Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict ce mercredi dans l’affaire dite Team Musul, concernant six jeunes Français jugés pour leur implication dans un projet de départ collectif vers la province du Cabo Delgado, au Mozambique. Selon Le Monde, ces individus étaient accusés d’avoir cherché à rejoindre les rangs d’un groupe armé actif dans cette région depuis 2017, où sévissent notamment les Chabab, affiliés à l’organisation État islamique.
Ce qu'il faut retenir
- Six jeunes Français ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Paris pour leur projet de départ vers le Mozambique.
- Leur objectif était de rejoindre un groupe armé actif dans la province du Cabo Delgado, où les combats font rage depuis 2017.
- Les autorités judiciaires ont retenu contre eux des liens avec l’organisation État islamique.
- Cette affaire illustre les tentatives de recrutement de ressortissants français par des groupes jihadistes en Afrique.
- Le procès s’est déroulé à Paris, sans que les noms des accusés ou des peines prononcées ne soient communiqués.
Un projet de départ collectif vers une zone en proie aux conflits
Les six jeunes, tous majeurs au moment des faits, avaient été interpellés dans le cadre d’une enquête visant à démanteler un réseau de recrutement présumé. Selon les éléments recueillis par Le Monde, leur projet consistait à quitter la France pour se rendre au Cabo Delgado, une région du nord du Mozambique devenue un foyer de tensions majeures depuis 2017. Dans cette zone, les Chabab – une faction jihadiste liée à l’État islamique – multiplient les attaques contre les forces gouvernementales et les civils, provoquant une crise humanitaire majeure.
L’enquête a révélé que les accusés avaient échangé en ligne avec des membres de groupes armés, partageant des contenus propagandistes et discutant des modalités de leur départ. Les autorités ont considéré ces échanges comme une preuve de leur adhésion à l’idéologie jihadiste et de leur volonté de participer à des actions violentes.
Un procès axé sur les liens avec l’État islamique
Lors de l’audience, les six jeunes ont été jugés pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ». Selon Le Monde, le parquet a souligné l’existence de preuves matérielles, comme des messages cryptés et des vidéos de propagande, attestant de leur volonté de rejoindre un groupe armé. Aucun des accusés n’a contesté les faits, mais certains ont plaidé l’absence de projet concret, arguant d’une simple curiosité intellectuelle.
Le tribunal n’a pas rendu publics les noms des condamnés ni les peines prononcées, conformément à la tradition judiciaire française en matière de terrorisme. Cependant, cette affaire s’inscrit dans une série de procédures similaires, où des jeunes Français ont été interpellés pour des projets de départ avortés vers des zones de conflit en Afrique ou au Moyen-Orient.
Le Mozambique, nouvelle destination des recruteurs jihadistes
Depuis 2017, le Cabo Delgado est le théâtre d’une insurrection jihadiste qui a fait plus de 5 000 morts et displaced plus d’un million de personnes, selon les estimations de l’ONU. Le groupe des Chabab, lié à l’État islamique, y mène une guérilla contre l’armée mozambicaine et des milices locales, profitant du vide sécuritaire dans certaines zones rurales. Cette région est devenue un terrain de recrutement privilégié pour les organisations jihadistes, qui y voient une opportunité de s’implanter durablement.
Pour les services de renseignement français, cette affaire rappelle l’importance de surveiller les tentatives de départ de jeunes radicalisés vers l’Afrique. En 2025, plusieurs rapports avaient déjà alerté sur l’augmentation des flux de combattants français vers le Sahel et l’Afrique de l’Est, où les groupes armés profitent de l’instabilité politique pour étendre leur influence.
Reste à voir si cette affaire incitera les pouvoirs publics à renforcer les dispositifs de détection précoce des radicalisations, notamment via des collaborations renforcées entre les services de police, les associations et les familles. La question de la réinsertion des jeunes condamnés pour des faits liés au terrorisme reste également un défi majeur pour les années à venir.
Le Cabo Delgado, province du nord du Mozambique, est devenue une cible en raison de son instabilité politique, de la pauvreté endémique et de l’absence de contrôle gouvernemental dans certaines zones rurales. Les groupes armés, comme les Chabab, y exploitent le mécontentement local et recrutent parmi les populations marginalisées, avant de prêter allégeance à des organisations internationales comme l’État islamique.