Le géant japonais de l'investissement, Softbank, a subi une nouvelle correction boursière ce mercredi 10 juin à la Bourse de Tokyo. Son action a reculé de 8,33 %, portant son titre à des niveaux de volatilité rarement observés ces dernières semaines. Selon BFM Bourse, cette baisse intervient après l'annonce de l'interruption des négociations autour d'un prêt sur marge de 6 milliards de dollars, initialement envisagé pour atteindre 10 milliards. Ce prêt devait être garanti par la participation de Softbank dans OpenAI, la société à l'origine de ChatGPT. Pour autant, le titre du conglomérat reste en progression de près de 46,8 % depuis le début de l'année, malgré des fluctuations extrêmes.
Ce qu'il faut retenir
- Softbank enregistre une chute de 8,33 % à Tokyo ce 10 juin 2026, après l'échec d'un prêt sur marge de 6 milliards de dollars garanti par des actions OpenAI.
- Le groupe japonais détient environ 13 % d'OpenAI et 86,4 % du fabricant britannique de semi-conducteurs Arm.
- Malgré cette correction, l'action Softbank reste en hausse de 46,8 % depuis le début de l'année 2026.
- La volatilité du titre reflète les tensions sur les valorisations élevées des entreprises exposées à l'intelligence artificielle et aux semi-conducteurs.
- OpenAI a récemment déposé un document confidentiel auprès de la SEC, préparant une future introduction en Bourse.
Un prêt sur marge au cœur des tensions
Les discussions entre Softbank et ses partenaires bancaires se sont brusquement interrompues, comme le rapporte Bloomberg et confirmé par BFM Bourse. Le projet initial prévoyait un financement de 10 milliards de dollars, mais le montant a été réduit à 6 milliards. Ce prêt sur marge, qui consiste à emprunter en mettant des actifs en garantie, devait s'appuyer sur la participation de Softbank dans OpenAI. Or, les banques sollicitées ont exprimé des réserves quant à la valorisation d'une entreprise non cotée, rendant les négociations impossibles à ce stade. Aucune raison officielle n'a été avancée pour expliquer cet arrêt, mais les sources citées par Bloomberg évoquent des inquiétudes persistantes sur l'évaluation d'OpenAI.
Softbank, un acteur majeur — et exposé — de l'IA
Softbank est l'un des plus grands investisseurs mondiaux dans les technologies liées à l'intelligence artificielle. Le groupe japonais, dirigé par Masayoshi Son, détient 86,4 % du capital d'Arm, le concepteur de puces électroniques britannique, et une participation estimée à 64,6 milliards de dollars dans OpenAI, soit environ 13 % du capital. Ces investissements massifs s'inscrivent dans une stratégie globale visant à positionner Softbank comme un leader de la révolution technologique en cours. Récemment, le groupe a également annoncé des investissements pouvant atteindre 75 milliards d'euros en France pour développer des infrastructures dédiées à l'IA.
Cette exposition explique en grande partie la volatilité extrême du titre. En un seul mois, l'action Softbank a enregistré onze variations supérieures à 5 %, un rythme inhabituel même pour un conglomérat aussi dynamique. Les secteurs des semi-conducteurs et de l'IA connaissent en effet des mouvements de marché brutaux, entre espoirs de croissance fulgurante et craintes de surévaluation.
« Le marché semble extrapoler une demande durable en IA, mais il valorise aussi des scénarios de croissance extrêmement exigeants. Le rôle central des semi-conducteurs ne fait plus débat. Reste à savoir si les marchés n'intègrent pas trop rapidement une décennie de croissance à venir. »
Des records et des défis pour Softbank
Malgré la correction de ce mercredi, Softbank reste l'un des groupes les plus performants de l'année en Bourse. Son action a progressé de près de 47 % depuis janvier 2026, et le groupe a brièvement dépassé Toyota pour devenir la première capitalisation boursière de la Bourse de Tokyo début juin. Cependant, cette position dominante pourrait être remise en cause, car Kioxia Holding, spécialiste des mémoires NAND, a repris la première place grâce à une envolée liée à la pénurie de mémoire vive. Cette situation illustre la concurrence féroce entre les valeurs technologiques japonaises.
Les récents investissements annoncés par Softbank en France, à hauteur de 75 milliards d'euros, visent à soutenir la croissance de l'IA en Europe. Ces projets pourraient renforcer la position du groupe, mais ils nécessitent des financements stables et une visibilité sur les retours d'investissement. La question de la trésorerie et de la capacité à lever des fonds reste donc cruciale, d'autant que l'échec du prêt sur marge de mercredi en est une illustration directe.
Cette situation rappelle les risques inhérents aux valorisations élevées dans le secteur de la tech, où les anticipations de croissance peuvent basculer rapidement. Pour Softbank, l'enjeu sera de concilier ses ambitions d'investissement avec la réalité des marchés financiers.
Les banques sollicitées par Softbank ont exprimé des réserves sur la valorisation d'OpenAI, une entreprise non cotée. Elles estiment que les méthodes d'évaluation actuelles ne reflètent pas suffisamment les risques liés à une société en phase de préparation d'une introduction en Bourse, comme l'a rapporté Bloomberg et confirmé par BFM Bourse.