans un état difficile et, selon toutes les informations connues, gravement malade », a précisé Backhaus, tout en insistant sur la nécessité d’explorer « toutes les solutions possibles dans l’intérêt de l’animal ».

Un béluga repéré au Danemark, un hasard ou une coïncidence ?

À plusieurs centaines de kilomètres de là, un autre cétacé intrigue les observateurs. Un béluga a été repéré dans le fjord de Flensburg, au Danemark, un phénomène rare puisque ces mammifères blancs vivent habituellement dans les mers arctiques. Selon la chaîne danoise tvSyd, l’animal avait déjà été filmé fin mars à Aarøsund, se déplaçant de manière inhabituelle, presque comme un dauphin.

La dernière observation le situait au large d’Egernsund, face à la péninsule allemande de Holnis. Si la police de Flensburg et les clubs nautiques locaux n’ont pas encore confirmé sa présence, l’expert en cétacés Carl Christian Kinze estime que le béluga pourrait regagner seul la mer du Nord via le Kattegat. Le véritable danger réside cependant dans les filets de pêche, déjà suspectés d’avoir causé la mort de la baleine à bosse Timmy.

Les menaces qui pèsent sur les baleines blanches et à bosse

Si les bélugas ne sont pas considérés comme une espèce en danger critique d’extinction, leur survie reste menacée par plusieurs facteurs. La pollution des océans, avec la présence de métaux lourds comme le plomb, le cadmium ou le mercure, ainsi que des polluants organiques comme le DDT, est pointée du doigt. Des études ont établi un lien entre ces contaminants et l’apparition de cancers chez les baleines blanches, notamment au Canada.

Le changement climatique et la pollution sonore, générée par les activités humaines comme l’exploration pétrolière sous-marine, perturbent également leur orientation et leur communication. Ces dernières années, plusieurs cas d’échouages de baleines blanches ont marqué l’actualité, comme celui de la « baleine espionne Hvaldimir », retrouvée morte en Norvège en 2024 après avoir été utilisée comme espion par l’armée russe. En 2022, un béluga échoué dans la Seine à Paris était décédé lors de sa tentative de renflouement.

Et maintenant ?

Si la tentative de sauvetage de la baleine à bosse échouée à Wismar se déroule comme prévu, son évacuation de la baie pourrait commencer dès demain, vendredi 17 avril. Les initiateurs du projet, dont Walter Gunz et Karin Walter-Mommert, assument l’entière responsabilité de l’opération. Parallèlement, les autorités danoises et allemandes continuent de surveiller la progression du béluga dans le fjord de Flensburg. Une issue favorable dépendra en grande partie des conditions météorologiques et de l’état de santé de l’animal, alors que les filets de pêche restent une menace permanente dans la région.

Reste à savoir si cette initiative privée marquera un tournant dans la prise en charge des cétacés échoués, alors que les moyens officiels avaient jusqu’ici été jugés insuffisants. L’opération, si elle réussit, pourrait inspirer d’autres projets similaires ailleurs en Europe, où les échouages de baleines se multiplient sous l’effet des perturbations environnementales.

La mer Baltique n’est pas l’habitat naturel des baleines à bosse, qui vivent généralement dans les eaux froides des océans Atlantique et Pacifique. Les scientifiques évoquent plusieurs hypothèses : une erreur de navigation, des courants marins inhabituels, ou encore une perturbation liée au changement climatique. Quatre échouages en quelques semaines suggèrent que l’animal pourrait être désorienté ou en détresse.