Les violences persistantes au Soudan du Sud ont provoqué une crise sanitaire majeure, selon un rapport publié mardi 19 mai par Médecins sans frontières (MSF). L’ONG, active dans le pays depuis plusieurs années, constate une augmentation alarmante des cas de blessures par balles et de violences sexuelles pris en charge en 2025, tandis que les attaques contre les structures de santé s’intensifient. « Les équipes sur le terrain font face à une situation critique, avec des moyens de plus en plus limités pour répondre aux besoins de la population », a indiqué un porte-parole de MSF.

Ce qu'il faut retenir

  • MSF publie un rapport le 19 mai 2026 sur l’escalade des violences au Soudan du Sud.
  • En 2025, l’ONG a enregistré une hausse des prises en charge pour blessures par balles et violences sexuelles.
  • Les infrastructures médicales subissent des dégâts matériels lourds, perturbant l’accès aux soins.
  • Les équipes de MSF appellent à une protection urgente des structures de santé et des populations.

Une dégradation des soins liée à l’intensification des violences

D’après le rapport de MSF, les violences au Soudan du Sud ont pris une dimension nouvelle en 2025, avec un afflux de patients victimes de tirs ou d’agressions sexuelles. « Les hôpitaux et centres de santé sont régulièrement pris pour cibles, ce qui limite leur capacité à fonctionner », a expliqué un médecin de l’ONG. Les équipes doivent désormais composer avec des moyens réduits, des locaux endommagés et une insécurité persistante.

Les données recueillies par MSF montrent que les violences ne se limitent pas aux affrontements armés. « Les violences sexuelles, notamment contre les femmes et les filles, ont augmenté de manière préoccupante », a précisé l’ONG. Ces actes, souvent commis dans un contexte d’impunité, aggravent la crise humanitaire.

Des infrastructures médicales ciblées et fragilisées

Parmi les principales victimes de la crise, les structures de santé subissent des destructions répétées. « Nous avons enregistré des dégâts matériels lourds dans plusieurs de nos centres, certains étant devenus inutilisables », a indiqué MSF. Ces attaques, parfois intentionnelles, privent des milliers de personnes d’accès aux soins essentiels, comme les vaccinations ou les traitements contre les maladies chroniques.

« Côté logistique, la situation est dramatique », a souligné un responsable de MSF. Les équipes doivent souvent se déplacer avec des moyens limités, tandis que les stocks de médicaments et de matériel médical sont régulièrement pillés ou détruits. « Autant dire que la continuité des soins est gravement compromise », a-t-il ajouté.

Un appel à la protection des civils et des infrastructures

Face à cette dégradation, MSF a lancé un appel urgent aux parties en conflit et à la communauté internationale. « Il est impératif que les structures médicales soient protégées et que les civils, notamment les femmes et les enfants, soient épargnés par les violences », a déclaré l’ONG. MSF rappelle que le droit international humanitaire interdit explicitement les attaques contre les infrastructures médicales et le personnel soignant.

« Sans une intervention rapide, la situation ne pourra que s’aggraver », a prévenu un représentant de MSF. L’ONG demande également un financement accru pour répondre aux besoins urgents, notamment dans les régions les plus touchées, comme l’État de Jonglei ou l’Unité.

Et maintenant ?

Pour les prochains mois, MSF craint une poursuite des violences et une aggravation de la crise sanitaire, sauf si une protection effective est accordée aux civils et aux infrastructures médicales. Une conférence humanitaire internationale est prévue en juin 2026 pour discuter des moyens de renforcer l’aide au Soudan du Sud, mais les attentes restent mesurées. « La situation dépendra largement de la volonté politique des parties en conflit et de la réponse de la communauté internationale », a indiqué un observateur.

Cette crise rappelle celle de 2013-2016, lorsque la guerre civile avait provoqué l’effondrement du système de santé, laissant des milliers de personnes sans soins. Reste à voir si les leçons du passé seront enfin appliquées.

D’après MSF, les États de Jonglei, de l’Unité et du Haut-Nil sont particulièrement affectés, avec des rapports répétés d’affrontements armés, de pillages et d’attaques contre les civils.