Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a défendu mardi 16 juin le droit pour les supporters de siffler la Marseillaise dans les stades, estimant que ces réactions exprimaient une colère légitime envers l’État. Ses propos, rapportés par Libération, ont immédiatement suscité une vague de réactions politiques, notamment à droite et à l’extrême droite, qui dénoncent une atteinte à la symbolique nationale.

Ce qu'il faut retenir

  • Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, a justifié les sifflets contre l’hymne national par la « colère des citoyens contre l’État ».
  • Ces déclarations ont été formulées lors d’un entretien publié le 16 juin par Libération.
  • La droite et l’extrême droite ont réagi avec indignation, y voyant une remise en cause des symboles républicains.
  • Les sifflets dans les stades, récurrents depuis plusieurs années, ont souvent été associés à des mouvements contestataires.

Un maire en première ligne sur un sujet sensible

Mardi 16 juin, Bally Bagayoko, élu communiste de Saint-Denis depuis 2020, a pris position sur un sujet qui divise régulièrement le monde du sport et la classe politique. Interrogé sur les sifflets visant parfois la Marseillaise lors des rencontres sportives, il a estimé que ces réactions s’inscrivaient dans un cadre légitime. Selon lui, elles reflètent le mécontentement d’une partie de la population envers les institutions, sans pour autant menacer l’unité nationale.

Son argumentaire s’appuie sur l’idée que le sport, et notamment le football, est un miroir des tensions sociales. « Les sifflets peuvent se justifier par la colère des citoyens contre l’État », a-t-il déclaré, selon les propos retranscrits par Libération. Une prise de position qui tranche avec le discours traditionnel des responsables politiques sur ce sujet.

La droite et l’extrême droite montent au créneau

La réaction ne s’est pas fait attendre. Plusieurs figures de la droite et de l’extrême droite ont critiqué avec virulence les déclarations du maire de Saint-Denis. Jordan Bardella, président du Rassemblement National, a dénoncé une « récupération politique » des symboles nationaux. « Siffler la Marseillaise, c’est siffler la France », a-t-il réagi sur X (ex-Twitter), tandis qu’Éric Ciotti, président des Républicains, a évoqué une « instrumentalisation inacceptable » des émotions collectives.

Le débat dépasse le cadre sportif pour toucher à des questions plus larges : jusqu’où peut-on critiquer les institutions sans remettre en cause l’ordre républicain ? Les sifflets dans les stades, souvent associés à des mouvements comme les Gilets jaunes ou à des revendications anti-système, cristallisent ces tensions. Pour autant, les chiffres manquent pour évaluer leur ampleur réelle, les instances sportives et policières ne communiquant que rarement sur ces incidents.

« Les sifflets peuvent se justifier par la colère des citoyens contre l’État. »
— Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, le 16 juin 2026

Un débat récurrent dans le football français

Les sifflets contre la Marseillaise ne sont pas un phénomène nouveau. Depuis plusieurs années, des clubs comme l’Olympique de Marseille ou le Paris Saint-Germain ont été régulièrement confrontés à ces réactions, parfois lors de matchs à enjeu ou en présence de personnalités politiques. En 2023, la Ligue de football professionnel avait déjà tenté de rappeler que l’hymne national devait être respecté, sans pour autant sanctionner systématiquement les contrevenants.

Le football, sport le plus populaire en France, reste un terrain où s’expriment des revendications politiques ou sociales. Certains y voient une forme de liberté d’expression, d’autres une provocation inutile. Toujours est-il que ces incidents alimentent régulièrement les colonnes des médias et les débats parlementaires, comme ce fut le cas en 2021 lorsque des députés avaient proposé de durcir les sanctions contre les sifflets dans les stades.

Et maintenant ?

Les déclarations de Bally Bagayoko devraient relancer le débat au sein des institutions sportives et politiques. La Ligue de football professionnel pourrait être amenée à réexaminer ses règles de bonne conduite, tandis que des parlementaires pourraient déposer de nouvelles propositions de loi pour encadrer ces comportements. Une chose est sûre : le sujet ne sera pas réglé avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, tant les positions restent éloignées entre ceux qui défendent la liberté d’expression et ceux qui y voient une atteinte aux valeurs de la République.

Quant à Bally Bagayoko, il a d’ores et déjà prévenu qu’il ne reviendrait pas sur ses propos. « La colère des citoyens est légitime, et personne ne peut la nier », a-t-il réaffirmé. Reste à savoir si ses détracteurs accepteront de l’entendre.

Ces sifflets sont souvent perçus comme une remise en cause des symboles de la République, surtout lorsqu’ils interviennent lors d’événements sportifs majeurs. Certains y voient une forme de protestation politique, tandis que d’autres les considèrent comme une provocation inutile envers des valeurs partagées par l’ensemble de la nation.