Un sondage publié ce mercredi 6 mai 2026 par BFM - Politique confirme une tendance lourde en vue de la présidentielle de 2027. Selon l'étude Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche, Jordan Bardella (37 %) et Marine Le Pen (34 %) bénéficient des images les plus positives auprès des Français, devançant Édouard Philippe (32 %) et Gabriel Attal (28 %). Cette dynamique intervient alors que le garde des Sceaux Gérald Darmanin est au cœur de plusieurs polémiques, tant sur le plan judiciaire que politique.
Ce qu'il faut retenir
- Jordan Bardella et Marine Le Pen caracolent en tête des intentions de vote pour le premier tour de l'élection présidentielle de 2027, selon le sondage Elabe BFMTV/La Tribune Dimanche publié le 6 mai 2026.
- Gérald Darmanin, figure centrale de la droite, est affaibli par des critiques sur sa gestion de la justice et des prisons, ainsi que par des polémiques personnelles.
- Le ministre de la Justice a annoncé la fin des centres éducatifs fermés pour mineurs, estimant que leur modèle « s'est épuisé » depuis leur création en 2002.
- Salah Abdeslam disposait d'un ordinateur en prison, un fait qui a « sidéré » Gérald Darmanin, bien que l'appareil n'était pas connecté au monde extérieur.
- Nicolas Sarkozy reste sous le feu des projecteurs après sa condamnation et sa mise en liberté conditionnelle, tandis que Darmanin a été critiqué pour sa visite en prison.
- Le parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) doit entrer en fonction dans les prochaines semaines, avec à sa tête la magistrate Vanessa Perrée.
Un sondage qui confirme la dynamique du Rassemblement National
Selon les résultats de l'enquête Elabe publiée ce samedi 6 mai 2026, si le premier tour de l'élection présidentielle avait lieu aujourd'hui, le Rassemblement National (RN) serait largement en tête. Jordan Bardella arrive en tête avec 37 % des intentions de vote, devant Marine Le Pen (34 %). Édouard Philippe, longtemps présenté comme un favori de la droite modérée, recule à 32 %, tandis que Gabriel Attal, Premier ministre, est à 28 %. Ces chiffres reflètent une tendance de fond observée depuis plusieurs mois, avec une montée en puissance du RN dans les intentions de vote.
Cette étude intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, marqué par des divisions au sein de la majorité présidentielle et une droite traditionnelle en quête d'unité. Gérald Darmanin, figure montante de la droite, voit sa popularité s'effriter, notamment en raison de ses prises de position controversées et de ses démêlés judiciaires.
Gérald Darmanin sous pression : justice, prisons et polémiques
Le garde des Sceaux, qui était considéré comme un candidat potentiel pour 2027, est aujourd'hui au cœur de plusieurs controverses. Dernièrement, il a justifié sa visite à Nicolas Sarkozy en prison, déclarant à TF1 : « Je ne regrette pas du tout » cette rencontre avec « un détenu tout à fait exceptionnel ». Cette visite avait suscité une vive polémique, d'autant que Nicolas Sarkozy a été condamné dans l'affaire du financement libyen et bénéficie depuis d'une liberté conditionnelle sous strictes conditions, dont l'interdiction de contacter des responsables du ministère de la Justice, y compris Darmanin.
Par ailleurs, le ministre a été critiqué pour son soutien à Damien Castelain, président de la Métropole Européenne de Lille, condamné en décembre 2025 à 18 mois de prison avec sursis pour « abus de confiance », « recel » et « détournement de fonds publics ». Une décision qui a provoqué la « consternation » parmi les magistrats. Darmanin a également été mis en cause pour des évasions de détenus, comme celle survenue à Dijon en avril 2026, qu'il a qualifiées d'« inacceptables », plaidant pour un « vrai choc de sécurité » dans les prisons françaises.
Réformes et projets controversés
Gérald Darmanin a annoncé la fin des centres éducatifs fermés pour mineurs, un modèle qu'il juge « épuisé » depuis sa création en 2002. Cette décision s'inscrit dans une volonté de réformer le système pénitentiaire et judiciaire, mais elle a été accueillie avec scepticisme par certains professionnels du secteur. Par ailleurs, le ministre a lancé un plan « zéro portable en prison » dans six établissements, avec des mesures comme des brouilleurs ou des couvertures de cours pour éviter les projections.
Autre dossier sensible : la lutte contre le narcotrafic. Darmanin a estimé que cette menace est « au moins équivalente à celle du terrorisme », un positionnement qui a été salué par certains mais critiqué par d'autres, notamment sur l'efficacité des moyens déployés. Le parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco), dont la création a été annoncée, devrait entrer en fonction d'ici quelques semaines, avec à sa tête la magistrate Vanessa Perrée. Ce nouvel outil vise à renforcer la lutte contre les réseaux criminels organisés.
Les victimes au cœur des priorités
Parmi les annonces récentes de Gérald Darmanin figure la volonté d'informer systématiquement les victimes de violences sexuelles lorsque leur agresseur sort de prison. « Il est normal que les victimes soient informées », a-t-il déclaré, soulignant l'importance de placer les victimes « au centre » du système judiciaire. Cette mesure s'inscrit dans le cadre d'une réforme plus large visant à restaurer la confiance des citoyens dans la justice, un objectif affiché par le ministre malgré les critiques persistantes.
Le projet de loi sur la justice pénale, présenté par Darmanin, prévoit notamment la suppression des dispenses et l'instauration de peines minimales. Ces mesures divisent le monde judiciaire, certains y voyant une avancée pour l'équité, d'autres une atteinte à l'indépendance des magistrats. Par ailleurs, le garde des Sceaux a demandé aux procureurs d'ouvrir « systématiquement » une enquête en cas de plainte pour piqûres, après les signalements survenus lors de la Fête de la Musique en juin 2025.
Quant au sondage, il reflète une tendance de fond qui pourrait se confirmer dans les mois à venir, à moins d'un rebondissement majeur. Les candidats devront affiner leurs stratégies pour convaincre un électorat de plus en plus polarisé, dans un contexte économique et social toujours tendu.
Gérald Darmanin a été critiqué car cette visite a été perçue comme une tentative d'instrumentalisation politique. Nicolas Sarkozy, condamné dans l'affaire du financement libyen, a obtenu une liberté conditionnelle assortie d'une interdiction de contacter des responsables du ministère de la Justice, dont le garde des Sceaux. Certains y ont vu une contradiction avec son rôle de ministre de la Justice.
Parmi les réformes annoncées figurent la fin des centres éducatifs fermés pour mineurs, l'instauration de peines minimales, la suppression des dispenses de peine, et la mise en place d'un plan « zéro portable en prison ». Il souhaite également renforcer la lutte contre le narcotrafic avec la création du Pnaco et informer systématiquement les victimes de violences sexuelles en cas de libération de leur agresseur.